Unité d'archéologie classique

Le musée virtuel

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Avec environ 2500 moulages (dont 300 à 350 de sculptures antiques) et autant de moules, Genève peut se féliciter de disposer de l’une des plus importantes collections de moulages de sculptures en Suisse et, les immenses collections parisiennes mises à part, de l’Europe francophone. A l’exception d’une sélection de plâtres d’après l’antique, exposés à la Collection des moulages de l’Université de Genève et dont une sélection est présentée sur cette page en format numérique, cette précieuse composante du patrimoine genevois est aujourd’hui inaccessible au public et attend d’être redécouverte.

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L'extérieur de la Collection des moulages (2019)
© Archives de la Collection des moulages

La Collection des moulages de l’Université de Genève trouve ses origines à la fin du XVIIIe siècle, lorsque la Société des arts acquiert son premier moulage en 1779. Il s’agit d’une Vénus de Médicis apportée directement de Rome. Cette acquisition, suivie par bien d’autres, donne naissance à la première collection de moulages en Suisse.

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Vénus de Médicis
© Archives de la Collection des moulages, photo: J. Zbinden

La visée de cette collection est d’abord de fournir des modèles de dessin pour la formation des artisans de l’industrie horlogère et de l’orfèvrerie alors en plein essor à Genève. La collection s’agrandissant au fil des ans, le manque d’espace encourage Jeanne et Henriette Rath à financer la construction d’un nouveau musée qui sera inauguré en 1826. La Collection des moulages de la Société des arts s’installe alors au Musée Rath et y reste jusqu’à la fin du siècle. Face à la perte d’intérêt du public pour les moulages du musée, Francis de Crue, premier professeur d’archéologie classique à l’Université de Genève, emprunte des pièces, y ajoute de nouvelles acquisitions et crée une collection universitaire. Les moulages seront désormais exposés au cœur du bâtiment des Bastions, dans le hall central du 1er étage.

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Les moulages au Musée Rath, carte postale de 1905 (?)
© Archives de la Collection des moulages
 
Les moulages retournent au Musée Rath en 1901, mais ce n’est qu’en 1968 et grâce à la nomination du professeur José Dörig que la Collection des moulages va connaître une nouvelle ère. Celui-ci décide de rassembler l’ensemble des pièces dispersées dans plusieurs lieux afin de relancer la collection universitaire. Dorénavant, c’est un immeuble locatif du quartier des Acacias qui accueille les moulages. Cet environnement étant peu adapté à de telles œuvres, la Collection connaîtra encore deux déménagements.  

 

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La Salle des moulages aux Acacias, après le réaménagement en 2010
© Archives de la Collection des moulages

 

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La Salle des moulages aux Bastions en 2016
© Archives de la Collection des moulages

Elle est d’abord déplacée au 2ème sous-sol du bâtiment des Bastions en 2015 et trois ans plus tard, l’Université met à disposition un nouvel espace d’exposition au cœur du complexe de la SIP situé au 10 rue des Vieux-Grenadiers, où les moulages ont désormais élu domicile.

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Vue de la Collection des moulages (2019)
© Archives de la Collection des moulages

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Vue de la Collection des moulages (2019)
© Archives de la Collection des moulages

 

 

L'estime pour les moulages en tant qu'objets du collectionnisme et comme outils d'enseignement a été soumise, à Genève comme ailleurs, à de grandes variations. Alors qu'on leur attribuait depuis la Renaissance jusqu'à l'époque moderne une grande valeur éducative, les copies en plâtre ont été soumises vers le milieu du XXe siècle à de sévères critiques.

Il faut rappeler dans ce même contexte l'utilisation des moulages comme modèles pour la création de sculptures et de peintures modernes, ce qui incitait bien souvent les artistes à constituer leur propre collection dans leurs ateliers, comme l’illustre l'exemple du peintre genevois Pierre-Louis De la Rive (1753-1817). Déjà à l'époque romaine, les copistes se servaient de moulages, comme le prouvent les fragments de plâtre d'après de célèbres œuvres statuaires grecques, trouvés, par exemple, à Baïes en Campanie.

Mais la valeur des moulages ne se limite pas à la formation et à la création artistique, loin de là. Moulés en grand nombre du XVIe au XIXe siècle, les plâtres historiques présentent souvent des états de conservation et de restauration particuliers de sculptures antiques ; parfois, les moulages sont même les seuls témoins d'originaux aujourd'hui disparus ou détruits. Ils s'avèrent ainsi être une source d'information inestimable pour toute recherche sur la sculpture antique.

Un élément supplémentaire, encore plus important à noter, est le rôle des moulages pour la formation du goût européen : les gravures et - depuis le début du siècle dernier - la photographie mises à part, les moulages d'après l'antique étaient depuis la Renaissance le moyen le plus important pour la diffusion des célèbres modèles antiques.

À défaut d'une collection suffisante de sculptures antiques, François Ier envoya ainsi Francesco Primatice (1504-1570) à Rome en 1540 pour tirer un grand nombre de moulages d'après les plus fameuses sculptures du Vatican et d'autres collections romaines. Ce stock de moulages était destiné à servir de matériel de base à des fontes en bronze d'après l'antique pour la décoration du Château de Fontainebleau dont on citera le fameux Laocoon de Primatice en guise d'exemple.

Ce même procédé se répéta sous Louis XIV pour la décoration du château et du parc de Versailles. Le contrôleur général Jean-Baptiste Colbert demanda alors dans ses ordres du 6 septembre 1669 : « Comme nous devons faire en sorte d'avoir en France tout ce qu'il y a de beau en Italie, vous jugez bien ce qu'il est de conséquence de travailler incessamment pour y parvenir » et de « mouler tout ce qu'il y a de beau sans y perdre un seul moment de temps ».

