Cours général 2017-2018

vies fragiles, vies précaires : art, genre et vulnérabilité

De Charrière, Zola, Rousseau à Houellebecq, nombre romanciers et romancières mettent en scène des héroïnes fragiles, des héros falots, des portraits de femmes et d’hommes parfois mis au ban de la société, empêchés, privés de. De quoi se nourrit l’art sinon de failles, de vies minuscules, vulnérables ? Plus que jamais, la littérature de l’extrême contemporain exprime la déliquescence d’un univers en crise. Dire quelque chose du monde, le rêver, le fantasmer, le construire, le déconstruire, telle est la mission des artistes. Le cours général en Etudes Genre propose de réfléchir à la façon dont l’art et la littérature pensent les vies fragiles, les vies précaires, les vies genrées, à la lumière des politiques du care.

Le projet inclut aussi l’histoire, la sociologie, l’anthropologie ainsi que la philosophie, la théologie et l’histoire des religions en tant que ces disciplines permettent d’envisager les notions de fragilité, de précarité et de vulnérabilité dans la longue durée ; de mettre en lumière la construction des catégories sociales qui rendent compte, pour le meilleur et pour le pire, des mécanismes d’exclusion ; de penser le périssable et le faillible et d’en intégrer la présence dans toute vie humaine.

Toute conception, toute théorisation de ce qui chancelle ou de ce qui n’assure pas est traversée par des usages symboliques du genre, mais aussi de l’âge, de la classe et de la race. En un temps et en un lieu donné, quel est le visage que l’on prête à la veuve et à l’orphelin, au chômeur et à la femme battue, aux migrants (migrantes ?) et aux vagabonds, aux esclaves ? Qu’en est-il de la rhétorique de la victimisation et comment opère-t-elle ?

Telles sont les questions, parmi d’autres, que nous pourrons aborder dans le cadre de ce cours