Conversations libres avec Jean Piaget ()
DixiĂšme entretien.
La phénocopie
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Un jour, les phénomÚnes de la pensée apparaßtront homologues aux phénomÚnes de la vie.
Engels
Jean-Claude Bringuier. â Au fond il y a un mot qui recouvre toute votre entreprise, vous lâavez employĂ© une fois devant moi, câest le mot constructivisme.
Jean Piaget. â Oui, câest ça. Câest ça exactement. La connaissance nâest ni une copie de lâobjet ni une prise de conscience de formes a priori qui soient prĂ©dĂ©terminĂ©es dans le sujet, câest une construction perpĂ©tuelle par Ă©changes entre lâorganisme et le milieu au point de vue biologique et entre la pensĂ©e et lâobjet au point de vue cognitif.
J.-Cl. B. â Vous venez de prononcer le mot biologie. Vous ĂȘtes revenu Ă la biologie ?
J. P. â Ah je nây suis pas revenu, je ne lâai jamais quittĂ©e.
J.-Cl. B. â Enfin cela fait partie des travauxâŠ
J. P. â Ah oui, mais jâai trouvĂ© des faits nouveaux. (Silence. Il cherche la meilleure façon dâexposer cela.) Le grand problĂšme de la connaissance puisquâelle nâest pas une copie du rĂ©el, une copie des objets, câest la façon dont elle reconstruit le rĂ©el. Autrement dit il faut connaĂźtre le rĂ©el, bien entendu, mais le redĂ©duire par dĂ©duction et construction endogĂšne. Alors, en biologie, le gros problĂšme câest le rapport entre lâorganisme et le milieu, rapport qui Ă©tait simple pour Lamarck, puisquâil croyait Ă lâhĂ©rĂ©ditĂ© de lâacquis, lâacquis se faisant en fonction du milieu.
J.-Cl. B. â On y a renoncĂ©.
J. P. â  Bien, du moment quâon nâa rien trouvĂ© pour confirmer lâhĂ©rĂ©ditĂ© de lâacquis, on expliquait tout dans le nĂ©o-darwinisme par des variations alĂ©atoires, des mutations fortuites, etc., et puis sĂ©lection aprĂšs coup, comme si ces sĂ©lections successives suffisaient pour expliquer une adĂ©quation prĂ©cise au milieu.
J.-Cl. B. â Et cela ne vous satisfait pas.
J. P. â  Dâabord lâĂ©quivalent au point de vue psychologique me paraĂźt incomprĂ©hensible. Ăa reviendrait Ă dire que toute connaissance a un point de dĂ©part alĂ©atoire et que notre science serait le fruit dâune sĂ©rie de coups de hasard sĂ©lectionnĂ©s aprĂšs coup en retenant ce qui a rĂ©ussi et en Ă©liminant le reste, cela enlĂšve toute espĂšce de nĂ©cessitĂ© intrinsĂšque Ă la connaissance. Et par consĂ©quent, au point de vue de la connaissance humaine et de la thĂ©orie de la connaissance qui est mon intĂ©rĂȘt principal, mais mĂȘme du point de vue de la connaissance animale, câest-Ă -dire du comportement cela me paraĂźt une explication trĂšs insuffisante.
J.-Cl. B. â Alors ?
J. P. â  On a mis en Ă©vidence, dans certains cas, ce que Waddington a appelĂ© lâassimilation gĂ©nĂ©tique, que dâautres appellent la phĂ©nocopie, câest-Ă -dire le remplacement dâune variation qui commence par ĂȘtre non hĂ©rĂ©ditaire, par ĂȘtre phĂ©notypique, comme on dit, remplacement par une variation gĂ©notypique, câest-Ă -dire hĂ©rĂ©ditaire.
J.-Cl. B. â Ne me dites pas que vous avez retravaillĂ© sur les LimnĂ©es⊠cinquante ans aprĂšs !