Comme les fonds de moulages français étaient plus facilement accessibles que les originaux à Rome, la cour de France et les fonderies parisiennes deviennent un centre de diffusion pour des surmoulages et des copies d'après l'antique, en bronze ou en marbre, à travers toute l'Europe. L'exemple suffit pour illustrer le rôle fondamental des plâtres pour la formation du goût européen depuis la Renaissance jusqu'au début du XXe siècle.

help.jpg Découvrez nos moulages en 3D

Au Musée virtuel, vous pouvez manipuler vous-même les moulages et étudier les pièces sous une nouvelle perspective. Pour ce faire:

  • Choisissez la catégorie qui vous intéresse et cliquez sur la flêche à droite pour l'ouvrir.
  • Cliquez sur le moulage de votre choix pour changer au mode 3D (le chargement peut prendre quelques secondes)
  • Tournez le moulage avec la souris en pressant le bouton gauche ou, sur des écrans tactiles, avec le doigt.
  • Déplacez le moulage avec la souris en pressant le bouton gauche ET la touche maj./shift sur le clavier. Sur les écrans tactiles, glissez-le avec deux doigts.
  • Zoomez avec la molette de la souris ou en pressant la touche CTRL et le bouton gauche de la souris. Sur écran tactile, zoomez en utilisant comme d'habitude deux doigts.
  • Faites pivoter l’éclairage en pressant le bouton gauche de la souris ET la touche ALT sur votre clavier. Sur les écrans tactiles, glissez avec trois doigts.

Nous vous souhaitons de belles découvertes !

Mise à jour du 13 mai 2020: et encore des nouveaux modèles, cette fois dans la sculpture idéale et les portraits!

 

Sculpture idéale

Ephèbe de Critios – inv. 78

Critios Ephebe by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Athènes, Musée de l'Acropole, inv. no. 698

Le jeune homme représenté ici est nu et se tient debout, sa jambe droite étant avancée. Sa tête est légèrement tournée vers la droite. Ses cheveux sont plaqués contre le crâne et sont enroulés à leur extrémité autour d’un bandeau. Cela donne l’impression que sa tête est ceinte d’une couronne. Ses cavités oculaires sont creuses : elles devaient contenir des yeux en nacre ou en verre. En ce qui concerne son état de conservation, ses deux bras ainsi que ses jambes sont en partie cassés. La réalisation de cet éphèbe est attribuée à Critios, un sculpteur athénien de la première moitié du 5ème siècle avant J.-C. qui a également produit le groupe des Tryannoctones en compagnie de Nésiotès. Le torse de l’éphèbe et certains de ses membres furent découverts en 1865 lors des fouilles de l’Acropole d’Athènes. Sa tête fut trouvée vingt-trois ans plus tard dans la couche archéologique correspondant au passage des Perses à Athènes en 480 avant notre ère durant la deuxième guerre médique. Lors de leur venue, ils détruisirent un grand nombre des monuments érigés sur l’Acropole. Il est conservé au Musée de l’Acropole dans la capitale grecque. Son moulage est entré dans la Collection universitaire avant 1922.

 

Arès (guerrier Somzée) – inv. 6

Ares by FZP on Sketchfab

Original: Musée de Mariemont Museum, Belgique
Photographe / modèle 3D: Davide Angheleddu 2019

Le jeune homme représenté ici est en position de contrapposto. Il est appuyé sur sa jambe droite alors que sa jambe gauche est au repos et a le genou légèrement fléchi. Par sa position, ses hanches sont légèrement désaxées. Il a le visage glabre et les cheveux longs et bouclés, attachée en catogan sur sa nuque. Le jeune homme est nu, à l’exception de sa tête qui est couverte d’un casque chalcidien, ce dernier nous indique alors nous avons affaire ici à un jeune guerrier. Il s’agit d’un moulage tiré d’une copie romaine en marbre dont l’original en bronze est attribué à Onatas d’Egine. Ce sculpteur grec a vécu entre la fin du 6ème siècle et le début du 5ème siècle avant J.-C. Le moulage du guerrier a été commandé par le Professeur Dörig au Musée de Mariemont.

 

Péplophore (corps) – inv. 7

Peplophoros by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Berlin, Charlottenburg, inv. no. 1971.1

Ce moulage représente une femme en position de contrapposto. Elle est appuyée sur sa jambe gauche alors que sa jambe droite est au repos et a le genou légèrement fléchi. Elle est vêtue d’un péplos retenu par une ceinture à la hauteur de ses hanches. Son bras droit se tient le long de son corps tandis que son bras gauche, dont la main porte une assiette avec des fruits, est plié horizontalement. Il s’agit d’une Péplophore dont la tête ainsi que la main gauche se sont brisées. Elle a été datée entre 96 et 192 après J.-C. L’originale grecque, produite entre 490 et 450 avant notre ère, fait par partie de l’Antikensammlung de Berlin située dans le château de Charlottenburg. La Collection des moulages l’a acquise durant la seconde moitié du 20ème siècle par l’intermédiaire du Professeur Dörig.

 

Tête du Discobole de Myron (copie moderne) – inv. 140

Head of a man by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Rome, Musées du Vatican

Ce moulage nous présente la tête d’un jeune homme. Le cou montre un mouvement de la tête vers l’arrière, les plis nous indiquent également que la tête est légèrement penchée vers la gauche. L’homme est glabre et porte des cheveux courts et bouclés. Sa bouche est entrouverte et on y aperçoit ses dents. Il s’agit d’un moulage de la tête d’une copie du Discobole de Myron conservée aux Musées du Vatican. Elle est la seule partie de la statue à ne pas être antique. Elle a été réalisée à la fin du 18ème siècle d’après la tête d’une version du Discobole présente au British Museum. La tête de la copie du Vatican semble avoir été mal positionnée puisqu’elle ne correspond pas avec la ligne de la colonne vertébrale de l’athlète. Nous ignorons l’année d’acquisition de ce moulage par la collection. Toutefois, il est certain qu’elle date d’avant la fin des années 80.

 

Tête féminine – inv. 50

Peplophoros by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Berlin, Staatliche Museen

Cette pièce représente la tête d’une femme. Elle est ceinte d’un bandeau dans lequel sont retenus ses cheveux. Sa bouche est entrouverte. Il s’agit de la tête de la Péplophore – inv. 7 de la Collection des moulages.

 

Jeune homme de Bénévent – inv. 48

The Benevento Head by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Paris, Musées du Louvre

Ce buste présente un jeune homme. Sa tête, légèrement tournée vers la droite, est ceinte d’une couronne et recouverte des cheveux ondulés. Il s’agit d’un jeune athlète comme l’indique la couronne d’olivier qu’il porte sur la tête. Elle était décernée aux vainqueurs d’épreuves lors des Jeux olympiques. Ce moulage est tiré d’une sculpture en bronze retrouvée à Herculanum en Campagnie, et non à Bénévent comme le laisse supposer son nom. Le quiproquo est survenu lorsque la tête a été offerte par Ferdinand II, roi des deux Siciles, à un seigneur bénéventin. Ce malentendu a finalement été résolu, mais la tête a gardé son nom d’origine. Il s’agit d’une copie d’un original grec de la fin du 5ème siècle avant J.-C. Le buste est visible au Musée du Louvre. Son moulage a été acquis par la Collection à la suite d’une donation du peintre et archéologue Paul Milliet. 

