300 Ans de Mathématiques à Genève
Trois siècles d’histoire et de mathématiques que nous avons choisi de célébrer à travers de trois axes forts : honorer le passé, s'engager dans le présent et inspirer l'avenir.
Nous sommes très fiers d’abriter la deuxième chaire de mathématiques la plus ancienne de Suisse. Bien que notre section soit modeste en taille comparée à d’autres départements de renommée mondiale, avec ses quatre médaillés Fields : Vaughan Jones (médaillé en 1990), Stanislav Smirnov (2010), Martin Hairer (2014) et Hugo Duminil-Copin (2022), elle a su, au fil des siècles, produire des figures marquantes.
Cet anniversaire n’était pas simplement une occasion de souffler les bougies, mais un moment exceptionnel qui a su rassembler des générations entières, de différents horizons. Familles, étudiant·es, chercheurs et chercheuses, jeunes et moins jeunes, ainsi que des éminents lauréats de la médaille Fields, sont venu·es célébrer cet héritage à travers trois temps forts.
Inspirer l'avenir : ateliers, stands et spectacles
Pour ouvrir le bal, nous avons souhaité montrer que les mathématiques ne soient pas réservées à une élite. La journée a ainsi commencé avec une activité qui nous est chère : un festival mathématique nommé Maths en fête pour l’occasion. Dans une volonté de rendre les mathématiques accessibles à toutes et à tous, nous avons organisé des stands et des ateliers Mathscope interactifs pour les enfants et leurs familles ainsi que deux spectacles autour des mathématiques.
Honorer notre passé : hommage à six figures légendaires
Un deuxième temps fort de cette célébration a été un véritable voyage dans le passé. Nous avons rendu hommage, au travers de six courts exposés, à six figures incontournables de la discipline : Gabriel Cramer, Georges de Rham, Michel Kervaire, Benoît Mandelbrot, André Haefliger et Vaughan Jones. [Leurs travaux ont marqué de manière indélébile l’évolution de notre discipline, et leur héritage continue d’inspirer les chercheurs et chercheuses d’aujourd'hui. Ce qui a rendu cet événement encore plus spécial, c’est sa capacité à réunir des personnes de toutes générations, allant des étudiant·es de première année aux professeurs émérites.
S'engager dans le présent : abattre les barrières
Pour clore la journée, Martin Hairer, lauréat de la médaille Fields 2014 et ancien étudiant à l’UNIGE, a présenté une conférence intitulée « Pile ou face ? Des atomes aux feux de forêt » qui a amené le public des principes fondamentaux des probabilités jusque dans les coulisses de ses recherches.
À la suite de la conférence, Martin Hairer a été rejoint sur scène par ses collègues lauréats de la médaille Fields, Hugo Duminil-Copin et Stanislav Smirnov, pour une discussion animée, modérée par Elise Raphael, co-directrice de [Genève Évasions Mathématiques (G·EM). Cette conversation a permis de mettre en lumière le côté humain de ces trois mathématiciens, qui ont partagé des histoires de doutes, de luttes et de découvertes.
Révélation surprenante : dans leurs parcours de chercheurs, ce ne sont pas uniquement les instants d’illumination qui leur plaisent le plus, mais aussi les moments où ils sont confrontés à des problèmes qu’ils ne peuvent pas résoudre immédiatement.
Une autre discussion mémorable a suivi la question « À quoi ressemble une journée typique pour un·e mathématicien·ne ? », posée par un participant de 15 ans. Cette interrogation a parfaitement capturé l’esprit de l’événement : abattre les barrières et rendre les mathématiques accessibles à toutes et tous, quel que soit l’âge ou le niveau de connaissance. L’honnêteté de nos trois médaillés sur leur quotidien de mathématicien a été à la fois rafraîchissante et inspirante.
Un regard vers l'avenir
Nous sommes très reconnaissant·es de notre passé et de notre héritage, mais encore plus enthousiastes à l’idée de ce que l’avenir nous réserve. Nous continuerons à contribuer activement à la recherche, à repousser les frontières du savoir pour faire avancer les mathématiques. Parallèlement, nous renforçons notre engagement à tisser des liens avec la ville, en créant des passerelles entre la recherche académique et la société.
Mayra Lirot, chargée de communication, Section de mathématiques
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