Leçons d'adieu

Mardi 15 mai 2012 12h30, CMU – Auditoire A250

Prof. Pierre BAEHNI

Professeur ordinaire, Section de médecine dentaire,
Division de médecine dentaire préventive, Faculté de médecine

«Prévention: du microbe à la santé publique»

baehni
Les principales maladies bucco-dentaires sont d’origine infectieuse, causées par les microorganismes présents dans la cavité buccale. Cependant, certains facteurs liés au comportement, au style de vie influencent de manière significative la susceptibilité et l’évolution des pathologies. Ces facteurs de risque (tabac, alcool, alimentation, etc) sont communs à d’autres maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou le cancer. La médecine dentaire préventive moderne a donc évolué vers une approche plus médicale, plus globale du patient où l’ensemble des facteurs de risque sont pris en charge. Au niveau populationnel, la stratégie est d’associer la prévention bucco-dentaire aux programmes de promotion de la santé et de prévention des maladies chroniques.

Biographie :

D’origine genevoise, Pierre Baehni a fait ses études de médecine dentaire à l’Université de Genève. Après plusieurs années passées à l’Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis, il est nommé professeur ordinaire en 1983, responsable de la Division de médecine dentaire préventive au sein de la Section de médecine dentaire de la Faculté de médecine. Le professeur Baehni a lancé au cours de sa carrière plusieurs projets de santé bucco-dentaire à Genève et au Cameroun. Reconnu et considéré comme un excellent chercheur et enseignant dans le domaine de la médecine dentaire préventive, il a contribué de manière significative à la formation des étudiants prégradués et postgradués dans le domaine de la prévention et la santé publique.
Actif sur le plan professionnel au niveau suisse et européen, le professeur Baehni a participé à la fondation de l’ «European Federation of Periodontology». Plus récemment, il a pu élargir ces perspectives grâce à son activité de consultant à l’Organisation Mondiale de la Santé.


Jeudi 24 novembre 2011, 12h30 - CMU, Auditoire A250

Prof. Jean-Bernard DUBUISSON

Professeur ordinaire,
Département de gynécologie et d’obstétrique, Faculté de médecine
Chef du Département de gynécologie et d’obstétrique, HUG

«Prolapsus féminin: quelle prise en charge aujourd’hui?»

dubuisson
La prise en charge des prolapsus génitaux a beaucoup changé ces vingt dernières années. Cette évolution est liée à plusieurs facteurs. En premier lieu, elle est liée au fait que les femmes osent plus facilement parler des maux occasionnés par la descente des organes pelviens, qu’il s’agisse de symptômes urinaires, digestifs ou troubles sexuels. En deuxième lieu, elle est liée aux nouveaux traitements chirurgicaux, plus conservateurs et moins invasifs. Le développement de la laparoscopie opératoire permet la suspension des différents organes et leur maintien grâce à des prothèses. Aujourd’hui, la prise en charge médicale et chirurgicale suit largement cette approche visant à améliorer la qualité de vie des patientes.

Biographie:

De nationalité française, Jean-Bernard Dubuisson est né à Paris et y a fait toutes ses études. Dès 1975, il se spécialise dans les techniques de laparoscopie opératoire et de chirurgie mini-invasive. En 1980, il est nommé professeur agrégé à la faculté de médecine Cochin Port-Royal. Chef de service de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital Baudeloque, il devient un spécialiste réputé en chirurgie gynécologique, comprenant la chirurgie de la stérilité, de l’utérus, des ovaires et de l’endométriose.
En 2003, Jean-Bernard Dubuisson devient chef du Département de gynécologie et d’obstétrique aux HUG, médecin-chef du Service de gynécologie et responsable de l’unité de médecine de la reproduction. En parallèle, il est nommé professeur ordinaire au sein de notre Faculté. Il se voue aux troubles du plancher pelvien depuis 35 ans et s’engage activement pour la prise en charge optimale de ces problèmes féminins.


Jeudi 22 septembre 2011, 12h30 CMU – Auditoire A250

Prof. André Rougemont

Professeur ordinaire
Directeur de l’Institut de médecine sociale et préventive,
Département de santé et médecine communautaires - Faculté de médecine

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«La cécité des rivières - stratégies de lutte»

rougemont
Au début des années 70, afin d’éliminer une maladie qui rendait aveugle des millions d’êtres humains en Afrique subsaharienne, un programme de lutte dit OCP (Onchocerciasis Control Programme) visant la destruction des vecteurs de la maladie et basé sur l’épandage d’insecticides, a été mis en place par un Consortium d’Organisations internationales, principalement l’OMS et la Banque mondiale. Sans aucune intervention médicale, le succès fut immédiat : au bout de 15 ans, les moucherons responsables avaient disparu et l’on n’enregistrait plus aucun cas nouveau. L’apparition à la fin des années 80 d’un médicament distribué gratuitement aux populations exposées a représenté une modification radicale de la stratégie de lutte, abandonnant la destruction des vecteurs. L’auteur, impliqué dans le programme OCP durant 30 ans, considère que ce changement de stratégie est voué à l’échec. Pourquoi ?

