Nouveau traitement contre l'ostéoporose

Une équipe des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de l’Université de Genève (UNIGE), dirigée par Serge Ferrari, chef du service des maladies osseuses et professeur au Département de médecine interne des spécialités de la Faculté de médecine, a contribué à une recherche internationale qui a permis de découvrir un nouveau traitement contre l’ostéoporose des femmes ménopausées. Ce traitement révolutionnaire a une double efficacité. D’une part il augmente la formation osseuse et de l’autre il freine la résorption osseuse. L’efficacité est déjà évidente après une année, les résultats de l’étude montrent une réduction des fractures vertébrales de 75% et des fractures cliniques de 36%.

Un traitement biologique révolutionnaire
L’origine de la découverte du traitement réside dans la constatation que des maladies génétiques rares, caractérisées par une masse osseuse élevée et une résistance accrue du squelette aux traumatismes, sont dues à la carence d’une protéine (la sclérostine) qui normalement freine la formation osseuse. Les travaux de laboratoire de l’équipe du Pr Ferrari ont notamment contribué à comprendre comment certains traitements de l’ostéoporose influencent la sclerostine. Le nouveau traitement est constitué d’un anticorps ciblé contre celle-ci, le romosozumab qui combine le frein de la perte osseuse et stimule la formation d’os, deux processus qui faisaient, jusqu’à aujourd’hui, l’objet de traitements distincts.

Cette découverte a fait l’objet d’une récente publication dans le New England Journal of Medicine dont Pr Serge Ferrari est l’un des auteurs. L’étude clinique, sur 7'200 femmes, dont certaines recrutées par le Service des maladies osseuses des HUG, démontre une réduction significative des fractures lors de prise du romosozumab, après un an déjà, ce qui témoigne d’une efficacité d’action très rapide. L’étude a été poursuivie la deuxième année par l’administration d’un autre anticorps, le denosumab, déjà approuvé pour le traitement de l’ostéoporose. Les bénéfices observés durant la première année se sont poursuivis, ce qui démontre, pour la première fois, qu’une stratégie thérapeutique de traitements rapidement consécutifs dans l’ostéoporose permet de maximiser les bénéfices de prévention des fractures. Le romosozumab devrait être enregistré aux Etats Unis à la fin de cette année. En Europe et en Suisse, il faudra toutefois attendre fin 2017 voire 2018.

L'ostéoporose en Suisse
L’ostéoporose est une maladie fragilisante du squelette à progression lente. Elle entraîne une résorption osseuse dans l’ensemble du squelette et modifie la structure des os: ils deviennent poreux, instables et risquent de se fracturer sous l’effet d’une faible sollicitation ou même sans cause identifiable. Rien qu’en Suisse, environ 450'000 personnes de plus de 50 ans, majoritairement des femmes, sont potentiellement atteintes d’ostéoporose, causant près de 75'000 fractures de fragilité par an. Ainsi la probabilité de subir une fracture à la suite d’une ostéoporose à partir de 50 ans s’élève en moyenne à 51% pour les femmes et à 20% pour les hommes. Le traitement moderne de l’ostéoporose associe plusieurs approches thérapeutiques, qui englobent les traitements médicamenteux, la correction des carences alimentaires (calcium, vitamine D) et les mesures visant à préserver la mobilité et à prévenir les chutes. L’objectif du traitement est de ralentir l’évolution de la maladie et de réduire le risque de fractures.

11 octobre 2016

MEDIA

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