 

Aphrodite de Fréjus – inv. 62

Aphrodite of Fréjus by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Paris, Musées du Louvre, inv. no. 525

Nous avons ici la représentation d’une femme tenant une pomme dans sa main gauche. Elle est vêtue d’un long chiton relâché sur son épaule gauche lui découvrant une partie de la poitrine et chaussée de sandales. Au-dessus de son épaule droite, elle retient de la main son manteau qui semble tomber. Elle a les cheveux attachés et la tête ceinte d’un diadème. Cette Aphrodite – reconnaissable par son corps en partie dénudé et la pomme qu’elle tient dans la main – reprend le modèle de la Vénus Genetrix, dont l’exemple le plus connu se trouve au Musée du Louvre. Son style maniériste rapprocherait son original de la fin du 5ème siècle avant J.-C. et de la période classique. Il s’agirait très probablement d’une œuvre en bronze du sculpteur athénien Callimaque. Le moulage a été fait quant à lui à partir d’une copie romaine datant vraisemblablement de la fin du 1er siècle après J.-C. ou du début du 2ème. Le moulage n’est pas daté, mais le Collection l’acquiert avant 1922.

 

Hygie – inv. 43

Hygieia by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Athènes, Musée national, inv. no. 3602

Ce moulage nous montre la tête d’une femme. Ces cheveux ondulés sont retenus sur le dessus de son crâne par des bandes de tissus. Afin qu’elles ne lui tombent pas devant le visage, les mèches présentes sur les côtés sont attachées en chignon. Sa bouche est entrouverte. Il s’agirait d’Hygie, déesse de la santé. La tête originale provient du temple d’Athéna Aléa situé à Tégée en Grèce. Scopas, un contemporain de Praxitèle, a réalisé les sculptures qui se dressaient dans les frontons de l’édifice au début du 4ème siècle avant notre ère. Cette tête pourrait appartenir à une des statues de cet ensemble. Toutefois, de nombreuses différences stylistiques avec les autres têtes de ces groupes tendent à affirmer le contraire. Ce moulage, dont l’original est visible au Musée national archéologique d’Athènes, est entré dans la Collection au début du 20ème siècle.

 

Hermès à la sandale – inv. 76

Sandalbinder Hermes by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original:  Paris, Musées du Louvre, inv. no. Ma 83

Nous voyons ici un homme nu. Placé de profil, l’homme tourne la tête vers la gauche et fixe son regard un peu en contrebas. Il pose son pied droit sur un rocher de telle manière que la flexion de sa jambe forme un angle droit. La jambe gauche est quant à elle posée sur le sol, le genou légèrement fléchi, le pied nu. Ses deux mains sont posées sur le tibia de la jambe droite. Les doigts de sa main droite sont repliés. Le pied posé sur le rocher est chaussé d’une sandale bien que celle-ci ne soit pas encore attachée. La seconde sandale, pas encore enfilée, repose sur le sol. Elle est appuyée contre un tronc d’arbre qui sert également de soutien à la jambe pliée de l’homme. Un tissu recouvre la cuisse ainsi que la partie supérieure du support végétal. Cet Hermès à la sandale est une copie romaine en marbre d’un original grec du 4ème siècle avant J.-C. attribué à Scopas, un contemporain de Praxitèle. La copie romaine se trouve actuellement au Musée du Louvre. La date d’acquisition de ce moulage par la Collection nous est inconnue. Il est néanmoins certain que l’Hermès à la sandale a rejoint la gypsothèque avant 1905.

 

Satyre au repos – inv. 73

Resting Satyr by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Rome, Musées du Capitole

Le jeune homme représenté ici se tient en position de contrapposto. Le poids de son corps repose sur sa jambe gauche tandis que sa jambe droite est relâchée et a le genou légèrement plié. La pointe de son pied droit est posée sur son talon gauche. Son bras droit est accoudé sur un tronc d’arbre tandis que sa main gauche est placée sur sa hanche. Ce garçon a pour seul vêtement une peau de panthère qu’il porte comme un himation. Sous son épaisse chevelure bouclée retenue par une cordelette, on aperçoit ses oreilles qui se terminent en pointe. Il s’agit du moulage d’un satyre, un des compagnons de Dionysos. L’original a été façonné par Praxitèle, un sculpteur grec qui a vécu durant le 4ème siècle avant notre ère. Visible aux Musées du Capitole à Rome, il est couramment nommé comme étant le Faune du Capitole. Son moulage est entré dans la collection grâce à un don du colonel Henri Tronchin (1794-1865).

 

Aphrodite de type Aspremont-Lynden – inv. 58

Aphrodite Aspremont-Lynden Type by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Arles, Musée d'Arles antique, inv. no. P 405

Ce moulage représente le buste d’une jeune femme. Ses cheveux, longs et ondulés, sont attachés en un chignon complexe et tenus par un bandeau à l’avant de son crâne. Très légèrement inclinée vers la gauche, sa tête possède un petit orifice au-dessus de son front dans sa chevelure qui servait certainement à fixer un élément métallique. Nous avons ici une représentation de la déesse Aphrodite dont l’originale a été retrouvée dans les années 1820 dans le théâtre d’Arles. Par sa coiffure, elle reprend le modèle d’une tête conservée au sein de la collection Aspremont-Lynden, qui connait plusieurs répliques présentes à Athènes, Boston et Civitavecchia. Ce buste a été rapproché de la Vénus d’Arles de type Vénus Victrix également retrouvé dans le théâtre. L’identité du sculpteur grec qui a produit l’original de cette copie romaine nous est inconnue. Le nom de Praxitèle est parfois retenu, mais le manque de preuves stylistiques ne nous permet pas d’affirmer qu’il en est bien l’auteur. De fait, la datation de l’original tout comme celle de la copie romaine sont encore aujourd’hui discutées. Cette pièce a été acquise en 1920 par la Collection des moulages par l’intermédiaire de la Commission du Fonds Milliet.

