Projets

Serious game & Simulation

Fiche de Projet
Réalisé par : Dominique Jaccard
Contact : Dominique.Jaccard@heig-vd.ch
Cours : Les bases de la gestion de projet
Cursus : Formation Continue
Nombre d'étudiant-es : 25-50
Innovations utilisées :
Simuler une situation
Problématique :
Rendre actif
Faculté : GSEM
Description du Projet
Situation de départ

En corrigeant les examens, l’enseignant s’est rendu compte que les étudiant-es n’avaient pas vraiment assimilé tous les concepts énoncés durant le cours même si paradoxalement ils/elles avaient pourtant l’impression d’avoir compris la matière.

L’enseignant a donc cherché une solution qui lui permette à la fois d’adapter son cours afin d’intégrer une partie pratique et de suivre ses étudiant-es dans la manipulation et l’intégration concrète des concepts en management de projet pendant les séances.

Responsable de l’équipe de recherche Albasim à la HEIG-VD (Haute École d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud), l’enseignant et son équipe ont développé Wegas, une plateforme de création de jeux sérieux (serious game) et d’environnements de simulation à des fins de formations. Il a utilisé cette plateforme pour développer un jeu sérieux en management de projet.


Mise en place et déroulement du projet

L’objectif de ce cours en formation continue est de présenter les bases de la gestion de projet à de futurs chefs de projet. La formation est construite sur trois jours consécutifs, les matinées sont consacrées à la théorie et les après-midis à la mise en application effective des concepts enseignés. L’enseignant a entièrement repensé son cours en fonction de la simulation proposée aux étudiant-es.

Au cours des trois jours, les étudiants vont passer en revue les différentes étapes d’un projet. Chaque matin, l’enseignant donne son cours de façon « classique » sur tout ce qui est important de connaitre lors de chaque phase du développement d’un projet. Après une introduction théorique, il présente les méthodes, outils et ressources indispensables à tout bon chef de projet. Lors de la première journée, des groupes sont constitués et chaque après-midi, les étudiant-es se retrouvent dans leur groupe respectif pour entrer dans le jeu sérieux. Ces sessions de jeu collectif leur permettent de mettre en application les concepts et d’être effectivement confrontés aux méthodes, outils et ressources vus théoriquement le matin.

Concrètement, l’étudiant-e plongé-e dans cette simulation reçoit via la plateforme un courriel avec une idée de projet pour son entreprise. À partir de là, à lui d’aller solliciter dans le jeu les différents acteurs pour récolter diverses informations qui l’aideront à mener à bien sa mission jalonnée par des étapes critiques. Tout au long du jeu, des évènements surviennent semaine après semaine et l’étudiant-e est amené-e à faire des choix, prendre des décisions qui vont avoir un impact sur le scénario et la conduite du projet. Par exemple, on peut décider dès le début de faire une analyse des besoins ou de présenter notre avancement à la direction. Les actions possibles à chaque étape du projet sont limitées par un budget temps de sorte que comme dans la réalité, il n’est pas possible de tout faire ! Importance donc pour l’étudiant-e de faire preuve d’esprit critique et d’allouer ses ressources aux tâches lui paraissant les plus importantes. 

La temporalité et le jeu d’acteur-trice sont réalistes dans cette simulation, deux éléments qui sont très compliqués à mettre en place dans le cadre d’un vrai projet présenté en cours. Un projet peut durer des années et d’autre part, car il peut y avoir beaucoup d’acteur-trices impliqué-es (ce qui rend compliqué de toutes et tous les inviter à témoigner lors d’un cours). L’enseignant peut en direct sur la plateforme observer le jeu de chaque groupe d’étudiant-es pour suivre leur évolution et leur donner un feedback personnalisé. Les moments de jeu de l’après-midi sont entrecoupés par des moments d’activités en plénière où les groupes sont amenés à rendre des livrables intermédiaires, à présenter leur avancement dans le projet et à expliciter les décisions prises dans la simulation.


