Diabète et maladies nontransmissibles systèmes de santé et accès
Diabète de type 1
Comprendre le diabète de type 1 (DT1) : causes et conséquences
Le diabète de type 1 (DT1) est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque par erreur les cellules bêta du pancréas, responsables de la production d’insuline. Sans insuline, hormone essentielle au transport du sucre du sang vers les cellules de l’organisme pour fournir de l’énergie, le corps ne peut plus réguler correctement la glycémie. Les personnes vivant avec un DT1 doivent donc recourir à une insulinothérapie à vie pour survivre.
Bien que toute personne puisse développer un DT1, certains facteurs génétiques augmentent le risque, et le fait d’avoir un·e proche atteint·e de la maladie accroît légèrement la probabilité. Le dépistage des apparenté·es de personnes vivant avec un DT1, par la recherche d’auto-anticorps liés au diabète, peut permettre d’identifier celles et ceux qui sont plus susceptibles de développer la maladie, en particulier si plusieurs auto-anticorps sont présents.
La cause exacte du DT1 n’est pas encore totalement comprise, mais la recherche suggère qu’une combinaison de prédisposition génétique et de déclencheurs environnementaux, tels que certaines infections virales, peut initier l’attaque auto-immune. Le DT1 apparaît souvent de manière soudaine durant l’enfance ou au début de l’âge adulte, avec des symptômes tels qu’une envie fréquente d’uriner, une soif excessive ou une perte de poids inexpliquée. Chez l’adulte, l’apparition peut être plus progressive. Sans diagnostic ni traitement, la maladie peut évoluer vers une acidocétose diabétique, une urgence médicale grave et potentiellement mortelle. À long terme, une glycémie mal contrôlée peut endommager les vaisseaux sanguins, les nerfs, les yeux, les reins et le cœur.
La prise en charge du DT1 repose sur une insulinothérapie quotidienne, un suivi régulier de la glycémie et des choix de vie favorables à la santé. Certain·es patient·es connaissent une courte « lune de miel » après le diagnostic, période pendant laquelle le pancréas continue à produire un peu d’insuline, facilitant ainsi le contrôle de la glycémie. Cette phase dure en général quelques semaines ou mois, mais cesse ensuite. L’un des risques majeurs liés au DT1 est l’hypoglycémie, soit une chute trop importante du taux de sucre dans le sang, pouvant entraîner confusion, convulsions, voire perte de connaissance si elle n’est pas traitée rapidement.
La charge mondiale du diabète de type 1
Selon la Fédération internationale du diabète, on estimait qu’en 2024, 9,2 millions de personnes dans le monde vivaient avec un DT1, dont 1,8 million de moins de 20 ans. Ce nombre devrait atteindre 14,7 millions d’ici 2040. Comme la maladie débute souvent dès l’enfance, les personnes concernées vivent avec elle pendant plusieurs décennies, gérant quotidiennement l’administration d’insuline, les contrôles de glycémie et les ajustements du mode de vie. Cette gestion de long terme engendre des défis émotionnels, physiques et financiers, tant pour les individus que pour leurs familles. Dans les régions disposant de ressources limitées, le manque d’accès à l’insuline, aux dispositifs de suivi continu de la glycémie et à l’éducation thérapeutique en diabétologie aggrave encore cette charge, entraînant des issues de santé plus défavorables.
Traitements actuels et perspectives d’avenir
À ce jour, il n’existe pas de guérison du DT1 et la maladie ne peut pas être prévenue. Le traitement repose exclusivement sur le remplacement de l’insuline manquante, administrée par injections quotidiennes multiples ou par pompe à insuline, souvent en lien avec une surveillance continue de la glycémie. Une prise en charge efficace nécessite également un suivi multidisciplinaire, incluant l’éducation thérapeutique, le conseil nutritionnel, le soutien en santé mentale ainsi qu’un dépistage régulier des complications.
De nouvelles thérapies modifiant l’évolution de la maladie commencent toutefois à émerger. En 2022, l’autorité sanitaire américaine (FDA) a approuvé le Teplizumab, une immunothérapie permettant de retarder l’apparition du DT1 chez les personnes à haut risque. Ce traitement agit en modulant l’activité des cellules immunitaires afin de protéger plus longtemps les cellules bêta restantes du pancréas, réduisant ainsi les besoins en insuline et ralentissant la progression de la maladie. Des recherches explorent également le rôle des cellules alpha, qui produisent le glucagon, hormone augmentant la glycémie. Dans le DT1, leur fonctionnement est souvent altéré, ce qui accroît le risque d’hypoglycémies sévères. Restaurer une fonction normale de ces cellules pourrait donc constituer une protection supplémentaire.
Pour certaines personnes dont le DT1 est particulièrement difficile à contrôler, la transplantation d’îlots pancréatiques issus de donneurs décédés représente une option. Ces îlots sont implantés dans le foie de la personne receveuse, améliorant ainsi le contrôle glycémique et réduisant les hypoglycémies sévères. Toutefois, le nombre d’îlots disponibles reste limité, et les receveur·euses doivent prendre des immunosuppresseurs à vie pour éviter le rejet.
Parallèlement, les approches régénératives suscitent un intérêt croissant. Elles visent à restaurer la production d’insuline, notamment par la transplantation d’îlots dérivés de cellules souches, capables de produire de nouvelles cellules bêta. Plusieurs de ces thérapies sont actuellement testées dans des essais cliniques, constituant une étape importante vers leur future disponibilité. Une autre piste expérimentale est le reprogrammation cellulaire, qui consiste à transformer d’autres cellules pancréatiques, comme les cellules alpha, en cellules bêta fonctionnelles. Bien que ces approches en soient encore à un stade expérimental, elles ouvrent des perspectives encourageantes pour dépasser la nécessité d’un traitement substitutif permanent à l’insuline.
Vers une nouvelle ère de la prise en charge du DT1
L’avenir des soins dans le diabète de type 1 réside dans une détection plus précoce, des interventions ciblées et des stratégies régénératives qui pourraient, un jour, permettre aux personnes vivant avec un DT1 de se libérer de la dépendance quotidienne à l’insuline, tout en réduisant les risques liés aux hyperglycémies et hypoglycémies sévères.