 

Apollon de type Lykéios – inv. 80

Apollo Lykeios type by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Florence, Galerie des Offices

Nous voyons ici un homme nu en contrapposto, appuyé sur sa jambe droite alors que sa jambe gauche est au repos. Le bras gauche accoudé à un tronc d’arbre, l’homme semble reposer son bras droit en le posant sur sa tête. Il porte les cheveux longs et ceux-ci sont attachés en chignon à l’arrière de sa tête. Pour éviter que les cheveux ne lui tombent devant le visage, des mèches sont nouées entre elles au sommet de sa tête. Cette coiffure rappelle le buste de Diane/Artémis, vu précédemment. Cela n’a rien d’étonnant puisqu’il s’agit ici du frère de la chasseresse : Apollon. Un de ses attribut, son arc, est par ailleurs accroché au tronc sur lequel le jeune homme s’appuie. La copie de l’« Apollino », qui appartient au type de l’Apollon Lykéios, est conservée à la Galerie des Offices à Florence. Intacte lors de sa découverte, la statue s’était malencontreusement brisée au début du 19ème siècle lors de la chute d’un tableau ; elle a par la suite été restaurée. Le moulage de l’Apollino fait partie des premières pièces acquises par la Société des Arts et rejoint la collection dès la fin du 18ème siècle.

 

Héraclès Epitrapézios – inv. 24

Heracles Epitrapezios by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Tokyo, Fuji Art Museum

Cette pièce présente un homme assis sur un rocher. Orientée vers le haut, sa tête est ceinte d’une couronne végétale et il porte une épaisse barbe. Son bras droit est levé tandis que sa main gauche s’appuie sur le rocher à l’aide du gourdin. Alors que sa jambe gauche est étendue, sa jambe droite est repliée contre la pierre qui lui sert de siège. Il s’agit d’une représentation d’Héraclès, ici qualifié d’Epitrapézios (litt. « qui est sur la table »). Le héros grec est reconnaissable par sa couronne de laurier ainsi que sa massue utilisée comme appui. L’original serait l’œuvre de Lysippe, un sculpteur grec du 4ème siècle avant J.-C. originaire de Sicyone. Il est notamment connu pour avoir travaillé pour le compte d’Alexandre le Grand dont il a sculpté plusieurs portraits. Ce moulage est entré dans la Collection durant la seconde moitié du 20ème siècle grâce à la générosité de Pierre Sciclounoff, un collectionneur d’art genevois.

 

Vénus accroupie – inv. 67

Aphrodite Crouching by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Paris, Musées du Louvre, inv. no. 53 (MR 371)

La jeune femme accroupie ici est nue et ses deux jambes sont pliées. Elle est assise sur son talon droit et seule sa jambe gauche lui procure un appui au sol. Son torse est tourné vers la droite. Son bras gauche est placé en travers de sa poitrine alors que son bras droit est levé et plié derrière sa tête. Un bandeau retient sa longue chevelure attachée au sommet de son crâne. Une partie de ses cheveux tombent dans sur sa nuque. Identifiée comme étant Vénus, il s’agit d’un moulage d’une copie romaine conservée au Musée du Louvre et datant de la période impériale. L’attribution de son original grec au sculpteur bithynien Doidalsas (milieu du 3ème siècle avant J.-C.) est due à un passage du livre 36 de l’Histoire Naturelle de Pline l’Ancien. Cette identification est toutefois controversée. La pièce est acquise par la Collection à la fin du 19ème siècle.

 

Satyre – inv. 47

Satyr by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: inconnu

Ce buste représente un homme dont la tête est légèrement tournée vers la droite. Son crâne est chauve et est ceint d’une couronne faite de lierre et de baies. Le personnage porte une barbe peu ordonnée. Les traits de son visage sont marqués et il fronce les sourcils. On remarque également que ses oreilles se terminent en pointe. Ce moulage est celui du buste d’un satyre, un des compères de Dionysos. Mi-homme, mi-animal, ces êtres sont parfois représentés avec des cornes et des pieds de bouc ainsi qu’avec une queue. Ils sont aussi appelés « silènes », en référence au satyre du même nom qui fut le précepteur de Dionysos. Quant au buste original, nous ne possédons aucune information sur lui. Toutefois, nous savons que son moulage a été acquis par la Collection avant 1922.

 

Satyre souriant – inv. 49

Satyr by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Paris, Musées du Louvre, inv. no. A 528

Nous avons devant nous un buste de jeune homme. La tête penchée en avant, il pose son regard sur un élément visiblement en contrebas. Il a les cheveux courts et ondulés, légèrement en bataille. Au sommet de son front, il est possible de distinguer deux petites cornes. Ses pommettes sont saillantes, accentuées par son sourire. Les dents du jeune homme sont visibles derrière ses lèvres. Des oreilles pointues se dressent de part et d’autre de son visage souriant. Les oreilles ainsi que les cornes permettent d’identifier cette figure à un satyre. Ce satyre dit le « Faune de Vienne », a été découvert à Vienne en 1820. La statue originale en marbre, dont il ne reste aujourd’hui que le buste, appartenait à un groupe statuaire dit « L’invitation à la danse ». Ce groupe aurait été réalisé du 2ème siècle après J.-C. (la date est incertaine) d’après un groupe en bronze du 2ème siècle avant. Le buste est actuellement conservé au Musée du Louvre et son moulage a été offert à la Collection par Paul Milliet, peintre et archéologue français, en 1970.

 

Apollon Pourtalès – inv. 57

Apollo (Giustiniani) by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Londres, British Museum, inv. no. 1865,0103.10

Ce buste nous présente un jeune homme tournant la tête légèrement vers la droite. Il est imberbe, ses cheveux sont longs et son torse est nu. La bouche entrouverte, il regarde un peu en contrebas. On remarque particulièrement sa coiffure complexe. Ses cheveux longs sont ramenés en un chignon à l’arrière de la tête alors que d’épaisses mèches sont nouées au-dessus de son front. Ce n’est pas sans nous rappeler la coiffure qu’arbore l’Apollon Lykéios – inv. 80. En effet, il s’agit, ici aussi, d’une représentation du fils de Léto. Cette tête est tirée d’une statue en marbre réalisée entre 120-140 après J.-C. d’après un original grec d’époque hellénistique. Ce dernier serait lui-même tiré d’un original en bronze datant du 5ème siècle avant J.-C. Originellement conservé dans les collections du palais Giustiniani de Rome, l’original de ce moulage a été ensuite acquis par le comte de Pourtalès-Gorgier. La tête a été ensuite achetée par le British Museum en 1865 où elle réside désormais. C’est en 1920 que la Collection obtient cette pièce.

 

Jupiter de Talleyrand – inv. 45

Jupiter (Talleyrand) by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Paris, Musée du Louvre

Cette tête présente un homme ceint d’un diadème orné d’une alternance de palmettes et de fleurs de lotus. Ses oreilles sont en partie cachées par des bandelettes repliées et fixées dans sa couronne. Celle-ci retient les longs cheveux ondulés qui recouvrent son crâne. Son visage porte une barbe pointue ainsi qu’une moustache dont les extrémités remontent légèrement. Sa bouche est entrouverte. Il s’agit d’une représentation de Zeus sous des traits archaïsants. Cette copie romaine, datée du 1er ou 2ème siècle de notre ère, est également appelée « Tête de Jupiter Talleyrand » en référence au prince Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838), homme d’Etat et diplomate français, qui fut son propriétaire. Elle est conservée au Musée du Louvre. Cette pièce est entrée dans la Collection en 1920 lors de l’achat de seize moulages par la Commission du Fonds Milliet créée spécialement pour l’acquisition de ce type d’œuvres.

 

Cérès Mattei – inv. 70

Ceres Mattei by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Rome, Musée du Capitole

La femme représentée ici se tient en position de contrapposto. Le poids de son corps repose sur sa jambe droite tandis que sa jambe gauche est relâchée et a le genou légèrement plié. Elle est vêtue d’une longue tunique retenue au niveau des hanches par une ceinture et porte par-dessus une palla – manteau porté par les femmes romaines. Son épaule gauche est quant à elle découverte. Les boucles de la corde qui retient son habit sont visibles à travers son manteau. Sa chevelure ondulée est attachée en chignon à l’arrière de son crâne. Sa main gauche est appuyée sur sa hanche tandis que sa main droite tient des grains ainsi que des épis. Il s’agit d’un moulage d’une statue de Cérès. Toutefois, les éléments végétaux qu’elle tient dans sa main droite ont été rajoutés lors de la restauration de la copie romaine. Elle aurait représenté Junon avant cet ajout. Il pourrait également s’agir de Livie, car la plinthe moderne installée sur le socle de la statue porte son nom. Elle est au sein de la Collection des moulages depuis le la première moitié du 19ème siècle.

 

Les Niobides

Niobé, reine de Thèbes et fille de Tantale et Dioné, eut de nombreux enfants avec son époux Amphion. S’enorgueillissant de sa fertilité, elle se vanta d’être supérieure à la titanide Léto qui n’avait mis au monde que les jumeaux Artémis et Apollon. Ces derniers entreprirent alors de punir la reine pour son hybris et massacrèrent ses enfants à coups de flèches. Le groupe des Niobides fut découvert en 1583 à Rome. Il s’agit d’une copie romaine d’un original attribué très certainement à Scopas, un contemporain de Praxitèle. La majeure partie du groupe statuaire a ensuite été déplacée en 1775 à la Galerie des Offices à Florence. Un certain nombre de moulages fut réalisé et la collection des moulages de la Société des Arts a acquis plusieurs pièces du groupe entre 1825 et 1830 grâce à la générosité de Monsieur Eynard-Lullin.

 

La Niobide Chiaramonti – inv. 68

Niobid female (Chiaramonti, 4th century group) by FZP on Sketchfab

Original : Galerie des Offices, Florence, inv. 300
Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

La femme que nous voyons ici semble s’élancer vers l’avant. Elle s’appuie sur sa jambe gauche qui est avancée alors que sa jambe droite est en retrait. Elle retient de sa main droite son manteau au-dessus de son épaule droite pour l’empêcher de tomber. La jeune femme lève légèrement la tête et regarde devant elle. Son bras gauche est, quant à lui, tendu vers l’avant. Elle est vêtue d’une tunique à manches longues qui lui laisse découverte l’épaule gauche. Une ceinture est visible sous la poitrine. Son manteau lui enserre la taille est posé sur son bras gauche. Elle est chaussée de sandales. Tout comme le reste du groupe des Niobides, la Niobide Chiaramonti est tirée d’une copie romaine d’un original grec daté des alentours de 430 av. J.-C. La statue romaine date, elle, du Haut-Empire. Il existe d’autres versions de cette statue, dont une est conservée aux Musées du Vatican. Ce moulage fait partie des pièces acquises entre 1825 et 1830 par la Société des Arts à la suite d’une donation de M. Eynard-Lullin.

 

Femme niobide – inv. 69

Niobid female (4th century group) by FZP on Sketchfab

Original : Galerie des Offices, Florence, inv. 293
Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Ce moulage nous présente une jeune femme. Elle s’appuie sur sa jambe gauche placée en avant et légèrement fléchie et sa jambe droite est en retrait. La position de ses jambes ainsi que le drapé de ses vêtements nous indiquent un mouvement vers l’avant. Tout semble indiquer qu’elle prend la fuite. Elle est vêtue d’un chiton tenu sous la poitrine par une ceinture ainsi que de sandales. Elle porte également un manteau qu’elle retient de sa main gauche au niveau de la nuque et de sa main droite pour empêcher qu’il ne tombe dans sa course. Son visage tourné vers le haut et sa bouche légèrement entrouverte sous-entendent vraisemblablement une douleur. Comme l’autre niobide de la Collection, ce moulage est une copie romaine du Haut-Empire d’un original daté des alentours de 430 av. J.- C.. Cette pièce est acquise entre 1922 et 1937, soit près d’un siècle après que les premiers moulages des enfants de Niobé donnés par M. Eynard-Lullin.

 

Homme Niobide – inv. 82

Niobid male (4th century group) by FZP on Sketchfab

Original : Galerie des Offices, Florence, inv. 290
Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Ce moulage représente un jeune homme avec la main et le genou gauche appuyés sur un rocher. Sa main droite est posée sur sa jambe qui est étendue et dont la cuisse est en partie couverte par son manteau. L’habit est sur la pierre derrière l’homme et est retenu par sa main gauche. Sa tête, qui présente une courte chevelure bouclée, est tournée vers la gauche et ses yeux regardent vers le haut. Sa bouche est entrouverte. Cette copie romaine datant du Haut-Empire est également issue du groupe des enfants de Niobé. Son original grec a été produit aux environs 430 avant notre ère. Cette pièce est entrée dans la collection de la Société des Arts entre 1825 et 1830 grâce à un don de Monsieur Eynard-Lullin.