J. P. â  Mon intĂ©rĂȘt pour les LimnĂ©es a Ă©tĂ© renouvelĂ© parce que jâai eu le bonheur en ouvrant le dernier livre de Waddington quâil avait eu la bontĂ© de mâenvoyer, hĂ©las peu avant sa mort, et qui sâintitule LâĂ©volution dâun Ă©volutionniste, de trouver tout un chapitre sur mes LimnĂ©es, et Waddington donne cette observation comme le cas le plus sĂ»r de ce quâil appelle lâassimilation gĂ©nĂ©tique, en nature. On la connaĂźt bien en laboratoire, mais lĂ en nature. En gros nâest-ce pas, il sâagit dâune espĂšce qui dans les eaux stagnantes est allongĂ©e et qui dans les eaux agitĂ©es des grands lacs est contractĂ©e parce que, Ă chaque secousse, Ă chaque vague, lâanimal sâapplique contre les roches, ce qui agrandit lâouverture comme dans la croissance, et en mĂȘme temps tire sur le muscle qui est fixĂ© Ă la spire ce qui raccourcit la spire par rapport aux formes des marais. Alors ces formes lacustris, comme on les a appelĂ©es, peuvent ĂȘtre seulement phĂ©notypiques, câest-Ă -dire que si vous les ramenez en aquarium les descendants sont allongĂ©s comme les formes des marais, mais dâautres, dans les eaux agitĂ©es des grands lacs, LĂ©man, NeuchĂątel et le Boden, sont fixĂ©es. Quand vous les Ă©levez en aquarium elles gardent leur forme contractĂ©e, quand vous les mettez dans une mare comme je lâai fait sur le plateau vaudois, elles gardent leur forme contractĂ©e. VoilĂ un cas type oĂč une forme phĂ©notypique ne se constituant que dans certains milieux trĂšs dĂ©terminĂ©s comme lâeau agitĂ©e des grands lacs, a Ă©tĂ© remplacĂ©e par un gĂ©notype de mĂȘme forme. Mais ce que jâai surtout Ă©tudiĂ© ce sont les SĂ©dums pour y trouverâŠ
J.-Cl. B. â Les plantes du jardin.
J. P. â  âŠÂ des cas de phĂ©nocopie au sens oĂč je le disais tout Ă lâheure. Pour prendre un exemple simple : une espĂšce commune de sĂ©dums quand elle atteint lâaltitude dâenviron 1900 ou 2000 mĂštres, se prĂ©sente sous une forme trĂšs petite, une forme naine. Mais qui nâest pas hĂ©rĂ©ditaire. Quand on la ramĂšne en plaine elle reprend sa taille normale. Sauf sur deux ou trois sommets oĂč alors la variĂ©tĂ© petite paraĂźt fixĂ©e et stable, et quand on la ramĂšne en plaine, et jâen cultive ici depuis des annĂ©es, elle a conservĂ© sa forme dâaltitude. EntiĂšrement.
J.-Cl. B. â Mais nâest-ce pas un bouleversement dans la tradition biologique ? Câest lâhĂ©rĂ©ditĂ© des caractĂšres acquis qui rĂ©apparaĂźt.
J. P. â  Non, mais alors attendez, cela dĂ©pend comment on lâexplique. Si vous lâexpliquez par une action directe du milieu sur le gĂ©nomeâŠ
J.-Cl. B. â Câest du nĂ©o-lamarckisme !
J. P. â  Bien entendu câest du lamarckisme et un point câest tout. Mais si vous lâexpliquez comme Waddington avec son assimilation gĂ©nĂ©tique, ou comme je vais essayer de le faire avec la phĂ©nocopie, câest une reconstruction par sĂ©lection, mais sĂ©lection qui Ă mon sens est imposĂ©e par le milieu interne. Le phĂ©notype en altitude, nâest-ce pasâŠ
J.-Cl. B. â RedĂ©finissons le phĂ©notype.
