Conférences MEG

Cycle de conférences du Master en ethnomusicologie

au Musée d'ethnographie de Genève

 

  • Mercredi 17 décembre, 16h30-18h, MEG, Boulevard Carl-Vogt 67, 1205 Genève (lieu à confirmer en raison de la fermeture temporaire du MEG)

Entrée gratuite et libre.

Ce que peut la musique

Portrait de Denis Laborde ©Martine Laborde.

Certaines formes de connaissance scientifique développent une approche participative qui valorise les capacités et s’oppose à une approche par les besoins qui, elle, assigne des déficiences. Cette approche conduit l’anthropologie sociale sur le chemin d’une science expérimentale, ce qui implique de prêter attention aux interactions plus qu’à leurs résultats. Le point de départ sera ici la réalisation d’un film par des demandeurs d’asile du CADA de Bayonne (France, 64) et des étudiants autistes de l’École de cinéma de Saint-Sébastien. L’échange qui suit abordera les liens entre arts, sciences et sociétés et la question du pouvoir de la musique.

Conférencier : Denis Laborde

Directeur de recherche CNRS (Centre Marc Bloch, Berlin) & directeur d’études à l’EHESS (Chaire anthropologie de la musique, Paris)

Lien Facebook de l’événement : https://fb.me/e/700tchvUG

Notice

 

  • Mercredi 12 novembre, 16h30-18h30, HEM Dufour, Blackbox (salle GD-40)
    Attention, le lieu et l'heure ont changés: L’événement a lieu à la Blackbox de la HEM Dufour, Rue du Général-Dufour 2, 1204 Genève, et se prolonge jusqu’à 18h30. 

Entrée gratuite et libre.

Musique, migration et phonocène.

Emilie Da Lage.jpgMars 2016, Camp de la Linière, Grande Synthe crédit Than Lui.

Comment les pratiques musicales peuvent-elles ouvrir des espaces de soin et de refuge depuis lesquels imaginer des modes d'habiter nos milieux abîmés? L’intervention sera l’occasion de partager différentes modalités de résistances, d’opposition, ou plus simplement d’engagement en musique, à partir d’une enquête au long cours sur le littoral franco-britannique. Nous reviendrons également sur les possibilités de partage et de médiation de la recherche en dehors des espaces académiques.

Conférencière : Emilie Da Lage, Professeure en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Institut des Sciences Sociales de l'Université de Lille, Laboratoire Geriico, fellow Institut Convergences Migration.

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Evénements passés 

  • Mercredi 30 avril, 16h30-18h, MEG, Boulevard Carl-Vogt 67, 1205 Genève

Entrée gratuite et libre.

Projet culturel de territoire et collectage sonore : Le cas de Super Tapages à Francheville, l’ethnographie un moteur de rencontre et l’action culturelle un outil de recherche

Julie oleksiak.jpgImage: ©CMTRA

Par Julie Oleksiak en discussion avec les étudiant.es Jessica Bright et Jorge Pacheco

 

Le Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes est une association basée à Villeurbanne qui mène des projets : de recherche en ethnomusicologie collaborative autour des musiques traditionnelles d’ici et d’ailleurs ancrées en Rhône-Alpes ; de médiation en sciences humaines et sociales ; de valorisation des patrimoines immatériels vivants et créatifs de ma Région ; de mise en réseau d’acteurs culturels du territoire et de diffusion de la diversité culturelle. Il s’agira ici d’interroger la possibilité de mobiliser les pratiques musicales pour en faire un outil de compréhension des sociétés contemporaines en même temps qu’un levier pour faire société à l’échelle locale.

Lien vers le site du CMTRA : https://www.cmtra.org/ 

Lien vers le site du projet (en construction): https://www.supertapages.com/

Conférencière : Oleksiak Julie, coordinatrice de la recherche au Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes, chercheuse associée au Centre Georg Simmel

 https://fb.me/e/2bpZQ4jBh4

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  •   Mercredi 4 décembre, 16h30-18h, MEG, Boulevard Carl-Vogt 67, 1205 Genève

Entrée gratuite et libre.

Ce que les sonorités font à l’histoire. Réflexions en partant de quelques études de cas.

Nelly-Valsangiacomo.jpegPar Nelly Valsangiacomo (UNIL), en discussion avec les étudiant.es Mina Goudour et Mathieu Centelighe

 

Depuis les années 1990, les sciences humaines et sociales ont développé un grand intérêt pour les phénomènes acoustiques et auditifs, dans le but de dénaturaliser la perception du son, en prouvant que celui-ci, comme tous les sens, fait partie intégrante de nos constructions sociales et culturelles et que son usage est souvent loin d'être anodin. Si l'importance des sens et du son pour comprendre la complexité des phénomènes historiques n'est plus à démontrer, le sujet reste un défi qui n'est encore que partiellement relevé. Cette présentation vise à proposer quelques pistes de recherches sur les sonorités en partant des travaux que je mène et des ouvrages récents que j’ai coordonnés.

