Reconstruction de l’Apollon Mantiklos
Reconstruction de l’Apollon Mantiklos
Berlin, Abguss-Sammlung Antiker Plastik
H : 33 cm
Reconstruction partielle en bronze par Beate Loddenkemper, Freie Universität Berlin d’après la statuette originale à Boston, Museum of Fine Arts, inv. 03.997
700-675 av. J.-C.
A la première moitié du VIIe s. av. J.-C. remonte un certain nombre de statuettes en bronze et de reliefs en calcaire d’une remarquable qualité qui reflètent encore leur lien avec le style géométrique. Ils montrent en même temps une conception plus organique de la représentation du corps humain. L’un des plus beaux exemples est la statuette en bronze provenant probablement de Thèbes. D’après le casque qu’il faut compléter sur la tête de la figure, celle-ci représente probablement un guerrier, si ce n’est pas le dédiant lui-même. Privilégiant la vue d’en face, la statuette impressionne par son visage triangulaire aux yeux largement ouverts, ses proportions allongées et la finesse apportée à la chevelure.
La statuette porte une épigramme en deux hexamètres qui est soigneusement arrangée sur les cuisses :
Μάντικλός μ᾿ ἀνέθεκε ϝεκαβόλοι ἀργυροτόξσοι
τᾶς {δ}δεκάτας· τὺ δέ, Φοῖβε, δίδοι χαρίϝετταν ἀμοιβ[άν]
Manticlos m’a dédié, comme dîme, au dieu à l’arc d’argent, qui frappe au loin. Toi, Phoibos, donne-lui en échange de quoi le satisfaire » (CEG 326).
Le dédicant attend un retour du dieu pour son précieux don selon le principe du « do ut des » (je donne pour que tu donnes). Il faut s’attendre qu’au moins une partie des visiteurs du sanctuaire étaient en mesure de lire et d’apprécier l’épigramme aussi bien que la valeur de la statuette qui était augmentée par le casque et les armes travaillés séparément et éventuellement en argent. Le contexte archéologique dans lequel ce petit chef-d’œuvre fut découvert reste à ce jour inconnu.
Bibliographie :
LIMC II (1984) 194. 314, no. 40 avec fig. s.v. Apollon (O. Palagia et W. Lambrinudakis) ; C. Rolley, La sculpture grecque 1. Des origins au milieu du Ve siècle, Paris, 1994, 129 fig. 109 ; G. Kaminski, « Dädalische Plastik », in: P. C. Bol, Die Geschichte der antiken Bildhauerkunst I. Frühgriechische Plastik, Mayence, 2002, 71-96: 76-77 fig. 145a-d. – Inscription : CEG 326 ; L. H. Jeffery, The Local Scripts of Archaic Greece. A Study of the Origin of the Greek Alphabet and its Development front the Eighth to the Fifth Centuries B.C. Revised ed. with Supplement by A. W. Johnston. Oxford, 1990, 46-7. 90-1. 94, 402 Boiotia no. 1 pl. 7; J. W. Day, Archaic Greek Epigram and Dedication: Representation and Reperformance, Cambridge, 2010, p. 33-48 fig. 2.1-2.2.
[Lorenz E. Baumer]
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Moulage de la statuette, Université de Genève © Collection des moulages |
Transcription de l'épigramme (d’après CEG 326) |
Lien clip vidéo du moulage de la statuette: https://vimeo.com/645291370/51f25555a4
Lien statuette originale: https://digitalexhibits.hollins.edu/items/show/62