 

Homme Niobide (couché) – inv. 97

Niobid male (4th century group) by FZP on Sketchfab

Original : Galerie des Offices, Florence, inv. 298
Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Le jeune homme présenté ici est allongé sur son manteau étendu sur le sol. Sa tête, tombant en arrière, est recouverte de courts cheveux bouclés. Ses yeux sont mi-clos tout comme sa bouche. Son bras droit est tendu à côté de son crâne tandis que son bras gauche est plié et a la main posée sur son ventre. Celle-ci se situe juste en dessous d’une entaille faite sous ses côtes. Il s’agit d’un des fils de Niobé : atteint par une des flèches d’Artémis ou d’Apollon, il est en train de mourir. Ce moulage est celui d’une copie romaine du Haut-Empire reprenant un original grec daté des alentours 430 avant J.-C. La Société des Arts l’a acquis à la suite d’un don de Monsieur Eynard-Lullin.

 

Poètes, philosophes et orateurs

 

Homère de type Epiménidès ­– inv. 35

Homer Epimenides Type by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Munich, Glyptothek, inv no. 273

Ce moulage représente la tête d’un homme d’âge mûr. Son front porte des rides et ses joues accueillent une barbe bien fournie. Sa bouche est mi-close et ses paupières sont fermées. Des cheveux mi-longs retenus par un bandeau recouvrent son crâne ne laissant apparaître qu’une partie de ses oreilles. Il s’agit d’une copie romaine de la deuxième moitié du 5ème siècle avant J.-C. de l’auteur présumé de l’Iliade et de l’Odyssée, Homère. Il est ici dit de type Epiménidès, en référence au devin crétois du même nom qui aurait vécu au 6ème siècle avant notre ère. Représenter le personnage avec les yeux clos est la manière la plus efficace de marquer la cécité. Cette caractéristique est notamment attribuée au poète grec. Cette pièce, datée du 1er siècle après J.-C., est conservée à la Glyptothèque de Munich. Son moulage a été commandé par le Professeur Dörig durant le mois de décembre 1970 au musée allemand.

 

Platon Silanion – inv. 37

Plato by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, inv no. I.N. 2553

Cette tête présente un homme avec une chevelure court lui recouvrant la nuque. Son front ridé et sa barbe épaisse nous indiquent qu’il s’agit d’un homme d’âge mûr. Ses yeux sont ouverts tandis que sa bouche est close. Ce portrait est celui de Platon, le philosophe athénien qui vécut d’environs 428 à 348 avant J.-C. Elève de Socrate – un autre grand penseur grec – il a notamment fondé l’Académie, une école destinée à l’étude de la philosophie, à Athènes. L’original a été produit par Silanion, un sculpteur grec du 4ème siècle avant notre ère. Sa copie romaine est conservée à la Glyptothèque de Copenhague. La Collection a acquis son moulage durant la seconde moitié grâce à la générosité de Ernest Berger, un archéologue bâlois qui a notamment contribué à la création de la Skulpturhalle située dans la cité rhénane. 

 

Euripide – inv. 54

Euripides by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Naples, Musée archéologique national, inv. no. 6135

L’homme représenté sur ce buste est barbu et porte les cheveux longs ramenés en avant sur une calvitie naissante. Les rides sur son front ainsi qu’au coin des yeux et sa pilosité nous indiquent qu’il s’agit d’un homme d’âge mûr. Il a le torse nu excepté un pan de son manteau lui tombant sur l’épaule gauche. Cette iconographie est habituelle dans les représentations de l’auteur Euripide. Né à Salamine aux alentours de 480 avant J.-C. et mort en Macédoine en 406, il est, aux côtés de Sophocle et Eschyle, l’un des grands tragédiens de la Grèce antique. L’original de ce moulage, qui compte plusieurs répliques, se trouve au Museo archeologico nazionale de Naples. Le buste en marbre est certainement une copie antique dérivant d’une statue en bronze commandée par l’orateur athénien Lycurgue en 350-330 avant notre ère. Ce moulage a été offert à la Collection par Paul Milliet (1844-1918), un peintre et archéologue français qui a vécu à Genève durant une dizaine d’années.   

 
Démosthène ­– inv. 19
 

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Ny Carlsberg Glyptothek, Copenhague, inv. no. 1532

 

On voit ici le portrait d’un homme d’âge mûr, portant les cheveux bouclés accompagnés d’une calvitie ainsi qu’une barbe bien fournie. Il porte sur le front des rides marquées, caractéristiques iconographiques de la sagesse des penseurs et orateurs. Il s’agit de Démosthène, grand orateur athénien du 4ème siècle avant notre ère, connu pour son art de la rhétorique et ses discours politiques. Il s’illustre notamment par la rédaction des Philippiques dans lesquelles il s’attaque à Philippe II de Macédoine, père d’Alexandre le Grand. Ce moulage, dont l’original date de 280 avant J.-C., faisait partie d’un lot de quatre pièces commandées par le Professeur Dörig à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague en août 1979. 

 

Virgile – inv. 30

Virgil by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Ny Carlsberg Glyptothek, Copenhague, inv. no. 3178

Cette tête représente un homme aux cheveux bouclés et aux traits marqués. Son front porte notamment des rides bien prononcées ce qui nous indique qu’il s’agit d’un homme d’âge mûr. Toutefois, il ne possède pas de barbe. L’original de ce moulage a été retrouvé avec le nez cassé.  Cette sculpture présente la tête de Virgile, un écrivain latin du 1er siècle avant notre ère connu pour avoir rédigé L’Enéide et les Bucoliques. La copie romaine, qui date du 1er siècle de notre ère, aurait été faite depuis un portrait de Virgile réalisé lors de son dernier passage à Athènes. Cependant, l’identité du propriétaire de cette tête est sujette à débat. Alors qu’aucune autre représentation de Virgile ne nous est parvenue, elle a été identifiée jusque dans les années 70 comme étant un portrait de Ménandre, un dramaturge grec de la fin du 4ème siècle avant J.-C. Selon des analyses plus récentes et une comparaison avec la mosaïque de Sousse représentant Virgile aux côtés des Muses Clio et de Melpomène, il s’agirait bien du poète romain. Commandé à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague par le Professeur Dörig, ce moulage est arrivé à la Collection en août 1979 en compagnie de quatre autres pièces.

