2026

En 2026, nous avons travaillé 5 semaines (du 3 janvier au 5 février), avec une équipe agrandie: en plus des membres présents l'année dernière (voir le post de 2025 dans "Blog"), nous avons accueilli deux archéologues-égyptologues (Lea Rees et Rim Saleh), une nouvelle étudiante (Marie Joly), un 2e architecte (Christian Ubertini) et une photographe (Chloé Cohen). Il a également fallu recruter plus d'ouvriers locaux que l'année dernière ainsi que des ouvriers spécialisés supplémentaires (venant de Saqqara et de Quft; pour en savoir plus sur eux, allez lire le post de la campagne 2026 sous l'onglet "blog"). 

Hou fouille et gens (96).jpgLe travail s'est poursuivi dans la zone du souq, au centre de la petite ville de Hou, là où se trouve un grand mur constitué de blocs de remploi provenant de divers sanctuaires d'époque ptolémaïque et romaine, ainsi que dans le fort au sud de Hou, fouillé brièvement par l'archéologue britannique William M. Fl. Petrie en 1899. 

Au souq, sous la supervision de l'architecte Matthieu Götz, le mur a commencé à être démantelé (après avoir été dûment documenté l'année dernière) afin de pouvoir étudier toutes les faces des blocs et mieux comprendre leur disposition originale au sein d'une maçonnerie. Quelques faces décorées, inconnues jusqu'à présent, ont également été mises au jour. Les blocs décorés ont été déplacés sur des banquettes (mastaba) afin de les mettre à l'abri des remontées salines. Certains d'entre eux, particulièrement fragilisés par des années d'exposition dans un milieu relativement hostile (dépôts d'ordures, place de jeux pour les enfants de Hou, etc.), ont été nettoyés et consolidés par notre restaurateur, Ahmed Emam. Matthieu a pu bénéficier pendant quelques jours des conseils avisés de Christian Ubertini. Ce dernier apporte son aide et son expertise au sein du projet. 

Nous avons également eu l'opportunité de réaliser des relevés 3D de différentes structures au sein de la petite ville, grâce à l'ingénieur Mohammed Tharwat. Ces relevés nous permettent de documenter l'état actuel de divers vestiges et de les géolocaliser précisément, en particulier dans des zones où il est très fastidieux de réaliser des mesures avec une station totale. 

Dans le fort, quatre tranchées de fouille ont été ouvertes et chacune d'entre elles a apporté un certain nombre de surprises et de résultats importants. Sur l'image ci-dessous, on peut voir leur localisation par rapport au plan géoréférencé de Petrie: vers la porte nord, entre les deux temples qu'il avait indiqués, au coin d'une potentielle maison-tour ainsi que vers l'un des bastions situés le long du mur est.

Fort.jpgDe manière intéressante, si certains éléments ont été confirmés, il est apparu que plusieurs structures ont disparu entre les fouilles de Petrie et les nôtres (nous soupçonnons les sebbakhîn d'être passés par là et d'avoir prélevé de nombreuses briques pour fertiliser les champs situés immédiatement au nord du fort) et que d'autres, qui n'avaient jamais été vues par Petrie, car situées à des niveaux inférieurs, ont pu être mises au jour. Les résultats des fouilles de cette année sont particulièrement intéressants puisqu'ils permettent, notamment, de préciser l'époque de construction de la première grande enceinte destinée originellement à un/des temple(s), avant que celle-ci ne soit, bien plus tardivement, transformée en fort militaire par les Romains. En plus des découvertes architecturales, l'équipe a mis au jour de nouveaux blocs et fragments de blocs provenant de temples, des ostraca et quelques autres belles trouvailles qui seront prochainement publiées. 

Notre céramologue, Lucia Patanè, a courageusement continué à quantifier et étudier les kilos de céramique que nous lui rapportions tous les jours du fort, nous permettant de définir les phases d'occupation des couches identifiées sur le terrain. Et notre photographe, Chloé Cohen, dont c'était le premier séjour en Égypte, a non seulement photographié nos nombreux objets, mais a aussi réalisé un joli reportage sur nos fouilles et la petite ville de Hou, dont voici quelques clichés: