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La professeure Dorothée Baumann-Pauly a co-rédigé un rapport sur les mythes de la mode durable

Le rapport examine les critères de durabilité utilisés par l'industrie vestimentaire. Conclusion : pour être durable, un habit devrait être porté le plus possible. Et mieux vaut ne pas se fier à ce que disent les étiquettes.

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Du coton bio à la chemise en PET recyclé, la mode vestimentaire sait s’adapter aux exigences du moment. Les garanties de durabilité étiquetées sur nos vêtements sont-elles pour autant crédibles ? La réponse est non, dans la plupart des cas, selon un rapport co-rédigé par la professeure de la GSEM Dorothée Baumann-Pauly.

L’industrie de la mode vante par exemple les vertus du polyester en affirmant qu’il est une matière plus durable que les fibres naturelles comme la soie. Celle-ci a été délaissée parce qu’une étude unique menée en Inde il y a dix ans a montré que l’entretien des mûriers utilisés pour l’élevage des vers à soie nécessitait d’importantes ressources en eau dans des régions qui souffrent déjà de la sécheresse. Aujourd’hui, cependant, 90% de la soie vendue sur le marché proviennent de Chine où les mûriers poussent sur des terres qui bénéficient de pluies régulières, sans besoin d’irrigation, mais cette donnée est passée sous silence. Le polyester, lorsqu’il passe à la machine à laver, rejette, quant à lui, des microparticules de plastique qui ne peuvent pas être filtrées et dont on ignore les effets à long terme sur la santé.

De même, le coton bio jouit d’une bonne réputation auprès des client-es en Europe ou aux États-Unis. Mais sa durabilité, selon les résultats du rapport, garantit uniquement qu’aucun pesticide ou engrais chimique n’a été utilisé dans les cultures. C’est une excellente nouvelle pour les sols. Les cultivateurs contraints de passer au bio s’exposent toutefois à des rendements plus faibles, dus à une vulnérabilité accrue aux parasites et aux autres maladies.

Ces exemples illustrent l’un des principaux griefs adressés par les auteures du rapport aux méthodes de l’industrie vestimentaire pour orienter les choix des consommateurs et consommatrices : les critères employés pour décider de la durabilité d’un textile ignorent toute une série de paramètres environnementaux et sociaux pour ne retenir que quelques aspects, qui permettent aux distributeurs d’améliorer leur image, tout en ménageant leurs intérêts économiques.

Par ailleurs, ces critères ne tiennent pas compte de l’entièreté du cycle de vie d’un vêtement. Si les consommateurs et consommatrices veulent faire des choix durables, ils et elles doivent avant tout se demander le nombre de fois qu’ils vont porter un habit. C’est la clé d’une filière de la mode véritablement durable.


> Lire l'article dans la publication Le Journal de l'UNIGE.
> Cliquez ici pour lire la couverture presse de cette annonce.

> Cliquez ici pour lire « The Great Greenwashing Machine Part 1: Back to the roots of sustainability » (en anglais).
> Cliquez ici pour lire « The Great Greenwashing Machine Part 2: The Use And Misuse of Sustainability Metrics In Fashion » (en anglais).

27 avril 2022
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