Retour et conseils sur la mise en place d'un tel projet

Fort de sa propre expertise et expérience dans le développement de jeu sérieux, l’enseignant et son équipe de Recherche proposent via la plateforme Albasim (HEIG-VD) d’accompagner des enseignant-es dans le développement de jeux sérieux par mandat et sur mesure. Une dizaine de projets de formation ont ainsi vu le jour, plus de 3000 étudiant-es sont formés chaque année en Suisse, notamment à l’Université de Genève où des enseignants utilisent cette plateforme pour simuler également un cabinet d’avocat ou un bureau d’urbanisme. La plateforme est évolutive, chaque année l’équipe de Recherche continue de développer et d’améliorer les outils disponibles sur la plateforme pour les utilisateurs/trices.

Le développement d’un jeu sérieux est un projet long et couteux (entre 50’000 et 600’000 CHF) qui doit être murement réfléchi avant d’être lancé. La première étape est une réflexion autour de son dispositif pédagogique. Quelle sera la plus-value apportée par un jeu sérieux pour les étudiants ? Quelles sont les compétences qui vont être développées au travers du jeu ? Comment ce jeu va s’intégrer plus largement dans son enseignement ? Quels seront en parallèle les livrables attendus de la part des étudiants ?

Après les considérations pédagogiques, l’équipe de Recherche accompagne les enseignant-es au niveau du scénario du jeu et du design souhaité. Le développement informatique proprement dit se fait en étroite collaboration, les enseignant-es, experts dans leur sujet, gardent la main sur le projet et peuvent via la plateforme éditer eux-mêmes le scénario du jeu et modifier le contenu sans avoir besoin de connaissances en programmation.

Généralement pas ou très peu de théorie est présente dans le jeu sérieux qui n’a pas pour vocation ne remplacer les cours, l’objectif étant plutôt focalisé sur la mise en pratique. Ainsi la même simulation peut être utilisée dans plusieurs formations et à différents moments. L’entrée (pré-brieffing) et la sortie (debrieffing) du jeu doivent être bien marqués pour permettre une meilleure gestion des émotions liées aux interactions. Une simulation se situe en général au niveau d’un enseignement spécifique, mais on peut également imaginer un projet qui intègre des simulations au niveau de tout un programme ou d’un cursus facultaire pour allier théorie et pratique.


Avis des étudiant-es

La manière dont Mr Jaccard apporte le sujet est très ludique, mais à la fois sérieux. Il nous aide à réfléchir à trouver les réponses donc à être participatif ce qui m’a aidé à bien retenir l’essentiel.

Multiples supports agréables entre écrans, powerpoint, notes au tableau, interactivité, échanges riches et variés, illustrations intéressantes et intervenant très pédagogue.

Les simulations (très bon support) de l'après-midi permettent d'ancrer la théorie du matin

L'utilisation du simulateur "jeu" a été très utile pour avoir un aperçu du déroulement d'une vraie gestion de projet. J'ai beaucoup appris pendant ces trois jours.

S'il faut trouver un point faible au cours, je dirais que le temps disponible pour bien assimiler le jeu (et ses choix) est un peu court. N'étant pas habitué à ce type de démarches, certaines décisions ont été prises sans trop de réflexion pour pouvoir avancer et finir dans les temps. J'ai adoré !

Il y a presque trop de pratique en regard de la théorie

J'aurais souhaité qu'on aborde davantage les difficultés d'un chef de projet dans différentes situations et comment s'adapter

Fichiers multimédias annexes

Copies d'écran du jeu dans Wegas:

Copie d'écran du jeu dans Wegas (01)
Copie d'écran du jeu dans Wegas (02)
Copie d'écran du jeu dans Wegas (03)
Copie d'écran du jeu dans Wegas (04)
Copie d'écran du jeu dans Wegas (05)