Une application mobile prédit les vignobles de demain

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Sécheresse, grêle, nouveaux pathogènes ou débourrement précoce : les effets du réchauffement climatique se manifestent déjà dans les vignobles. Mais comment ces phénomènes évolueront-ils au cours des prochaines décennies, et quels défis poseront-ils à la viticulture ? À quoi ressemblera le climat d’un territoire dans 20, 30 ou 50 ans ?

Les analogues climatiques apportent une réponse concrète à cette question en identifiant des régions dont le climat actuel correspond à celui qu’une autre connaîtra à l’avenir. Pour la première fois, une équipe de recherche de l’Université de Genève a appliqué cette approche aux vignobles, en collaboration avec Agroscope. Cette recherche, menée par Héloïse Allaman, Stéphane Goyette, Pierre-Henri Dubuis et Jérôme Kasparian, a été publiée dans Agricultural and Forest Meteorology. Elle offre un outil essentiel pour anticiper et adapter les pratiques viticoles dans le contexte du changement climatique. Grâce à une application mobile, les viticultrices et viticulteurs peuvent désormais visualiser de manière concrète l’impact du changement climatique sur leur domaine, en identifiant des collègues déjà confronté-es aux conditions qui les attendent.

Au total, l’application intègre 57 régions viticoles et plus de 20'000 parcelles de vignes individuelles, avec des projections climatiques jusqu’en 2090. "Nous avons modélisé l’évolution dans le temps de six indices bioclimatiques essentiels, prenant en compte à la fois la croissance de la vigne et les risques pathogènes, comme le nombre de jours de gel, les vagues de chaleur extrême ou l’indice du mildiou. Chaque microclimat a été intégré. L’application permet en outre de sélectionner précisément un ou plusieurs indicateurs", détaille Héloïse Allaman, doctorante au Département de physique appliquée de la Faculté des sciences et à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UNIGE, et première auteure de ces travaux.

De manière générale, l’étude révèle un déplacement de l’aptitude viticole, soit la capacité d’un territoire à produire durablement un raisin de qualité, vers le nord de l’Europe et dans des zones en moyenne 650 m plus élevées qu’actuellement. "L’augmentation prévue de l’humidité dans la plupart de ces nouvelles régions pourrait compromettre la durabilité de la viticulture à long terme, en intensifiant la pression des maladies. La filière vinicole devra donc anticiper des mutations géographiques majeures et adapter ses pratiques d’ici à la fin du siècle", estime Jérôme Kasparian, professeur au Département de physique appliquée de la Faculté des sciences et directeur de l’Institut des sciences de l’environnement, qui a dirigé l’étude.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la page Médias de l’Université de Genève, qui présente la recherche et l’application. Celles-ci ont également été évoquées dans des émissions de Léman Bleu TV et de la RTS (La Matinale [2:07:47] du 16 janvier 2026, CQFD du 19 janvier 2026, CQFD [38:39] du 25 janvier 2026 et le téléjournal de 19h30 du 2 février 2026), ainsi que sur la radio Rhône FM. À cela il faut aussi ajouter plusieurs journaux ou sites web qui s’en sont fait l’écho, comme Le Journal de l’UNIGE, La Tribune de Genève, 24 Heures, Le Matin, 20min.chmsn.com et phys.org. Avec les deux players ci-dessous vous pouvez suivre les interviews d’Héloïse Allaman dans l’émission CQFD du 19 janvier 2026 et dans le téléjournal de 19h30 du 2 février 2026.
 


L’application "Analogues climatiques – Vignes" est accessible gratuitement sur les plateformes officielles pour iOS et Android.
 

16 janv. 2026

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