Pied de grand vase ouvert avec graffito

HRO 459
Argile cuite ; vernis noir
Hauteur  conservée 3.7 cm; diamètre pied 12.8 cm
Atelier attique, fin du Ve s. av. J.-C.
Seul le pied du vase est conservé. A l’extérieur, le bas de la panse est recouvert d’un vernis noir brillant ; l’intérieur est également vernis, mais de façon moins soigneuse. On observe quelques éclats sur la surface et de nombreuses incrustations gris clair. Un filet réservé marque le bas de la panse et le départ du disque formant le pied, vernis à l’extérieur ; la tranche et le dessous, par contre, sont réservés (on peut voir par endroits encore des traces de miltos).Cette partie a subi un nettoyage à l’époque moderne pour faire disparaître les incrustations qui la recouvraient  entièrement et oblitéraient l’inscription.

Celle-ci a été incisée après cuisson : on voit bien la difficulté qu’a eue le scribe à graver certaines lettres (les M, par exemple, ou le O, plus angulaire que circulaire) dans la surface très dure.

Le graffito est dextroverse et occupe la partie plane, centrale, du dessous du pied.

On lit :
ΣΤΑΜΝΟΙ
IIII
ΤΙΜΗIIIC

Le dernier signe est une sorte de demi-lune, légèrement angulaire en raison de la difficulté à inciser la surface.

L’inscription peut être rattachée au corpus déjà établi et bien étudié de marques de marchands : on en trouve assez souvent, gravées après cuisson, sur des vases attiques exportés en Italie. Le terme de « stamnos », contrairement à l’usage courant dans le jargon archéologique contemporain, ne désigne pas dans l’Athènes classique un grand vase ouvert, mais ce que nous nommons « péliké », à savoir, un vase à deux anses de taille moyenne à petite, qui  remplace l’amphore dans le service à vin du symposion. L’inscription ne se rapporte donc pas directement au vase qui le porte (qui semble être un cratère en cloche), mais plus probablement à son contenu, les quatre vases plus petits désignés par le terme « stamnoi », dénombrés au moyen de quatre petits traits verticaux.

Quant au prix, dont le mot apparaît souvent sous forme d’abréviation (TI), mais est attesté aussi dans sa graphie complète, comme sur la pièce décrite ici, il semble être de trois oboles (trois traits verticaux) et demie (la demi-lune).

[P. Birchler Émery]

 

D. A. Amyx, « The Attic Stelai III », Hesperia 27, 1958, p. 255-310; P. Birchler Émery et al. (éd.), Secrets d'atelier. Céramique antique, techniques et savoir-faire, Berne 2017, p. 174-175, n° 105; V. Chankowski, « La céramique sur le marché: l’objet, sa valeur et ses prix. Problèmes d’interprétation et de confrontation des sources », dans : A. Tsingarida – D. Viviers (éd.), Pottery Markets in the Ancient Greek World (8th - 1st centuries B.C.), Proceedings of the International Symposium held at the Université libre de Bruxelles, 19-21 June 2008 (Études d’archéologie 5), Bruxelles, 2013, p. 25-38; A.W. Johnston, « Trademarks on Greek Vases », Greece & Rome 21/2, 1974, p. 138-152.; A.W. Johnston, Trademarks on Greek Vases, 2 vol., Warminster et Oxford, 1979 et 2006; A.W. Johnston, « Greek Vases in the Marketplace », dans : T. Rasmussen, N. Spivey (éd.), Looking at Greek Vases , Cambridge 1991, p. 203-222; M.L. Lang, « Numerical notations on Greek Vases », Hesperia 25, 1956, p. 1-24.

 

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