Si les monuments, sculptures et interventions représentant des femmes, et en particulier leurs corps nus, sont omniprésents dans l’espace public, ils sont essentiellement anonymes ou allégorisés. Force est de constater que l’invisibilisation de l’agentivité des femmes et des personnes queer en tant qu’acteur.ice.x.s historiques et auteur.ice.x.s d’œuvres publiques, s’accompagne de la surreprésentation de leurs corps sexualisés dans l’espace public. Cette enquête est basée sur une approche intersectionnelle qui tient compte des processus de visibilisation et d’invisibilisation dans le paysage mémoriel et qui, par conséquent, fait émerger des absences multiples de personnes minorisées. À travers l’analyse historique des commissions, concours et commandes, ainsi que des projets actuels qui renouvellent ces procédés, Le plafond de bronze aborde la question des auteur.ice.x.s d’interventions publiques ainsi que la réception actuelle de monuments par les membres de la société civile afin de tenir compte du lien affectif que les présences artistiques dans l’espace public stimulent ou au contraire, n’activent pas.