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L'histoire des religions se consacre à l'analyse des phénomènes religieux (pratiques et croyances, rites et mythes). Elle partage certaines démarches de la psychologie, de la sociologie, de la philosophie et de la théologie. Mais ce qui la caractérise d'abord, du point de vue méthodologique, c'est une attitude historienne et anthropologique, qui lui confère le statut d'une science d'observation reposant sur l'examen critique des données, ainsi que sur la comparaison. Il s'agit d'une discipline laïque, non confessionnelle. L'enquête comparatiste sur la croyance et le sens des rites s'opère dans le cadre d'un laboratoire où le travail personnel, nécessairement lié à l'apprentissage d'un terrain de spécialisation, se double d'un travail collectif et transdisciplinaire.

Histoire de l'Unité

L'université de Genève fut la première au monde à créer une chaire d'histoire des religions. Cette création fut préparée par un enseignement d'apologétique et de "philosophie religieuse comparée" que donnait en faculté de théologie dès 1865 un théologien libéral, Auguste Bouvier qui fut aussi le maître d'un des premiers professeurs d'histoire des religions français, Jean Réville. C'est toutefois dans la section des sciences sociales de la faculté des lettres, au sein de la nouvelle université qui, conformément à la loi sur l'Instruction publique de 1872 remplaça l'ancienne Académie en 1873, que fut installée cette première chaire, en 1874, avec pour titulaire Théophile Droz, un brillant essayiste ami d'Amiel, qui finit sa carrière comme professeur de littérature française à Zürich et n'écrivit rien de notable en ce qui concerne notre discipline. Avant de lui succéder en 1880, Ernest Stroehlin, docteur en théologie de Strasbourg, avait essayé sans succès (malgré l'appui du ministre radical de l'Instruction publique, Antoine Carteret), d'introduire ce type d'enseignement en faculté de théologie. La chaire fut maintenue en lettres (section des sciences sociales) jusqu'en 1928, date de la retraite de Paul Oltramare, un historien des religions réputé, qui rédigea entre autres d'importants travaux sur le bouddhisme. Elle fut alors transférée en faculté de théologie, où l'accent fut porté sur la psychologie religieuse , avant de revenir en lettres (où elle se trouve aujourd'hui encore) à partir de la nomination de Jean Rudhardt , antiquisant de grand renom lui aussi, qui en fut titulaire de 1965 à 1987. En 1987 Philippe Borgeaud a succédé à Jean Rudhardt. Il a pris sa retraite en 2011.


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