J. P. â  Le phĂ©notype câest la variation non hĂ©rĂ©ditaire. Câest la variation telle quâelle apparaĂźt dans un certain milieu, et peut changer si on change de milieu. Alors le phĂ©notype nâagit pas directement sur le gĂ©nome, loin de lĂ , mais il agit sur le milieu intĂ©rieur. Pendant la croissance, nâest-ce pas, le milieu intĂ©rieur et le milieu Ă©pigĂ©nĂ©tique comme on dit, câest-Ă -dire tout ce qui est, les Ă©tapes successives de la croissanceâŠ
J.-Cl. B. â Le milieu cellulaire.
J. P. â  Oui, pas seulement cellulaire, tout lâorganisme est modifiĂ© par le phĂ©notype. Alors sâil y a eu dĂ©sĂ©quilibre, si ce milieu intĂ©rieur est trop perturbĂ© et que cela finit par sensibiliser les gĂšnes rĂ©gulateurs, de nouvelles variations se produisent, gĂ©nĂ©tiques, câest-Ă -dire produites par le gĂ©nome.
J.-Cl. B. â Parce que le gĂšne lui-mĂȘme est transformé ?
J. P. â Non, parce quâil est simplement renseignĂ© sur le fait que quelque chose ne marche pas. Ce nâest pas une transmission sous forme dâun message comme le pensait Lamarck, le gĂ©nome nâest pas informĂ© sur ce qui se passe dans le soma et surtout pas dans le milieu extĂ©rieur. Mais sâil y a dĂ©sĂ©quilibre, ce dĂ©sĂ©quilibre de proche en proche peut produire des variations nouvelles et ces variations alors seront sĂ©lectionnĂ©es par le milieu intĂ©rieur modifiĂ© par le phĂ©notype. Câest encore de la sĂ©lection, mais ce nâest pas la sĂ©lection au sens grossier de la survie dans le milieu extĂ©rieur. Câest une adĂ©quation Ă un milieu intĂ©rieur qui est devenu un nouveau cadre et auquel les variations hĂ©rĂ©ditaires doivent sâadapter par sĂ©lection interne.
J.-Cl. B. â Mais alors cette adĂ©quation, câest une sorte de progrĂšs biologique. Câest presque une finalitĂ©.
J. P. â  Une finalitĂ©, bien sĂ»r, au sens de la tĂ©lĂ©onomie de Monod, au sens oĂč tout le systĂšme Ă©pigĂ©nĂ©tique est conditionnĂ© par un programme. Bien entendu ce programme est tĂ©lĂ©onomique, mais ce qui est intĂ©ressant câest la reconstruction endogĂšne dans un cadre imposĂ© par la variation phĂ©notypique. Ce nâest pas une action directe du milieu sur le gĂ©nome.
J.-Cl. B. â Câest une reconsidĂ©ration parâŠ
J. P. Reconstruction. Et alors vous voyez tout de suite le parallĂ©lisme complet avec ce que je soutiens sur le terrain du dĂ©veloppement cognitif, enfin toute connaissance, tout progrĂšs de notre intelligence, toute transformation de lâintelligence, câest toujours une reconstruction endogĂšne de donnĂ©es exogĂšnes fournies par lâexpĂ©rience.
J.-Cl. B. â Câest toujours ce qui frappe chez vous, ce besoin permanent de cohĂ©rence, de relier Ă mesure les choses entre elles dâune façon quasiâŠ
J. P. â  Si dans la vie on a Ă©tĂ© dâabord biologiste et ensuite Ă©pistĂ©mologiste, il nây a pas de raison de ne pas ĂȘtre cohĂ©rent. Ce ne sont pas deux tiroirs. Ce sont les mĂȘmes problĂšmes. Lâintelligence est une adaptation au milieu extĂ©rieur comme toute adaptation biologique.
