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Prof. Robert-Nicoud participe à une nouvelle étude qui analyse la manière dont les autoroutes façonnent la sociologie des villes

Des études ont montré que les populations augmentent lorsque les municipalités sont connectées au réseau autoroutier. Dans le prolongement de ce constat, une nouvelle recherche publiée dans The Economic Journal s'intéresse à l'évolution de la composition des ménages appartenant à différentes catégories de revenus qui sont induites par ces changements.

Chaque année, des milliards sont dépensés pour développer, entretenir et améliorer le réseau routier national suisse. Prof. Frédéric Robert-Nicoud de la GSEM et Prof. Raphaël Parchet de l'Università della Svizzera italiana, ont analysé empiriquement les effets de la construction du réseau routier suisse entre 1960 et 2010 sur la taille et la composition de la population des communes.

Pour étudier l'évolution de la composition de la population dans 2'480 communes suisses, les Profs. Robert-Nicoud et Parchet ont analysé quatre types de données pour la période : les données sur les contribuables pour diverses catégories de revenus, les recensements de la population, les données de l’Office fédéral des transports pour l’évolution du réseau autoroutier et l’enquête sur les dépenses des ménages.

Les résultats confirment les études réalisées pour d'autres pays ; l'accès à un réseau autoroutier entraîne une augmentation de la population des communes, et améliore l'accès à l'emploi, aux écoles, aux commerces, aux loisirs, aux amis et au cercle familial. Un effet indirect est l'augmentation des prix des terrains et de l’immobilier. Le poids de l’augmentation des prix du foncier repose disproportionnellement sur les ménages les plus pauvres, puisque ceux-ci dépensent environ 40% de leurs revenus pour se loger, contre 15% des revenus pour les ménages les plus aisés. L’accès autoroutier entraine ainsi des bénéfices directs conséquents pour les personnes aisées.

Une nouvelle constatation est que le nombre de ménages faisant partie des 10% les plus riches de la population augmente de 42%, alors que le nombre de ménages se situant endessous du revenu imposable médian – soit le 50% – n’augmente, lui, que de 5%

Le dernier constat de cette étude concerne l’empreinte physique des aires métropolitaines. Les villes s'étalent horizontalement car la nouvelle connexion au réseau autoroutier rend plus attractive la campagne proche, devenue plus accessible. À long terme, la population des centres urbains diminue de 29% et 18% des emplois sont finalement décentralisés.

L'étude soutient la conclusion de l'auteur selon laquelle les avantages de l'accès aux autoroutes profitent de manière disproportionnée aux catégories les plus aisées de la population, tandis que ses coûts affectent de manière disproportionnée les personnes à faibles revenus.


> Lien vers le communiqué de presse de l’Université de Genève.

2 novembre 2021
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