La moule quagga prolifère et transforme l'écosystème du lac Léman

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La moule quagga figure parmi les espèces invasives les plus redoutables de la planète. Elle se reproduit à une vitesse étonnante : une seule femelle produit jusqu’à un million d’œufs. Ces moules peuvent se reproduire toute l’année et frayer à des températures aussi basses que 5 °C. Certaines survivent jusqu’à 30 ans dans les profondeurs des lacs américains. En Suisse les moules quagga ont été détectées pour la première fois en 2014. La plus forte densité a été observée dans le lac Léman, avec une moyenne de 4'000 moules quagga par mètre carré sur l’ensemble du lac. Les mollusques ont atteint une profondeur record de 250 mètres, dans un milieu plongé dans l’obscurité la plus totale, quasiment dépourvu d’oxygène et où on trouve peu de formes de vie mis à part des microbes. La capacité des moules quagga à survivre là où d’autres espèces ne le peuvent pas explique leur prolifération incontrôlée dans le lac Léman, qui pourrait voir son écosystème profondément bouleversé.

Chaque moule peut filtrer jusqu’à deux litres d’eau par jour, se nourrissant principalement de phytoplancton, qui constitue la base de la chaîne alimentaire du lac. De minuscules créatures, comme les daphnies (de petits crustacés vivant en eau douce) se nourrissent de phytoplancton, et les poissons se nourrissent ensuite de ces daphnies. La disparition de la base de cette chaîne alimentaire a des répercussions en cascade sur l’ensemble du réseau trophique et peut avoir un impact sérieux sur les moyens de subsistance des pêcheurs professionnels travaillant sur le lac Léman. Interviewé par le journal The Guardian, le chercheur Bastiaan Ibelings estime qu’il est déjà trop tard pour le Léman. Professeur en écologie microbienne à l’Université de Genève, Bastiaan Ibelings pense en effet qu’il est improbable qu’on puisse revenir en arrière. Nous avons désormais affaire à un lac différent, et il faut s’efforcer de comprendre l’impact des moules quagga sur son écosystème.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article en anglais paru le 18 décembre 2025 dans The Guardian.
 

2 janv. 2026

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