J.-Cl. B. â Est-ce une cohĂ©rence qui fait place au dĂ©sordre ? vous savez câest une chose que lâon dit aujourdâhui, en cybernĂ©tique, en informatique : on parle du dĂ©sordre, du dĂ©sordre comme terrain productif, dâune façon triviale, dans le marketing il y a le brainstorming⊠Est-ce quâil y a place dans votre pensĂ©e pour le dĂ©sordre en libertĂ©, pour la pensĂ©e vagabonde, vous voyez ce que je veux dire ?
J. P. â  Oui, je vois Ă peu prĂšs. Mais ce nâest pas le mot dĂ©sordre que jâemploierais, mais plutĂŽt lacune, et contradiction possible. Sâil y avait deux systĂšmes complĂštement hĂ©tĂ©rogĂšnes entre un dĂ©veloppement biologique dâun cĂŽtĂ© et un dĂ©veloppement cognitif de lâautre, lĂ je sentirais un dĂ©sordre insurmontable. Câest pour Ă©viter ce genre dâincohĂ©rence que je cherche toujours des liens entre des disciplines voisines ou diffĂ©rentes.
J.-Cl. B. â Et ceci est sans fin ?
J. P. â  Ăvidemment.
J.-Cl. B. â Il y a une chose que vous avez Ă©voquĂ©e un jour devant moi, câest lâapprentissage du petit chat, qui va plus vite que le bĂ©bĂ© au dĂ©but, et ensuite qui sâarrĂȘte, donc cela ne lui sert Ă rien dâaller plus vite.
J. P. â  Oui.
J.-Cl. B. â Ainsi, nous, nous faisons lâapprentissage de la vie et des connaissances trĂšs longtemps. Est-ce que nous le faisons jusquâau bout ? Est-ce que nous sommes dâune façon permanente et jusquâĂ la mort des systĂšmes ouverts ?
J. P. â Câest lâidĂ©al que personnellement je cherche Ă atteindre. Câest de rester enfant jusquâĂ la fin. Lâenfance est la phase crĂ©atrice par excellence !
J.-Cl. B. â On dit, câest une idĂ©e voisine, que lâhomme naĂźt plus « imparfait » que le singe par exemple⊠LĂ aussi, câest sans doute ce qui lui permet dâaller plus loin ?⊠Est-ce quâil y a en lâhomme une brĂšche constitutive ?
J. P. â Commentez, je comprends mal.
J.-Cl. B. â Une brĂšche, câest-Ă -dire ce qui lui permet justement de se rééquilibrer sans cesse comme vous le dites.
J. P. â  Ah oui. Ăa bien sĂ»r.
J. Cl. B. â Quelque chose en lui dâouvert, en permanence.
J. P. â Mais nâimporte quel fait nouveau quâon trouve dans un domaine, naturellement, on va se demander si cela a des rĂ©percussions dans les domaines voisins. Si câest cela que vous appelez la brĂšche, et que moi jâappelle la lacune, Ă©videmment on procĂšde ainsi.
J.-Cl. B. â Et dâailleurs, est-ce que ce nâest pas toujours ainsi que les sciences avancent ? En intĂ©grant des phĂ©nomĂšnes marginaux, peu connus, alĂ©atoiresâŠ
J. P. â  Bien entendu câest au moment oĂč on a le courage de voir ce qui ne marchait pas quâon fait du neuf.
J.-Cl. B. â Et pour cela, est-ce que lâon a besoin que quelquâun vous dise : « tu te trompes » ou est-ce que câest en soi ?
J. P. â  Pas toujours. En gĂ©nĂ©ral câest utile dâavoir un contradicteur, mais si on est honnĂȘte, on y arrive tout seul.
J.-Cl. B. â Est-ce que cela vous sert, la contradiction ? Ă vous ? Je nâai pas lâimpression beaucoup, si ?
J. P. â Je passe pour lâauteur le plus systĂ©matique⊠qui a toujours, en avançant quelque chose, pris ses prĂ©cautions pour ne pas ĂȘtre contredit dans la suite.
J.-Cl. B. â Quâest-ce que vous pensez de cette opinion-lĂ Â ?
