L’approche genre récompensée

En 1996, l’Université de Genève était une des toutes premières institutions francophones à proposer un cursus (DEA) en études genre. Attribué cette année à trois mémoires de bachelor, deux de master et un travail de séminaire, le prix Genre (doté de 450 francs) permet aujourd’hui d’ancrer cette thématique plus largement au sein de l’Université.
Le genre, qui désigne l’identité socialement construite autour des différences entre hommes et femmes, n’est en effet pas cantonné à une discipline précise et peut se décliner dans tous les domaines de recherche. Pour preuve, la commission de sélection, présidée par Lorena Parini, professeure à l’Institut des études genre (Sciences de la société), est composée d’enseignantes et de chercheuses issues de différentes facultés. La commission a traité plus de 30 dossiers de très bonne facture. Les problématiques étudiées allaient de l’homosexualité à l’identité de genre, en passant par le rôle des métiers pour l’émancipation des femmes, la carrière diplomatique ou encore les cérémonies japonaises destinées aux femmes qui ont fait une fausse couche.
Le genre n’est en effet pas cantonné à une discipline précise et peut se décliner dans tous les domaines de recherche
La question de l’homosexualité est notamment abordée par le mémoire de Bachelor en sociologie de Pauline Mamie, une des lauréates du prix. Son travail porte sur la gestion de l’identité sociale d’un homosexuel sur son lieu de travail. Intitulée Moi, j’ai voulu faire serveur, cette étude se présente d’abord sous la forme d’une vidéo de 40 minutes qui suit Frederick, jeune serveur de 21 ans dans un grand hôtel à Genève, dans sa vie professionnelle; le film intègre également quelques monologues du jeune homme et de ses collègues au sujet de son homosexualité.
Comme l’explique Pauline Mamie dans son travail, l’enjeu est d’étudier la question de l’identité (sociale), co-construite par une personne et son entourage dans un contexte donné, en l’occurrence celle de l’orientation sexuelle dans le milieu professionnel de la restauration.
Le prix Genre a également été attribué à Nicolas Charpentier (SDS): Trouble au guichet, Julie Eigenmann (Lettres): Les infirmières de la Croix-Rouge françaises dans la Grande Guerre: un rôle entre clichés et avant-garde, Ferdinando Miranda (SdS): Oliari, les enjeux normatifs et sociaux du mariage homosexuel en Europe, Barbara Nimo Garcia (Lettres): Ana Figueroa: du féminisme national chilien aux organisations internationales 1944-1967 et enfin à Cynthia Ruaud (Lettres): Mizuko Kuyo: une nouvelle perspective d’interprétation.
Jeudi 12 octobre
12h15-14h – Cérémonie de remise du prix Genre – Uni Dufour