Projets

Serious game

Fiche de Projet
Réalisé par : Rita Trigo Trindade
Contact : Rita.TrigoTrindade@unige.ch
Cours : Droit des sociétés
Cursus : Bachelor
Nombre d'étudiant-es : 100 - 300
Innovations utilisées :
Simuler une situation
Problématique :
Rendre actif
Responsabiliser
Faculté : Droit
Lauréat d'un prix : Crédit Suisse Award for Best Teaching 2021
Description du Projet
Situation de départ

Le cours « Droit des sociétés » compte 3 grands exercices « bonus », dont l’objectif est d’amener les étudiant-es à approfondir activement des questions particulières liées au cours.

Dans l’un de ces exercices, les étudiant-es doivent être placé-es dans la situation d’un-e stagiaire d’étude qui doit traiter divers aspects d’un problème complexe de droit des sociétés et, en fin d’exercice, (dé)conseiller une solution particulière à un-e client-e. Dès lors que le nombre de participant-es à ces exercices est conséquent (env. 150), l’objectif était de proposer aux étudiant-es un exercice autocorrectif, le challenge consistant également à corriger assez rapidement la réponse à l’avis de droit final, qui prend naturellement la forme d’une question ouverte.


Mise en place et déroulement du projet

Le cours est constitué de cours théoriques et séances de travail ; il comprend également 3 exercices facultatifs qui donnent droit à un bonus sur la note du contrôle continu (laquelle compte pour 1/3 de la note finale si elle est meilleure). Le bonus est exponentiel de sorte à favoriser la participation à plusieurs exercices.

L’un des exercices bonus prend la forme d’un serious game qui se joue sur ordinateur. Il place les étudiant-es (regroupé-es par 4 au maximum) dans une situation professionnelle : celle d’un-e avocat-e stagiaire, placé-e sous la surveillance d’une maître de stage, qui accompagne un client dans sa demande de création d’une société (1e version) ou dans celle de faire un prélèvement conséquent dans les fonds de la société (2e version).

Le jeu comporte plusieurs étapes clefs, initiées par une demande de la maître de stage ou du client, visant à mobiliser les connaissances et aptitudes des étudiant-es par rapport à la situation donnée. Elles et ils doivent ainsi trier des informations (disponibles ou non) afin d’identifier celles qui sont pertinentes pour leur cas, répondre à des questions juridiques ou encore établir des bilans reflétant la situation particulière dans laquelle se situe la société du client. Contrairement à la première version, la deuxième version du jeu n’est plus linéaire : les étudiant-es sont amené-es à choisir entre trois chemins, celui qui leur permet d’aboutir au résultat recherché, étant précisé qu’une fois ce chemin exploré, le client est insatisfait ce qui amène les étudiant-es à devoir explorer les solutions alternatives. Les étudiant-es avancent dans le jeu en sélectionnant la ou les réponses exactes et obtiennent des commentaires de la part de la maître de stage lorsqu’elles ou ils ont sélectionné la réponse erronée. Dans la deuxième édition, pour les questions particulièrement difficiles, il est aussi possible de solliciter des « jokers », soit des indices de la part de la maître de stage. Pour pimenter le jeu, 3 indicateurs accompagnent le déroulement : celui de la satisfaction de la maître de stage (qui apprécie les réponses justes), celui de la satisfaction du client (qui préfère celles qui sont moins coûteuses) et l’horloge (qui avance irrémédiablement chaque fois qu’une réponse – juste ou fausse – est donnée).

À la fin du jeu, les étudiant-es sont confronté-es à une demande illicite du client (p.ex. prélèvement sans respecter les formes) et doivent lui expliquer les conséquences de l’action envisagée sous la forme d’un avis de droit qui doit être rendu dans un délai déterminé. À l’échéance de ce délai, le jeu bascule en mode évaluation : l’avis de chaque groupe est alors soumis à 3 autres groupes, qui doivent commenter l’avis et le noter à la forme et au fond. Dans la dernière phase du jeu, les groupes prennent connaissance de l’évaluation de leur avis et évaluent l’évaluation au moyen d’une note et de commentaires. Le jeu fait ensuite l’objet d’un debriefing, qui se concentre essentiellement sur l’avis de droit.


Retour et conseils sur la mise en place d'un tel projet

Le Serious game apporte une réelle plus-value au cours car il permet aux étudiant-es de bachelor de mettre en pratique de manière ludique les connaissances théoriques acquises en cours et de se placer dans une situation similaire à celle qu’elles ou ils pourraient rencontrer lors de leur stage d’avocat-e. Plusieurs points positifs méritent d’être relevés : (1) le format informatique permet de disposer d’un feedback immédiat (sans la crainte de dire faux) ; (2) le nombre important d’étudiant-es n’est pas un motif pour renoncer à la rédaction d’un avis de droit (3) l’évaluation des avis d’autres groupes permet de comparer son propre travail à celui des collègues (4) les indicateurs de satisfaction stimulent la compétition entre étudiant-es (5) l’histoire se construit au fur et à mesure de l’avancement du jeu et des réponses des étudiant-es, ce qui la rend plus dynamique, (6) les « jokers » évitent le découragement en cas de difficulté « insurmontable », (7) les « boucles » dans la deuxième version du jeu permettent d’explorer des solutions alternatives (et de discuter des raisons du choix entre les alternatives) (8) le jeu s’est révélé à l’épreuve des restrictions coronavirus…

Le projet se fonde sur une collaboration avec Albasim (groupe de recherche "serious games" du Media Engineering Institute, HEIG-VD) qui fournit la plateforme nécessaire au jeu et dispose de compétences importantes en matière de serious games ; la fabrication d’un serious game est complexe tant du point de vue technique (elle n’aurait pas été possible sans les compétences informatiques des assistant-es Elma Berisha, Axel Schmidlin, Ivan Dekker-Dos Santos et João Oselieri) que du point de vue pédagogique.


Avis des étudiant-es

« Le point fort majeur du jeu était la mise en pratique des connaissances acquises durant la partie théorique du cours. Au travers des différentes situations proposées par le jeu, on pouvait distinguer quels étaient les différents modes de pay-out, et ainsi appliquer nos connaissances au cas d’espèce. »

« Le jeu met en relation les notions juridiques et comptables vues lors du cours ce qui est un bon rafraîchissement, même s’il n’était pas évident de faire les bilans. J’ai bien aimé le côté « pratique » du jeu, on reçoit des mails avec pleins de documents ainsi que des directives du maître de stage d’un côté et celles du client de l’autre, qui ne vont pas toujours dans le même sens. Les curseurs de satisfaction donnent envie de répondre correctement. Dans l’ensemble, j’ai trouvé le jeu assez intéressant. »

« Le jeu permettait de mettre en œuvre la théorie tout en s’amusant. Le fait d’avoir un rôle (celui du stagiaire qui doit aider un client) était vraiment intéressant et motivant car on avait l’impression d’être « dans la vraie vie », et de ne pas seulement résoudre un cas pratique de façon purement théorique, sans prendre partie. »

« J’ai apprécié le côté ludique qui change des simples cas pratiques. Le fait de pouvoir faire cet exercice en groupe est aussi une bonne idée et j’ai trouvé que c’était une bonne façon de voir si nous avions vraiment compris des points précis du droit des sociétés. Cet exercice nous a aussi forcés à chercher et à comprendre certaines notions du droit des sociétés pour pouvoir continuer à avancer dans le jeu (chose que l’on ne fait pas toujours pour la résolution d’un simple cas pratique). »

Fichiers multimédias annexes