J. P. â  Elle est juste.
J.-Cl. B. â Alors vous ne bĂ©nĂ©ficiez pas de ceâŠ
J. P. â  Les contradictions possibles et latentes je les vois bien mais je les garde pour moi.
J.-Cl. B. â Et vous les rĂ©servez pour la suiteâŠ
J. P. â  Ah, je mâen sers⊠(Rires.)
J.-Cl. B. â Je repense Ă cette façon que vous avez de revenir imperturbablement sur des terrains dĂ©jĂ prospectĂ©s autrefois par vous ou par dâautres.
J. P. â  Tourner tout le temps dans le mĂȘme rond ?
J.-Cl. B. â Oui, enfin pas seulement⊠revenir Ă des niveaux diffĂ©rents sur le mĂȘme intĂ©rĂȘt. Le comportement par exemple. Câest un mot, câest une idĂ©e qui est en vous depuis le dĂ©but⊠Cellerier dit : « Dans toute la thĂ©orie, au fond, câest le comportement qui mĂšne le trainâŠÂ »
J. P. â Ah, jâai Ă©crit tout rĂ©cemment un petit ouvrage qui soutient une thĂšse qui paraĂźtra peut-ĂȘtre farfelue Ă la majoritĂ© des biologistes, mais Ă laquelle je crois dur, câest que le moteur principal de lâĂ©volution câest le comportement 1.
J.-Cl. B. â Et pas quoi ?
J. P. â Pas des transformations physico-chimiques au niveau de la biochimie. Comme lâa dit trĂšs justement Monod, nâest-ce pas, la propriĂ©tĂ© fondamentale de lâorganisme en tant que physiologie câest la conservation et la variation nâest quâune entorse, un ratĂ© pour ainsi dire du mĂ©canisme conservateur. Bien, cela me paraĂźt trĂšs vrai pour ce qui est du niveau physiologique Ă©lĂ©mentaire de lâorganisme, aucune raison pour quâil varie sâil est adaptĂ©. Tandis que le comportement vise constamment Ă des dĂ©passements. Les deux buts du comportement, lĂ on peut carrĂ©ment parler de buts puisque tout comportement poursuit une fin nâest-ce pasâŠ
J.-Cl. B. â Câest lâintĂ©rĂȘt Ă vivre.
J. P. â Les deux buts du comportement sont : 1) extension du milieu, avoir un milieu plus large que le milieu immĂ©diat et ceci pour toutes sortes de raisons, ne serait-ce que par prĂ©caution, voir plus loin sâil y a des ennemis possiblesâŠ
J.-Cl. B. â Stocker des rĂ©serves.
J. P. â  Stocker des rĂ©serves, etc. Câest : 1) lâextension du milieu et ; 2) lâaugmentation, lâaccroissement des pouvoirs de lâorganisme sur le milieu. Accroissement des pouvoirs qui vontâŠ
J.-Cl. B. â La prĂ©dation.
J. P. â  Oui, prĂ©dation, la locomotion, tout ce que vous voulez. Et alors un argument entre autres qui me paraĂźt frappant, câest quâil existe un comportement vĂ©gĂ©tal. Il y a des fleurs qui se tournent du cĂŽtĂ© du soleil, etc. Mais les vĂ©gĂ©taux nâont pas de locomotion et nâagissent pas sur le milieu comme lâanimal pour dĂ©placer un objet. Autrement dit un comportement extrĂȘmement limitĂ©. Or, il me semble que comparĂ© Ă lâĂ©volution animale, lâĂ©volution vĂ©gĂ©tale est bien moindre. Il y a beaucoup moins de diffĂ©rences entre une mousse et un orchis quâentre un ver de terre et un chimpanzĂ©.
J.-Cl. B. â Câest donc la richesse des comportements possibles qui a hĂątĂ© lâĂ©volution ?
J. P. â  Possibles et pratiquĂ©s ! Oui, câest cela.