LERU into Action – Sensibiliser à la recherche à usage dual (Dual Use)

 

Le rôle joué par l’université dans la société d’aujourd’hui devient de plus en plus complexe, et la recherche scientifique est devenue désormais un important enjeu politique et sociétal. Ainsi, les chercheuses et chercheurs produisent des résultats pouvant avoir des usages bénéfiques (médicaux, énergétiques, environnementaux) mais pouvant aussi parfois mener, de manière détournée, à des applications potentiellement malveillantes : armes biologiques, chimiques, cyberattaques, etc. On parle dans ce cas de recherche « Dual Use » à usage civil et militaire : c’est alors que toute une série de questions éthiques et juridiques peuvent surgir.

Ces questions alimentent les échanges au sein de la Ligue Européenne des Universités de Recherche (LERU), ce qui permet d’identifier des bonnes pratiques. Le 9 mai dernier des expert-es de la LERU (rattachés à l’Université d’Edimbourg et de l’EPFZ) sont venu-es présenter à la communauté de la Faculté des Sciences l’état des lieux sur la question lors d’un atelier « LERU into Action ».

La notion de TRL (Technology Readiness Level, permettant de mesurer le niveau de maturité d’une technologie avant son application réelle) a par exemple été présentée, ainsi que les listes de bien soumis au contrôle des exportations par la Confédération suisse.

Le débat a ensuite été engagé : « Suis-je concerné si je fais de la recherche fondamentale ? » ; « N’est-on pas en contradiction avec les injonctions à la science ouverte ? » ; « Ma responsabilité juridique est-elle engagée ? » : telles ont été les questions soulevées lors des échanges fournis et animés de cette après-midi.

Le rectorat, représenté par le Vice-recteur Sébastien Castelltort, était présent pour recueillir les commentaires et suggestions sur les procédures actuelles et à venir, afin de gérer au mieux les risques et responsabilités du point de vue des chercheurs. Selon Sébastien Castelltort « l’initiative de la faculté des sciences tombe à point nommé. Il est plus que jamais nécessaire de renforcer la prise de conscience et la compréhension des risques d’usage dual. »

A l’issue de l’atelier, une série de mesures ont été proposées, principalement pour aider les chercheuses et les chercheurs à faciliter leurs interactions avec la CUREG (Commission Universitaire pour une Recherche Ethique à l’Université de Genève).

Un autre objectif important de l’atelier a également été atteint : sensibiliser la communauté de la Faculté à cette problématique sensible qui risque de prendre de l’ampleur au vu de la complexification des relations internationales dans la recherche.

M. Olivier Vincent - SRIP, Réseaux académiques et projets


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