 

Hommes politiques

Germanicus (Marcellus) – inv. 75

Marcellus by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Paris, Musées du Louvre, inv. no. MA 1207

Ce moulage nous présente un homme en position de contrapposto. Le poids de son corps repose sur sa jambe gauche tandis que sa jambe droite est relâchée et a le genou légèrement plié. Sa main droite est levée à la hauteur de sa tête sur laquelle se trouvent des cheveux courts et légèrement ondulés. Il a pour seul vêtement une chlamyde posée sur son bras gauche. Sur le sol, à côté de son pied gauche, on aperçoit une tortue en partie cachée par un des plis du manteau de l’homme. Cette pièce représente Marcellus, le neveu d’Auguste, décédé prématurément en 23 avant J.-C. Une statue funéraire représentant le jeune homme sous des traits idéals fut commandée par son oncle afin de lui rendre hommage. C’est le sculpteur athénien Cléomène qui fut mandaté pour la réalisation de l’œuvre. Il s’est directement inspiré d’un original grec du 5ème siècle avant notre ère présentant un Hermès funéraire. On peut voir sa signature sur la tortue, animal qui fut utilisé par le messager des dieux pour créer la lyre et qui est également un attribut de Vénus, ancêtre des Julio-Claudiens. La statue de Marcellus est conservée au Musée du Louvre. Son moulage est arrivé dans la Collection grâce à un don de Monsieur Jean-Jacques Rigaud qui fut notamment président du Grand Conseil genevois et de la Société des Arts.

 

Marc-Aurèle – inv. 114

Marcus Aurelius by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Budapest

Ce moulage présente la tête d’un homme barbu. Son crâne est recouvert d’une épaisse chevelure bouclée. Son front porte quelques rides et ses yeux regardent vers le haut. Il s’agit d’une représentation de Marc-Aurèle, empereur romain de 161 à 180 après J.-C. La tête originale en bronze a été retrouvée en Hongrie, non loin de la ville de Pécs. Se situant sur le limes danubien, cette zone était auparavant occupée par un camp militaire romain. Le portrait fut découvert en 1974 lors de travaux hydrauliques. Une fois excavée, la pièce nécessitait une restauration. Le conservateur du Musée des Beaux-Arts de Budapest, János Guörgy Szilágyi, s’adressa à l’Association Hellas et Roma, dont il est membre d’honneur, pour trouver une personne compétente en la matière. En 1994, à la suite du très bon travail du restaurateur David Cottier-Angeli, le musée Janus Pannonius, alors propriétaire de la tête, proposa d’exposer ensemble le buste en or de Marc-Aurèle trouvé à Avenches en 1939 et le leur. De fait, les deux portraits ont été présentés en Hongrie, – à Pécs et à Budapest –, puis en Suisse, – à Genève et à Avenches. La copie de la tête que possède la Collection des moulages a été faite lors de l’escale genevoise.

 

Septime Sévère – inv. 20

Septimius Severus by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, inv. no. I.N. 4322

Nous avons ici la tête d’un homme à la barbe bien fournie et aux cheveux bouclés. La barbe est par ailleurs légèrement scindée en son milieu. Son front présente deux rides marquées et ses sourcils sont épais. On peut voir des rides en pattes d’oies aux coins extérieurs de ses yeux et ceux-ci présentent des pupilles particulièrement marquées. Ce portrait nous présente l’empereur Septime Sévère. Fondateur de la dynastie des Sévères, il prend le pouvoir après les assassinats de Commode en 192 et de Pertinax en 193 après J.-C. L’original de cette tête est en bronze et les marques sur le cou de celle-ci semblent indiquer qu’elle fait partie d’une composition plus grande dont elle aurait été arrachée. Le moulage a été commandé par le Professeur Dörig en août 1979 à la Ny Carlsberg Glyptotek à Copenhague avec d’autres bustes de philosophes.

 

Portraits privés

 

Tête d’enfant – inv. 46

Head of child by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Original: Private collection

On voit ici un buste d’enfant. Son crâne est recouvert d’une chevelure ondulée qui lui tombe sur la nuque et lui cache partiellement les oreilles. Le garçon a des joues rondes et la bouche entrouverte. Il est habillé d’une tunique. L’origine du portrait romain se trouve dans les masques funéraires en cire. Conservés au sein des maisons, ils étaient exhibés lors de nombreux évènements publics. Le portrait romain, contrairement à son homologue grec, cherche à représenter l’individu. Loin de la beauté idéale des Grecs, les Romains sont représentés avec leurs particularités physiques (verrue, cicatrices, etc.). Les sculpteurs portent une attention particulière à la physionomie et aux expressions. Ce moulage est tiré d’un original romain datant du 1er siècle avant notre ère retrouvé à Rome. Le buste montre par ailleurs une légère dégradation au niveau du nez. Il est entré dans la collection durant la deuxième moitié du 19ème siècle à la suite d’un don de Madame Fol, l’épouse de Walther Fol, un ingénieur civil et collectionneur d’art genevois.

 

Frontons

Tête Laborde (Iris) – inv. 52

Iris by FZP on Sketchfab

Original : Paris, Musées du Louvre, inv. MA 740
Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Ce moulage nous présente la tête d’une femme légèrement tournée vers la droite. Ses cheveux ondulés sont retenus par des tresses autour desquelles ils sont enroulés. Cette coiffure laisse ses oreilles visibles. On remarque la présence de huit trous dans ses tresses. Sa bouche est close au contraire de ses yeux qui sont grands ouverts. Il s’agirait de la tête de la statue d’Iris, la messagère des dieux, qui se situait dans le fronton ouest du Parthénon à Athènes. Les huit orifices que porte son crâne sous-entendent qu’il était ceint d’un diadème en métal. Ses oreilles, bien qu’en partie cassées, étaient vraisemblablement décorées de boucles métalliques. Datée entre 438 et 432 avant J.-C., sa réalisation est attribuée au sculpteur grec Phidias. Le reste de son corps est conservé au British Museum, alors que sa tête est exposée au Musée du Louvre. Nommée d’après le marquis Léon de Laborde (1807-1869) qui fut un de ses propriétaires, cette pièce a été achetée par la Collection au début du 20ème siècle.

 

Autel de Pergame

Tête de Pergame – inv. 31

Head from Pergamon by FZP on Sketchfab

Original : Berlin, Antikensammlung der Staatlichen Museen zu Berlin, inv. AvP VII 90
Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019

Il s’agit ici d’une tête de femme. La bouche entrouverte, elle regarde vers le haut. Sa tête est ceinte d’un bandeau qui retient ses longs cheveux dans une coiffure complexe se terminant par un chignon à l’arrière du crâne. Les mèches retenues par le tissu lui cachent partiellement les oreilles. On remarque que la femme penche la tête vers la gauche comme nous l’indique la légère torsion de son cou. Appartenant à une figure plus importante, cette tête féminine a été retrouvée à Pergame et provient du coin sud-ouest du Grand Autel. Il est possible qu’elle représente la déesse Aphrodite. L’original de ce moulage se trouve aujourd’hui aux Antikensammlung der Staatlichen Museen de Berlin et est daté de la première moitié du 2ème siècle avant J.-C. Cette pièce est acquise par la Collection en 1920 en compagnie quinze autres moulages à la suite d’une réunion de la Commission du Fonds Milliet.

