Réparer plutôt que jeter et acheter du neuf à bas prix ?

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À l’approche des fêtes et du Black Friday, la tentation du neuf s’intensifie. Pourtant, un mouvement discret gagne du terrain : celui qui invite à faire durer ce que l’on a déjà. Dans les ateliers et les lieux d’entraide, des acteurs s’engagent pour une autre façon de consommer. C’est le cas notamment avec les repair cafés, des lieux où chacun peut réparer son objet cassé avec l’aide de bénévoles. Pour avoir le point de vue d’une chercheuse sur ce mouvement et les débats qu’il suscite concernant notre façon de consommer, Écho Magazine a interviewé Marlyne Sahakian, professeure associée en sociologie à l’Université de Genève et spécialiste de la consommation durable.

Pour Marlyne Sahakian, ces débats illustrent un changement profond : "Nous vivons dans une throwaway society – la société du tout-jetable. La réparation et le partage d’objets ont toujours existé. Mais l’obsolescence programmée et la culture du jetable les ont marginalisés. Aujourd’hui, on les redécouvre à travers les repair cafés, les bibliothèques d’objets ou les ateliers collaboratifs." Toutefois Marlyne Sahakian rappelle que les initiatives individuelles ne sont pas suffisantes : "On fait croire que les consommateurs peuvent, à eux seuls, changer le système. Or, les entreprises et les intermédiaires ont un rôle majeur à jouer."

Le rôle positif ou négatif que peuvent jouer les entreprises dans nos habitudes de consommation est illustré par les polémiques suscitées par une plateforme chinoise d’ultra fast-fashion. Malgré ces polémiques, dans le cas présent la demande est bien réelle. Plusieurs raisons expliquent que les consommateurs commandent des vêtements sur des plateformes en ligne chinoises : prix, tailles inclusives, accessibilité, tendances, renouvellement rapide... les motivations d’achat sont multiples.

Dans une interview pour le journal La Liberté, Marlyne Sahakian fait ce constat : "Les consommateurs sont aujourd’hui très éloignés des systèmes d’approvisionnement. Ils réfléchissent peu à ce qui arrive dans leurs assiettes ou dans leurs armoires, ni à ce qui se passe en amont, ni à la gestion des déchets en aval. Il y a là un grand travail de sensibilisation à mener." Mais la chercheuse rappelle ici aussi que "la responsabilité ne peut pas reposer sur l’individu seul : il s’agit d’un effort collectif".

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article "Réparer plutôt que jeter" paru le 20 novembre 2025 dans Écho Magazine (librement accessible en ligne), ainsi que l’article "Qui sont les clients suisses du géant chinois de l’ultra fast-fashion ?" publié le 18 novembre 2025 dans La Liberté (accès en ligne pour les personnes abonnées).
 

20 nov. 2025

Actualités 2025