27 novembre 2025 - Marco Cattaneo
De nouveaux outils au service de l’éthique de la recherche
L’éthique de la recherche est un pilier fondamental de l’excellence scientifique. L’Université de Genève a pris dans ce domaine des engagements forts, avec pour objectifs la transparence des collaborations, l’accessibilité des normes et outils pour les chercheuses et chercheurs, et le renforcement des contrôles éthiques et déontologiques. De nouvelles ressources permettent aujourd’hui d’encadrer plus efficacement les collaborations scientifiques et de fournir aux chercheuses et chercheurs les moyens d’identifier les risques potentiels associés à leurs projets.

Dans la recherche, le risque de double usage (dual-use) fait référence aux résultats pouvant être utilisés à des fins civiles bénéfiques mais aussi à des fins militaires. Si elles ne sont pas interdites, ces recherches soulèvent des enjeux éthiques importants. Afin de prévenir de potentielles dérives, les chercheur-es doivent adopter une approche consciente et critique. Image: DR
«Ces outils traduisent une volonté forte du Rectorat, explique Sébastien Castelltort, vice-Recteur en charge de la recherche et de la durabilité. Ils soutiennent le travail scientifique en permettant d’examiner les projets à la lumière de nos exigences éthiques et offrent par ailleurs une meilleure visibilité aux membres de la communauté universitaire et au public intéressé.»
Le premier volet, dédié aux Collaborations internationales de l’UNIGE, a été développé rapidement et mis en ligne dès le mois de juin 2024. Il propose une cartographie détaillée des partenariats de l’Université: collaborations institutionnelles par pays, projets soutenus par le FNS ou la Commission européenne, réseaux académiques, accords de mobilité, ainsi que dons, legs et subsides.
Comprendre et évaluer les risques éthiques
Le second volet, Éthique de la recherche, se concentre sur les différents types de risques éthiques pouvant affecter une recherche scientifique. Achevé au printemps 2025, il fournit des explications concrètes pour chaque catégorie de risque: enjeux politiques et juridiques, impacts environnementaux, risques liés au double usage, recherche sur l’être humain, intégrité scientifique ou expérimentation animale. Pour chaque catégorie, il propose également des ressources complémentaires et des contacts, afin d’aider les chercheuses et chercheurs à identifier rapidement les aspects sensibles et à solliciter les services compétents.
Enfin, l’Université a lancé un formulaire de déclaration des risques éthiques afin que chaque projet intègre ces enjeux dès le départ. Il permet aux chercheuses et chercheurs d’identifier et de déclarer les aspects sensibles de leurs travaux, dans le cadre d’une procédure claire et harmonisée au sein de l’UNIGE, opérationnelle dès à présent. Le processus permet en outre de diriger les chercheuses et chercheurs vers les instances pertinentes afin de garantir la conformité et prévenir les problèmes potentiels tels que les atteintes physiques, psychiques ou sociales, la protection de la vie privée et des données des participant-es, ou encore les risques de double usage ou pour l’environnement.
Les directives encadrant la conclusion des accords de collaboration (0283) et l’acceptation des dons, legs et subsides (0217) ont été mises à jour pour refléter cette nouvelle démarche. Une fois complété, le formulaire génère automatiquement une attestation réutilisable pour les démarches suivantes, y compris celles liées au financement.
«Ce formulaire complète et rappelle la Charte d’éthique et de déontologie, que tout membre de l’UNIGE s’engage à respecter, souligne Sébastien Castelltort. Il aide chacun et chacune à mesurer les implications éthiques d’un projet et à assumer la responsabilité qui y est associée.»
Mis en place de manière coordonnée, ces trois dispositifs constituent une réponse claire et ambitieuse aux défis contemporains de la recherche. Ils représentent une première étape, appelée à évoluer au rythme des besoins de la communauté académique et des enjeux émergents.