Les reliefs

Relief de la Niké – inv. 98

Nike Relief by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Athènes, Musée de l'Acropole, inv. no. 973

Ce relief présente une figure féminine ailée vêtue d’un chiton. Un himation, dont une des extrémités repose sur son avant-bras gauche, lui recouvre les jambes. Légèrement inclinée en avant et ayant la jambe droite relevée, elle touche l’attache de la sandale de sa main droite. Il s’agit du moulage d’un relief représentant une Niké, la personnification de la victoire chez les Grecs. L’original se trouvait sur la balustrade qui entourait le temple d’Athéna Niké bâti sur l’Acropole d’Athènes durant la deuxième moitié du 5ème siècle avant J.-C. La Collection des moulages, alors sous la responsabilité du Professeur De Crue, a acquis cette pièce à la suite d’un prêt de la Ville de Genève en décembre 1891. Elle était auparavant entreposée au Musée Rath.

 

Relief avec guerriers (danse pyrrhique) – inv. 124

Relief With Warriors by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Rome, Musées du Vatican, inv. no. 321

Ce relief nous présente deux hommes nus se faisant face. Leur tête est couverte par un casque surmonté d’un cimier et leur bras gauche est protégé par un grand bouclier rond de type aspis koilè. Leur corps présente une torsion au niveau des hanches, le haut du corps est placé de face et les jambes et les pieds de profil. Ces derniers sont croisés et les deux guerriers sont représentés sur la pointe des orteils. La position particulière de leur corps est caractéristique de la représentation de la danse. Ce moulage de danse armée est fait à partir d’un fragment de relief se trouvant au Vatican. Par l’analyse de son style néo-attique, l’original date très probablement de l’époque d’Auguste. Il a rejoint la Collection avant 1922.

 

Pierres gravées

Gemma Augustea – inv. 141

Gemma Augustea cameo by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Vienne, Kunsthistorisches Museum

Ce relief présente une composition en deux registres. Sur la partie supérieure, Auguste, sous les traits de Jupiter, trône aux côtés de la déesse Roma. Face à lui se trouve le jeune Germanicus (voir notice Germanicus – inv. 75) et son beau-fils Tibère se dresse sur un char conduit par la Victoire. Le registre inférieur nous présente des prisonniers aux cheveux longs assistant à la mise en place d’un tropaïon – un monument sur lequel on exhibait les armes des vaincus – par des soldats romains. On a cherché ici à représenter la victoire de Tibère sur la rébellion des Dalmates pour laquelle il obtiendra le triomphe en 10 après J.-C.
Il s’agit d’un camée, une technique qui consiste, en gravant des pierres fines, à utiliser les différentes strates colorées du minéral pour composer un bas-relief. Le Gemma Augustea a été taillé dans une sardonyx arabe, une variété d’onyx, présentant deux couches. Une couche bleu très foncé constitue le fond alors que les figures sont gravées dans une couche blanche. Cette pièce est mentionnée pour la première fois en 1246 au monastère Saint-Sernin de Toulouse. Elle passe en possession des Habsbourg dès le début du 17ème siècle et est actuellement conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne. La date à laquelle a été réalisé ce moulage nous est inconnue tout comme celle de son acquisition par la Collection.

Zeus et Ganymède – inv. 86

Zeus And Ganymede by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: FLorence, Musée National du Bargello

Il s’agit ici d’un garçon en position de contrapposto. Il est appuyé sur sa jambe droite alors que sa jambe gauche est au repos et a le genou légèrement fléchi. Un bandeau attaché à l’arrière de sa tête retient son épaisse chevelure. Dans sa main droite, il tient un aiglon tandis qu’à gauche de lui, sur le sol, se trouve un aigle. L’index de sa main gauche est glissé dans les plumes de l’oiseau à la hauteur de sa nuque. La tête du jeune homme est tournée vers le bas et ses yeux regardent en direction du rapace alors que celui-ci fixe l’aiglon que le garçon retient dans sa main droite. Ce groupe représente Ganymède, un prince troyen, en compagnie de Zeus qui s’est transformé en aigle afin de l’enlever pour en faire son amant. Ce moulage est tiré de l’original réalisé par le sculpteur florentin Benvenuto Cellini (1500-1571) entre 1548 et 1550 qui est aujourd’hui exposé au Musée de Bargello à Florence. L’artiste s’est servi d’un buste antique attribué à une statue de Bacchus pour créer la sienne. Le couple a été acquis par la Collection entre la fin du 18ème siècle et le début du 19ème

 

Buste de Diane chasseresse de Jean-Antoine Houdon, 1780 – inv. 87

Diana/Luna/Artemis by FZP on Sketchfab

Photographe / modèle 3D : Davide Angheleddu 2019
Original: Paris, Musée du Louvre

 

Nous avons devant les yeux le buste d’une jeune femme nue. Elle a la tête tournée vers sa droite et porte les cheveux attachés à l’arrière de son crâne. Un croissant de lune est noué au sommet de sa tête par deux mèches de ses cheveux. Cet attribut nous permet d’identifier la figure féminine comme étant la déesse Diane souvent associée à la Lune. Il s’agit de la tête de la Diane Chasseresse réalisée en 1790 par le sculpteur français Jean-Antoine Houdon (1741-1828), dont une version en bronze est actuellement conservée au Musée du Louvre. La nudité de la déesse a créé la polémique lors de sa présentation, bien que Diane soit souvent représentée nue dans l’art de la Renaissance. Il existe par ailleurs bon nombre de copies du buste de la Chasseresse qui, contrairement à celle que vous avez sous les yeux, sont habillées d’une tunique. Nous ignorons la date à laquelle le moulage a été réalisé tout comme celle de son entrée dans la Collection.

 

 

Impressum

Idée et conception : Lorenz E. Baumer

Photos et modèles 3D :  Davide Angheleddu

Notices  de catalogue : Marie Drielsma, Louise Huwyler, Lionel Hofmann

Réalisé pendant le confinement COVID-19, mars-avril 2020