Biographie :

Agrégé en maladies infectieuses et médecine tropicale à l’Université d’Aix-Marseille II après des études de médecine à Lausanne, le professeur André Rougemont a longuement séjourné dans divers pays d’Afrique de l’Ouest qui ont fait de lui un chercheur et épidémiologiste «de terrain», en particulier dans le domaine du paludisme. Médecin-chef du Programme de lutte contre la «cécité des rivières» (OCP) de l’OMS et de la Banque Mondiale, l’expert est ensuite appelé à Genève en 1979 pour y implanter un enseignement de médecine tropicale. Il y établit aussi les programmes de santé publique, ainsi que le programme d’action humanitaire HELP avec l’OMS et le CICR. Spécialiste en santé publique, il dirige depuis 1992 l’Institut de médecine sociale et préventive à Genève: une précieuse ressource pour les autorités locales et la cité. Délégué du rectorat aux relations internationales, André Rougemont est, par ailleurs, professeur associé à l’Université d’Hokkaido, Japon.


Jeudi 16 décembre 2010 / 12h30 CMU - Auditoire A250

Prof. Claes Wollheim
Professeur Honoraire - Département de Physiologie cellulaire et métabolisme

Never losing sight of the islets of Langerhans and their hormone secretion

wollhaim
The pancreatic islets lower blood glucose by secreting insulin from their beta cells and raise glycemia by releasing glucagon from their alpha cells. The mechanism of hormone secretion has been in the focus of Prof. Wollheim’s scientific interest for the past four decades. The main motivation was the ever increasing prevalence of type 2 diabetes, which is characterized by defective stimulation of insulin and blunted suppression of glucagon secretion by glucose. The intracellular signals implicated in the moment-to–moment regulation of insulin exocytosis by physiological regulators were defined. Glucose metabolism in the mitochondria was shown to generate ATP in both alpha and beta cells, which affects calcium concentrations in all functional intracellular compartments, notably in the mitochondria, where it acts as an important amplifying signal. Both in vitro and in vivo models of monogenic forms of diabetes could confirm the central role of the mitochondria in normal insulin secretion, possibly suggesting new directions for the treatment of this bihormonal disease.

Claes Wollheim a obtenu son doctorat en médecine en 1970, à l’Université de Lund en Suède. Après une année de formation clinique, il arrive à l’Université de Genève, l’un des grands centres mondiaux dans le domaine de la recherche sur le diabète. Il s’intéresse à la cellule bêta pancréatique et plus particulièrement à la régulation de la sécrétion de l’insuline et au rôle joué par le calcium. Jeune chercheur particulièrement talentueux, Claes Wollheim collabore et devient ami proche de nombreux visiteurs de l’Institut de Biochimie Clinique, parmi lesquels le prix Nobel Martin Rodbell. Il est nommé professeur adjoint en 1987 et professeur ordinaire en 1991 et reprend la direction de l’Institut de Biochimie Clinique en 1988. Sa carrière brillante s’enrichit encore de nombreux prix, parmi lesquels le très prestigieux Claude Bernard Medal de l’Association Européenne pour l’Etude du Diabète, et le fameux GB Morgagni Gold Medal de l’Université de Padoue. Comme tout grand scientifique, Claes Wollheim est aussi un mentor d’exception: il a formé à Genève de très nombreux chercheurs qui continuent à essaimer dans tous les coins du monde, et n’a jamais cessé de prodiguer généreusement ses conseils.


Jeudi 21 octobre à 11h15 - Auditoire de la Fondation Louis-Jeantet

Les limites imperceptibles entre illusion et réalité

Prof. Avinoam B. Safran
Département des Neurosciences cliniques
Médecin-chef du Service d’ophtalmologie des HUG

safran
L'information visuelle portée à l'oeil est traitée dans diverses structures du système visuel. Le sujet en prend connaissance sous une forme transformée, comportant un partie ajoutée, illusoire. Ce traitement permet souvent une meilleure compréhension de l'image. Il peut aussi être trompeur, d'autant que le sujet est inconscient de la nature illusoire de la fraction ajoutée. Chez le sujet atteint dans sa vision, le processus conduisant au développement d'illusions modifie sa perception du déficit. Les implications, à la fois immédiates et de portée philosophique, en sont considérables.

Le Professeur Avinoam Safran obtient en 1971 son diplôme de médecin à la Faculté de médecine de l'Université de Genève, puis se spécialise en ophtalmologie puis en neuro-ophtalmologie. Il est nommé professeur ordinaire en 1998. Au-delà de la mission fondamentale de la prise en charge des affections oculaires aux HUG, il a largement développé le domaine de la neuro-ophtalmologie, dont il a fait de Genève l'un des principaux centres au plan international. Professeur Avinoam Safran a assumé la présidence de l'International Society of Neuro-Ophthalmology, et la vice-présidence de l'European Association for Vision and Eye Research. Ses travaux ont porté sur la fonction visuelle et la plasticité cérébrale après lésions oculaires et des voies visuelles. Avinoam Safran a par ailleurs dirigé, en collaboration notamment avec les Professeurs José-Alain Sahel, de Paris, et Marco Pelizzone, des HUG, un projet de développement d'un implant rétinien, qui a conduit à la première implantation européenne d'un tel système, aux HUG en 2008.