 

Nelly Valsangiacomo est professeure à la Faculté des Lettres de l'UNIL dans la Section d'histoire - Centre des sciences historiques de la culture.

 

 

  • Mercredi 2 octobre 2024, 16h30-18h, MEG, boulevard Carl-Vogt 67, Genève, Auditorium.

Entrée gratuite et libre.

Modernités : Une perspective planétaire

MEG_2.10.JPG© M. Stokes

L'un des principaux défis de l'ethnomusicologie aujourd'hui est de savoir comment relier un engagement plus ancien (bien que progressif) à la critique des "modernités" avec les énergies actuelles entourant les "humanités environnementales". L'un implique un engagement envers le local et le stratégique, envers le projet de "provincialisation" (nous pourrions dire, à la suite de Dipesh Chakrabarty). L'autre implique une réflexion sur des temporalités, des géographies et des espaces gigantesques, afin de comprendre la relation entre la culture et le "temps profond" (nous pourrions dire, à la suite de Richard Irvine). L'une est un centrage, l'autre un décentrage dans l'environnement, de "l'être humain". Mais la tension peut être plus apparente que réelle - ou, du moins, s'avérer productive à explorer. Cette conférence examinera les lignes de pensée reliant les "modernités" au "temps profond" dans une région, le "Moyen-Orient" (longtemps une catégorie coloniale contestée), qui offre des perspectives significatives sur cette question en ce qui concerne la musique.

Martin Stokes est un ethnomusicologue britannique et professeur de musique au King's College de Londres. Il s'intéresse particulièrement à l'ethnomusicologie et à l'anthropologie, ainsi qu'à la musique populaire du Moyen-Orient.

 

  • Mercredi 12 juin 2024, 16h30-18h, MEG, boulevard Carl-Vogt 67, Genève, Auditorium.

Entrée gratuite et libre.

Acteurs de l'éducation musicale dans des contextes socio-économiques défavorisés en Amérique latine et en Europe

Illustration à Dream Orchestra Suède - Beatriz Machado - 2022.jpgIllustration à Dream Orchestra Suède - Beatriz Machado - 2022

En m'appuyant sur mes recherches ethnographiques en Amérique latine (auprès de jeunes vivant dans la pauvreté urbaine) et en Europe (auprès de migrants et de réfugiés mineurs), je me concentrerai sur l'importance du contexte culturel pour mieux comprendre comment les nombreux « acteurs de l'éducation musicale » peuvent entrer en « résonance ». Ces « acteurs » sont étudiants, professeurs, assistants, directeurs, tuteurs, parents…ainsi que les objets !

Conférencier : Alix Didier Sarrouy – Sociologue et musicien. Docteur en sociologie de l'art et de la culture par l'Université Sorbonne Nouvelle et l'Université du Minho. Chercheur à l'Institut d'Ethnomusicologie – Musique & Danse (NOVA.FCSH, Portugal).

 

  • Mercredi 15 mai 2024, 16h30-18h, MEG, boulevard Carl-Vogt 67, Genève, Auditorium.

Entrée gratuite et libre.

Ethnomusicologie et enregistrement sonore : pour une nouvelle dialectique.

Backozy Beats Studio_Bamako, juillet 2018, Cc E.Olivier.pngBackozy Beats Studio_Bamako, juillet 2018, Cc E.Olivier

Cette conférence proposera une lecture critique du statut et du rôle de l’enregistrement sonore dans l’histoire de l’ethnomusicologie, avant de formuler un certain nombre de propositions théoriques pour déplacer l’objet principal de la discipline vers les musiques enregistrées localement et leur écosystème. À partir d’une enquête menée dans les studios d’enregistrement de Bamako (Mali) depuis 2014, on verra les conséquences de ce déplacement dans la pratique, les outils et les enjeux de l’ethnomusicologie, mais aussi dans le positionnement, et plus encore l’autorité du chercheur vis-à-vis de son objet.

Par Emmanuelle Olivier (CNRS, Centre G. Simmel)

 

  • Mercredi 24 avril 2024 à 16h30, MEG, boulevard Carl-Vogt 67, Genève, Auditorium.

Entrée gratuite et libre.

Danse et mémoire de la musique. Anne Nguyen

Par Anne Nguyen. Danseuse, chorégraphe de la Compagnie par Terre, auteure et metteuse en scène

 

  • Mercredi 13 mars 2024 à 16h30, MEG, boulevard Carl-Vogt 67, Genève, Auditorium.

Entrée gratuite et libre.

