Directive de la Faculté des sciences sur
l'utilisation de l'intelligence artificielle générative
Version de Décembre 2025
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Contexte
Les modèles d'intelligence artificielle générative (IAG) ont connu des progrès spectaculaires. Ils sont aujourd'hui capables de résoudre des problèmes complexes, de mener des raisonnements en plusieurs étapes et de produire des textes de qualité structurelle et rédactionnelle impressionnante. Leur amélioration rapide, transforme durablement les pratiques académiques.
Bien qu'il existe des usages légitimes de l'IAG dans un cadre éducatif, elle ne doit en aucun cas être utilisée pour pallier un niveau de compréhension insuffisant de la part des étudiant-e-s. Les travaux remis doivent refléter les compétences réelles de leurs auteur-e-s. De plus, l'IAG peut produire des contenus erronés ou fictifs (hallucinations). Son usage comporte également des risques de plagiat involontaire et de violation des droits d'auteur, notamment en l'absence de validation critique, et le risque de divulgation de données privées ou sensibles à des tiers.
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Objectifs de la directive
Cette directive a pour but de poser des principes de base sur l'usage de l'IAG dans les études.
Elle cherche à :
Encourager un usage utile, réfléchi et critique des outils d'IAG (texte, image, code, etc.);
Expliquer clairement ce qui est permis ou non, selon les choix faits dans chaque cours ;
Préserver la transparence, la traçabilité et l'intégrité des travaux académiques.
Elle ne fixe pas de règles strictes, mais propose un cadre pour aider chacun-e à faire un bon usage de ces outils.
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Champs d'application
Définitions: Aux fins de la présente directive, constitue de l'IAG tout outil numérique qui, à partir d'instructions (prompts) ou d'un texte fourni, produit du contenu nouveau ou réécrit du contenu existant (p. ex. texte, code, images, audio, résumés, traductions).
Exemples : assistants de rédaction (p. ex. ChatGPT, Gemini), traduction et réécriture (p. ex. DeepL Translate/Write), assistants de code (p. ex. Copilot), générateurs d'images/vidéos/voix, création de données synthétiques.
Aides logicielles mineures (hors IAG). Ne relèvent pas de l'IAG les fonctions locales et déterministes qui n'ajoutent pas de substance intellectuelle (correction orthographique de base, fermeture automatique des parenthèses, indentation/formatage, suggestions triviales).
Principe de transparence. Dès lors qu'un outil produit, réécrit, traduit ou résume une partie du travail que l'étudiant·e soumet, son usage doit respecter les règles d'autorisation et de déclaration prévues par la présente directive.
Elle s'applique à tous les membres de la communauté facultaire : étudiant-es, enseignant-es, dans le cadre des activités d'enseignement, d'apprentissage, de production académique et d'évaluation et concerne l'usage d'outils tels que ChatGPT, Gemini, PerplexilityAI, DeepSeek, Grok, Claude, DALL·E, Copilot, Midjourney, DeepL (Translate/Write), etc.
Les activités de recherche (y compris les travaux scientifiques menés en dehors d'un cadre d'enseignement ou d'évaluation) ne sont pas couvertes par la présente directive.
La présente directive s'applique à l'ensemble des activités pédagogiques organisées au sein de la Faculté des sciences, qu'elles soient liées à l'enseignement, aux travaux dirigés, aux examens, aux projets, aux mémoires ou aux thèses. Elle s'applique à toute personne prenant part à ces activités, en fonction du rôle qu'elle y assume (par exemple, un-e doctorant-e peut être concerné-e à la fois en tant qu'étudiant-e et en tant qu'enseignant-e).
Elle concerne deux catégories de personnes :
Étudiant-e-s:
Personnes inscrites dans un programme de bachelor ou de master ;
Doctorant-e-s, lorsqu'ils ou elles suivent des cours ou sont inscrit-e-s dans un programme de l'École doctorale, à l'exclusion de leurs activités de recherche indépendantes. La rédaction du manuscrit de thèse et la préparation de la soutenance de thèse sont considérées comme faisant partie de leurs activités d'étudiant-e-s.
Participant-e-s à une formation continue ou à un module de micro-certification, dès lors qu'ils ou elles participent à une activité d'enseignement ou de validation académique.
Enseignant-e-s:
Toute personne qui contribue activement à une activité pédagogique dans les formations de la Faculté ;
Encadrant-e-s de projets, de mémoires ou de séances de laboratoire ;
Personnes qui évaluent, encadrent ou supervisent un travail étudiant-e ;
Directeur-trice-s de thèse.
Note: La qualité d'enseignant-e est déterminée par le rôle pédagogique assumé, indépendamment du statut administratif. Un·e chercheur-e sans mission d'enseignement n'est pas concerné-e.
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Principes généraux
Les travaux personnels résultent en premier lieu de la contribution intellectuelle et personnelle de leurs auteurs-trices.
L'IAG peut constituer un outil, mais ne peut remplacer le travail personnel, l'analyse, l'originalité, l'esprit critique ou encore le raisonnement critique attendus d'un·e étudiant-e .
Toute utilisation doit être transparente, vérifiable et mentionnée selon les règles de citation définies par l'enseignant-e ou en usage dans la discipline scientifique du travail.
Les étudiant-e-s doivent vérifier auprès des enseignant-e-s, dans quelle mesure ils/elles sont autorisé-e-s à utiliser l'IAG afin d'éviter toute diffusion de données sensibles.
Les enseignant-e-s sont libre d'utiliser ou non l'IAG dans le cadre de leur enseignement. Ils-elles peuvent également autoriser ou non le recours à l'IAG lors des évaluations, à condition que la validation finale des résultats reste effectuée par l'enseignant-e lui- ou elle-même. Les usages autorisés et interdits de l'IAG doivent être explicitement mentionnés dans les supports pédagogiques de l'enseignement (polycopiés, Moodle, plans de cours, etc.).
Les enseignant-e-s sont également libres de définir les modalités précises de déclaration d'utilisation de l'IAG par les étudiant-e-s. Cette déclaration peut être exigée soit de manière générale, par exemple via un formulaire intégré dans Moodle ou tout autre dispositif au début du cours, soit au cas par cas, pour chaque devoir, séance de laboratoire ou activité évaluée.
Dans tous les cas, une déclaration formelle de l'usage de l'IAG est requise pour tout travail de bachelor, de master ou de doctorat, ainsi que pour toute évaluation ou production académique menant à l'obtention d'un grade ou d'un titre officiel. Cette déclaration doit suivre le modèle-type fourni par la Faculté.
Des données sensibles, telles que des données personnelles, ne doivent pas être divulguées à un outil d'intelligence artificielle public qui n'en garantirait pas la confidentialité. De même, il est recommandé de protéger toute autre donnée confidentielle (p. ex. des résultats de recherche non publiés ou des données issues de thèses en préparation) de leur exposition à un outil d'intelligence artificielle générative. Ce principe s'applique indépendamment des consignes données par les enseignant-e-s et reste valable dans tout contexte d'utilisation. De plus, les enseignant-e-s qui utilisent des données sensibles dans leurs cours ou supervisent des travaux contenant de telles données sont tenus de rappeler explicitement aux étudiant-e-s les principes de confidentialité et de protection des données, conformément à l'esprit de ces recommandations.
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Évolution
Au vu des avancées spectaculaires des outils d'IAG et de leurs rapides avancées, cette directive sera révisée régulièrement. Les étudiant-e-s peuvent transmettre leurs retours via les représentations étudiantes.