Pied de vase avec dipinto

HRO 462

Argile cuite, couleur grise (le vase semble avoir été réexposé au feu) ; décor à vernis noir

H. cons. 2.8, Diam. 11.3

Atelier attique,  fin du VIe s. av. J.-C.

Pied de grand vase fermé, dessus vernissé noir, dessous réservé à surface beige. La coloration grise sur et sous le pied pourrait être due à une exposition au feu postérieure à la cuisson. Deux lettres ont été peintes sous le pied avec le même vernis (en réalité une solution d’argile) utilisé pour recouvrir le reste du vase : on peut lire, de droite à gauche, ΣΟ (sigma, omicron).

De telles marques, formées de deux lettres, d’un monogramme ou d’un signe indéchiffrable, peintes avant ou après cuisson, ou encore incisées, sont attestées sporadiquement dans la céramique attique dès la fin du VIIe s., et deviennent plus courantes autour de 500. Elles disparaissent ensuite graduellement au cours du Ve s. La marque du tesson a été apposée avant cuisson, indiquant ainsi la réservation ou l’achat d’un lot de vases avant leur finition, usage attesté plutôt à l’époque archaïque et moins courant que les marques incisées après cuisson.

On connaît plus d’une centaine de vases attiques du dernier quart du VIe s. portant la marque ΣΟ sous le pied, presque tous retrouvés en Etrurie, sauf deux exemplaires, l’un provenant de Sicile et l’autre d’Athènes. Les deux lettres ont été interprétées comme la marque du marchand Sostratos d’Egine, mentionné par Hérodote (IV 152,3) en raison de la richesse qu’il accumula grâce à son commerce : la datation des vases correspond à l’époque d’activité de Sostratos et leur destination finale aussi, puisque les relations commerciales de l’Eginète avec l’Etrurie sont attestées par une ancre de pierre qu’il a dédiée à Apollon dans le sanctuaire de Gravisca, le port de Tarquinia.

De plus, le fragment semble appartenir à une amphore nicosthénienne, production attique d’une forme typiquement étrusque destinée au marché italien, renforçant ainsi encore l’attribution de la pièce au corpus de vases rattachés au marchand Sostratos.

 

[P. Birchler Émery]

 

A.W. Johnston, Trademarks on Greek Vases, 2 vol., Warminster et Oxford, 1979 et 2006; A.W. Johnston, « Greek Vases in the Marketplace », dans : T. Rasmussen, N. Spivey (éd.), Looking at Greek Vases , Cambridge 1991, p. 203-222

 

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