Dans le cadre de la Journée scientifique en l’honneur des Professeurs Theodor Landis et Avinoam B.Safran VISUAL CONSCIOUSNESS organisée par les professeurs Christoph M. Michel et Armin Schnider, Département des Neurosciences cliniques.

Sur inscription auprès de
022 379 53 69
Fondation Louis-Jeantet Route de Florissant 77 - 1206 Genève
022 704 36 36

Jeudi 21 octobre à 10h15 - Auditoire de la Fondation Louis-Jeantet

L’énigme des cerveaux gauche et droit

Prof. Theodor Landis
Département des Neurosciences cliniques
Médecin-chef du Service de neurologie des HUG

landis
Suite à la déconnexion des hémisphères cérébraux, la spécialisation de chacun d'eux est mise davantage en évidence. Le langage pour l’hémisphère gauche, l’espace, la communication non-verbale et émotionnelle pour le côté droit. Toutefois, en observant un être sain chez lequel les hémisphères sont normalement connectés, cette spécialisation paraît moins nette, et en particulier chez les sujets de sexe féminin. Dans le cadre de cette leçon d’adieu, le Prof. Landis va tenter, à travers une revue de la littérature et certains résultats obtenus par son groupe de recherche, de trouver une explication à ce phénomène.

Theodor Landis a fait ses études de médecine à l’Université de Zurich, pour se diriger assez tôt vers la neurologie. Durant une vingtaine d’années, il a forgé sa connaissance en arpentant les couloirs des services de neurologie des hôpitaux cantonaux de Zurich et de Lausanne, du Queensquare de Londres ou du Centre d’Aphasie de Boston, acquérant une expérience multidisciplinaire en neuropsychologie, en neurologie clinique, en neurologie fondamentale et en étude du comportement. Nommé en 1994 Chef du Service de neurologie des Hôpitaux Universitaires de Genève et professeur ordinaire de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, il s’est fortement engagé dans la lutte contre des maladies dégénératives. Figure emblématique des neurosciences genevoises, Theodor Landis est passionné par les neurosciences cognitives et les liens entre les lésions cérébrales et un comportement «Emotion et spécialisation hémisphérique» ; il en a fait le sujet phare de ses travaux de recherche ces 30 dernières années.

Dans le cadre de la Journée scientifique en l’honneur des Professeurs Theodor Landis et Avinoam B.Safran VISUAL CONSCIOUSNESS organisée par les professeurs Christoph M. Michel et Armin Schnider, Département des Neurosciences cliniques.

Sur inscription auprès de
022 379 53 69
Fondation Louis-Jeantet Route de Florissant 77 - 1206 Genève

Jeudi 16 septembre 2010 à 12h30, CMU - Auditoire A 250

CANCER DU SEIN: GÈNES FRAGILES OU ENVIRONNEMENT HOSTILE ?

Prof. André-Pascal Sappino
Professeur ordinaire
Médecin-Chef du service d'oncologie des HUG

Innées ou acquises ? Les causes du cancer du sein semblent multiples: de nombreux suspects, dans nos gènes et dans notre environnement, sont souvent évoqués mais peu de coupables formels ont été à ce jour identifiés. A l'ère des modèles animaux transgéniques, les boîtes de Petri sont-elles obsolètes ou peuvent-elles encore contribuer à démasquer les responsables de ce que l'on considère comme une épidémie ? Nos plus récentes observations indiquent que ce vieil outil demeure d'actualité et qu'il pourrait nous aider à inculper certains agents présents dans notre environnement.

Pr André-Pascal Sappino

Portrait d'André-Pascal Sappino
André-Pascal Sappino, de nationalité suisse, est né en 1949. Il obtient son diplôme de médecin en 1975 à la Faculté de médecine de l’Université de Genève et gravit tous les échelons de la carrière hospitalo-universitaire. Titulaire des titres de médecin spécialiste FMH en médecine interne et en oncologie, il devient chef du Service d’oncologie le 1er octobre 1997 et est nommé professeur ordinaire en 2005.

Au-delà de la mission fondamentale de la prise en charge des patients souffrant de cancers, le professeur Sappino a développé aux HUG de nouvelles structures pluridisciplinaires qui, en dix ans, ont permis une augmentation significative des prestations: consultation d’oncologie sénologique pré-thérapeutique, consultation des lymphomes, consultation des métastases osseuses, consultation d’oncogénétique. Cette dernière unité est devenue le laboratoire national de référence pour la réalisation du dépistage génétique des prédispositions aux cancers du sein et de l’ovaire.

André-Pascal Sappino a par ailleurs intégré à l’expansion considérable de ses activités cliniques le développement de projets de recherche fondamentale, translationnelle et clinique, visant en particulier à promouvoir l’application clinique des innovations dans les domaines diagnostiques et thérapeutiques.

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