Bande dessinée

Fiche de Projet
Réalisé par : Juliet Fall
Contact : Juliet.Fall@unige.ch
Cours : Culture visuelle
Cursus : Master
Nombre d'étudiant-es : < 25
Innovations utilisées :
Faire réaliser une vidéo, un podcast
Problématique :
Faire créer
Faculté : SDS
Description du Projet
Situation de départ

Ce cours s’inscrit au croisement des études visuelles, de la géographie politique et de la géographie culturelle. Il propose de montrer comment la géographie politique du monde, à différentes échelles, est mise en scène et en images dans la culture populaire. À travers l’étude de supports comme la bande dessinée et le cinéma, les étudiant-es découvrent comment un espace, un processus ou un objet géographique est représenté. Auparavant, les étudiant-es travaillaient sur des bandes dessinées existantes (bandes dessinées reportage) mais l’enseignante considère que la meilleure des façons de comprendre un support est de l’expérimenter. Elle propose donc désormais aux étudiant-es que le rendu à réaliser pour ce cours soit sous forme de bande dessinée.


Mise en place et déroulement du projet

Ce cours se découpe en deux parties. Dans la première, les étudiant-es abordent le sujet sous l’angle du cinéma en pratiquant des analyses de films (voir projet correspondant). Dans la seconde partie, ils/elles apprennent à combiner texte et image pour mettre en scène leur expérience du monde.

Pendant la première séance, l’enseignante présente les concepts théoriques permettant de décortiquer ce qu’est une BD, faisant suite à la lecture préalable d’articles par les étudiant-es à la maison. Les deux séances suivantes sont animées par des professionnels : l’une par un ancien étudiant qui a fait son mémoire sous format BD et revient faire part de son expérience et l’autre par une chercheuse et artiste italienne qui a fait une thèse en géographie sur la BD. Lors de ces séances, hormis ces présentations de professionnels, les étudiant-es sont invité-es à se familiariser avec le dessin, à se débrider face à ce média d’expression inhabituel pour eux. L’enseignante en profite pour insister sur le fait que ce ne sont en aucun cas les compétences artistiques qui seront évaluées mais la capacité à s’approprier un nouveau média pour exercer et mettre en scène son regard individuel sur le monde.

Le projet se construit ensuite avec l’enseignante qui propose chaque année une thématique générale (p. ex., le thème du déplacement, du franchissement de frontières, etc.) et valide l’adéquation des propositions de projet, si possibles autobiographiques, des étudiant-es avec celle-ci. Par exemple, cette année une étudiante a choisi la thématique du confinement pour penser l’exploration, elle aborde le récit de la vie de sa mère qui a vécu la guerre au Liban en regard avec le confinement. L’étape suivante est d’explorer avec l’enseignante comment lier le sujet choisi avec des représentations visuelles ou des dessins. Les productions doivent combiner texte et image (bande dessinée, roman-photo, collage, etc.) d’au moins 5 pages au format A3. Ce rendu doit être accompagné d’un dossier de 2 pages réflexives sur l’exercice et présentant l’état de l’art, la méthodologie et la bibliographie de leur projet.

L’évaluation du cours porte pour moitié sur l’analyse de film effectuée en première partie de cours et pour autre moitié sur le travail individuel écrit ainsi que la BD produite. Les étudiant-es comprennent assez vite que l’évaluation de la seconde partie ne porte pas sur leurs traits artistiques mais bien sur leur capacité à jouer le jeu. L’enseignante évalue ainsi l’acquisition des outils pratiques/méthodologiques, la capacité à mobiliser de manière cohérente l’articulation entre textes/images et la réflexivité/pertinence des propos. Les étudiant-es ont à disposition la grille et les critères d'évaluation de la BD et du rendu écrit.


Retour et conseils sur la mise en place d'un tel projet

L’enseignante insiste sur le fait que dans un tel projet, il faut savoir s’entourer de professionnel-les crédibles et compétent-es et de bien identifier le rôle que l’on va soi-même jouer.

Elle souligne également qu’il est important de rassurer les étudiant-es sur le fait que leurs compétences artistiques ne sont pas l’enjeu, car souvent leur première réaction est d’affirmer qu’ils/elles ne savent pas dessiner. Quel que soit le média qu’ils/elles retiennent (dessin, photo, photo reportage), il est important qu’ils/elles se l’approprient. Il faut pour cela dédier des séances à la pratique et à l’appropriation du support.

Ce type de format permet aux étudiant-es peu habiles à l’écrit de s’exprimer et parfois se révéler grâce à un support différent. Outre les compétences techniques que les étudiant-es ne peuvent acquérir entièrement en 4 séances, ils/elles apprennent à travailler un visuel à travers un support particulier.

L’enseignante estime qu’il devient alors important de valoriser les productions des étudiant-es. S’ils/elles jouent bien le jeu, il faut faire l’effort de le valoriser. Elle aurait pour ce faire envie de publier un livre avec l’ensemble des travaux des étudiant-es des 2 années passées. Pour le moment, ceux de l’année 2016 ont été regroupés sous la forme d’une brochure universitaire.

L’enseignante rapporte qu’elle a récemment publié un article sous forme de BD, signe que la BD a toute sa place dans le monde scientifique. D’autre part, un de ses collègues a récemment rendu sa thèse sous format BD. 


Avis des étudiant-es

« Je trouve ce cours très intéressant. J’apprécie également travailler sur ma propre bande dessinée, ainsi que l’analyse du film d’exploration. »

« Le nombre restreint d’étudiants permet une réelle interaction et des échanges de qualité directement avec l’enseignant. »

« Une nouvelle approche des sciences sociales qui est intéressante et nécessaire, avec des moments dédiés à la pratique (ce qui est rare et précieux). »

Fichiers multimédias annexes
Espace Moodle du cours
Site gratuit d'aide à la création de bandes dessinées Lettre ouverte à Carl Vogt sous forme de bande dessinée