Est-il possible de prévoir les éruptions volcaniques ?

eruption.jpgÉruption volcanique de La Palma (photo : Costanza Bonadonna, 2021)

L’éruption de La Palma en 2021, principalement effusive et d’une durée de 85 jours, a détruit plus de 1'000 hectares de terres, enseveli près de 3'000 bâtiments, provoqué l’évacuation de plus de 7'000 personnes et causé d’importants dégâts économiques et sociaux dans l’île. La volcanologue Costanza Bonadonna, qui a consacré sa vie à faciliter la coexistence avec les volcans, a bien étudié cette éruption. Elle est actuellement Doyenne de la Faculté des sciences de l’Université de Genève, professeure au Département des sciences de la Terre, responsable du Certificat de spécialisation en évaluation et management des risques géologiques et risques liés au climat (CERG-C) et présidente de l’association internationale de volcanologie IAVCEI.

Dans le cadre du Festival STARMUS dédié à la communication scientifique qui a eu lieu cette année à La Palma, Costanza Bonadonna a été interviewée par le journal espagnol El Mundo, qui lui a posé plusieurs questions concernant les éruptions volcaniques. Lors de l’interview on lui a notamment demandé si grâce à la surveillance de l’activité des volcans, à laquelle on a de plus en plus recours et qui dispose de davantage d’instruments de surveillance, il sera possible d’améliorer la prévision des éruptions et de les prévoir des heures ou même des jours à l'avance.

À cette question Costanza Bonadonna répond que cela dépend du volcan : "Les volcans à conduit éruptif fermé sont plus faciles à prévoir, car il y a davantage de signaux précurseurs pouvant être surveillés, tels que la déformation de la structure (pour permettre au magma de remonter à la surface) ; les tremblements de terre (fracturation des roches) ; et les gaz libérés (dont la composition varie). Les volcans à conduit éruptif ouvert, comme l’Etna, posent plus de difficultés. Une surveillance plus adaptée est désormais mise en œuvre pour les volcans à conduit éruptif ouvert, par exemple la surveillance acoustique, qui permet de prédire une émission de lave 20 à 30 minutes à l’avance. Malheureusement, il y a aussi des éruptions qui surviennent sans beaucoup de signaux précurseurs, et dans ce cas la gestion de crise et l’évacuation des populations sont plus difficiles."

L’interview (en espagnol) a été publiée le 1er août 2025 dans le journal El Mundo.
 

7 août 2025

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