
Anticiper et se préparer au futur du travail
Nous vivons une époque de transformations accélérées: technologies émergentes, transitions écologiques, évolutions réglementaires, instabilités politiques, etc. Le monde du travail n’est pas imperméable: il mute, évolue, se réinvente à un rythme sans précédent. Certains changements s'opèrent de manière progressive, d'autres surgissent brutalement, nécessitant de s'adapter rapidement, si ce n’est dans l'urgence. Face à cette réalité, comment faire avec et non faire face, et surtout comment se préparer au futur, à des métiers qui n'existent pas encore?
Les compétences transversales: le vrai défi
Au-delà des compétences techniques, ce sont les compétences transversales comme la résilience, l’adaptabilité, la gestion du changement, la collaboration, etc. qui s'imposent comme essentielles. Mais attention: ces «soft skills» ne doivent pas être enseignées de manière déconnectée de la réalité du travail, mais dans une approche par «compétences opérationnelles» qui intègrent simultanément dimensions techniques, méthodologiques et sociales.
Donner du sens: impliquer le métier
Former ne suffit pas si les travailleur/euses ne trouvent pas de sens aux transformations qu'ils et elles vivent. Comment alors éviter que les changements ne soient vécus comme des contraintes imposées? En donnant la parole aux concerné-es. Des ateliers prospectifs avec les infirmier-es, par exemple, leur permettent de se projeter dans l'avenir de leur métier, de discuter collectivement des évolutions souhaitables et de participer activement à la définition de leur travail futur. Cette co-construction crée du sens et de l'engagement.
Les formateur/trices, acteurs de l'anticipation
Enfin, repenser l'avenir des métiers implique aussi de repenser le rôle des formateurs et formatrices vers un rôle proactif et prospectif, capable d'anticiper les besoins, d'observer les situations de travail émergentes et de concevoir des dispositifs de formation agiles et pertinents.
La prospective comme outil collectif
La Fondation Nomads nourrit la réflexion grâce à des ateliers de prospective sur la mobilité, l'efficience énergétique et l'économie circulaire. En travaillant sur des scénarios à l'horizon 2030, les participant-es, issus de secteurs variés, identifient ensemble les métiers et les compétences d'avenir. Résultat? Des métiers «traditionnels» comme menuisier-e ou agriculteur/trice réapparaissent sous des formes totalement nouvelles, tandis que de nouveaux rôles émergent.
Focus sur quelques compétences transversales
Les compétences transversales (appelées "soft skills" en anglais) désignent l'ensemble des aptitudes qui ne sont pas liées à une profession ou un apprentissage spécifique, et qui peuvent être mobilisées dans différents contextes de vie, qu'ils soient professionnels, scolaires, familiaux ou sociaux. Contrairement aux compétences techniques ("hard skills"), elles touchent à des domaines variés tels que la communication, le travail d'équipe, la résolution de problèmes, la gestion de soi ou encore l'empathie. Ces compétences s'acquièrent et se développent tout au long de la vie, au gré des expériences personnelles et professionnelles de chacun-e. Transférables d'un domaine à l'autre, elles sont aujourd'hui reconnues comme essentielles pour s'adapter aux évolutions du monde du travail et de la société.