Musique ouïghoure en temps de crise : qui a le pouvoir de chanter ? Mukaddas Mijit

musique-ouighoure.png

Depuis 2017, la région ouïghoure sombre dans une crise humanitaire sans précédent. Des millions de personnes ont été mises dans des camps de rééducation politique, les hommes et les femmes ont été séparés et les femmes stérilisées massivement. Parmi ces millions de femmes et d’hommes, il y a eu des intellectuel-le-s, des chercheurs et chercheuses, et des artistes. Certain-e-s d’entre eux ont reçu de lourde peine, comme la prison à vie. Dans cette répression, la musique et la culture traditionnelle ont été largement ciblées par la politique de la censure et de la surveillance chinoise. Certains répertoires classiques comme les On ikki muqam (avec de la poésie soufie) et des banquets traditionnels, les Meshrep sont interdites ou extrêmement restreintes dans leur mise en pratique. En parallèle, la musique et la danse ouïghoure dans une forme folklorisante ont été utilisées par le gouvernement chinois, comme de la propagande pour contrer les accusations de la communauté internationale.

Par cette intervention, nous nous intéressons à des questions sur l’utilisation de la musique et la danse dans cette période de crise à la fois par le gouvernement chinois et la communauté ouïghoure dans des buts divers. Et nous discutons également de la dynamique de pouvoir autour des expressions artistiques dans la diaspora. Qui a le droit de chanter des chants ouïghours aujourd’hui ? Sous quelles formes et pour quel public ?

Par Mukaddas Mijit : chercheuse à l'Université Libre de Bruxelles (EASt et LAMC) et membre du projet Remote XUAR.

  • Mercredi 13 décembre 2023 à 16h30, MEG, boulevard Carl-Vogt 67, Genève, Auditorium.

Entrée gratuite et libre.

Conférence-Rencontre : Présentation de l'ouvrage "La Mélodie du monde"

© CC0/ NAtional Anthropological Archives/ Smithsonian Institution

Isabelle Kalinowski présentera son livre « La Mélodie du monde », paru aux éditions de la Philharmonie au printemps 2023.
Entre Berlin et New York, autour de 1900, un intérêt nouveau pour les musiques extra-européennes donne naissance à ce qui ne s’appelle pas encore l’ethnomusicologie. Le passage d’une troupe de danseurs musiciens amérindiens en Allemagne est pour l’anthropologue Franz Boas et le philosophie Carl Stumpf l’occasion d’un bouleversement des évidences. Comment « entendre » ce qu’on n’a jamais entendu sans y projeter le déjà connu?
A leur suite, musicologues (Erich von Hornbostel), puis sociologues (Georg Simmel, Max Weber) tirent parti des recherches sur l’acoustique et la perception pour affiner leur écoute des rythmes et mélodies du monde. Dans ce moment historique où différentes sciences font alliance, la persistance de schèmes coloniaux et de hiérarchies brutales coexiste avec de singulières soifs d’expérimentation de pensée, au contact de musiques inouïes.

Isabelle Kalinowski est germaniste, directrice de recherche au CNRS et dirige le laboratoire Pays germaniques de l’Ecole Normale Supérieure (Paris).

Cette conférence n'est accessible qu'à un public francophone.

 

  • Mercredi 4 octobre 2023 à 16h-18h00, MEG, boulevard Carl-Vogt 67, Genève, Auditorium.

Projection du documentaire «Voices of the Rainforest. A Day in the Life of Bosavi» de Steven Feld, suivie d'une discussion dans le cadre du cycle de conférences du Master en ethnomusicologie.

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Steven Feld est musicien, artiste sonore, photographe et cinéaste et professeur émérite d'anthropologie et de musique à l'Université du Nouveau-Mexique.

   «Voices of the Rainforest: A Day in the Life of Bosavi» est un ciné-concert de 70 minutes - un documentaire expérientiel sur la coévolution écologique et esthétique de la région de la forêt tropicale de Bosavi en Papouasie-Nouvelle-Guinée et de ses habitant-e-s. À travers le son et l'image, le film plonge les spectateurs et les spectatrices dans la forêt tropicale et établit une myriade de liens audibles entre les sons quotidiens de la biosphère de la forêt tropicale et les pratiques créatives de chant pour, avec et à son sujet par le peuple Bosavi. Structuré autour d'une journée dans la vie de la forêt tropicale et de la musique qu'elle inspire au peuple Bosavi, le film donne vie aux activités quotidiennes du travail, des loisirs et des rituels - entendus dans le cadre ambiant de la forêt tropicale - tout au long de la journée et nuit.
«Voices of the Rainforest» a été produit par Steven Feld et Dennis Leonard et réalisé par Steven Feld et Jeremiah Ra Richards en collaboration avec la communauté Bona de Bosavi, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Steven Feld a mené des recherches anthropologiques et ethnomusicologiques sur le terrain à Bosavi de 1975 à 2000. Le CD original «Voices of the Rainforest» a été produit à cette époque (1991) avec l'aide du batteur du Grateful Dead, Mickey Hart. En 2016-2017, en collaboration avec le célèbre monteur sonore Dennis Leonard de Skywalker Sound, Feld a recomposé une bande sonore 7.1 pour le 25e anniversaire de Voices. En 2018, un retour à Bosavi avec le cinéaste Jeremiah Ra Richards et la numérisation des nombreuses photographies d'archives de Feld ont conduit à la création du film immersif joint à la bande-son.