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A quelles questions cherchons-nous réponse?

Comment se construit l’action publique en éducation ? Quelles valeurs, idées et intérêts sont portés par les acteurs, et dans quels rapports de force ? Quelle est la place des acteurs politiques et administratifs, des directions d’établissement, des enseignant-es et des familles dans ces processus de construction ? Quelles sont les conditions organisationnelles et sociales qui favorisent la mise en œuvre d’une politique dans le domaine de l’éducation ? Dans quelles conditions et selon quels buts les acteurs mettent-ils en œuvre des réformes ? Que font les parents, comment opèrent-ils leurs choix éducatifs ? Comment les élèves font-ils l’expérience de l’école et comment leurs parcours, leurs pratiques et leurs représentations se construisent-ils dans des contextes scolaires différenciés ? Que produisent les réformes éducatives en termes d’équité et d’efficacité dans les contextes locaux, nationaux et internationaux ? Comment sont pensées les inégalités scolaires, quelles réponses les systèmes éducatifs y apportent-ils et dans quelle mesure atteignent-ils leurs buts ?

Notre approche

Le Groupe genevois d’analyse des politiques éducatives (GGAPE) dirigé par Barbara Fouquet-Chauprade répond à ces questions en mobilisant les champs disciplinaires complémentaires de la sociologie, des sciences de l’éducation, de l’économie et de la science politique. Cette interdisciplinarité s’accompagne d’un pluralisme méthodologique. Ses recherches articulent méthodes quantitatives et qualitatives en développant des approches mixtes : méthodes statistiques avancées, analyse secondaire de grandes bases de données scolaires cantonales, nationales ou internationales (PISA, TIMSS, PIRLS), enquêtes par questionnaire, et des approches qualitatives fondées sur les entretiens, les observations et l’analyse documentaire.

De l’analyse des systèmes éducatifs à la sociologie des politiques éducatives

L’équipe GGAPE se consacre ainsi depuis sa création à construire et travailler le champ de la sociologie des politiques éducatives, par ses recherches, ses publications, ses enseignements et la formation de jeunes chercheur-ses. Créé en 2007 par Georges Felouzis autour d’un poste initialement consacré à l’« analyse et l’évaluation des effets des systèmes d’enseignement », le GGAPE s’est développé à partir de travaux sur les comparaisons internationales et intercantonales, l’évaluation des systèmes éducatifs, les marchés scolaires, la ségrégation, les inégalités sociales et ethnoraciales, l’éducation prioritaire ou encore les effets des structures scolaires. Les travaux de l’équipe relèvent donc de la sociologie des politiques éducatives et de l’évaluation des systèmes d’enseignement, et cherchent à prendre en compte non seulement les effets des politiques, mais également les processus de leur conception et de leur mise en œuvre.

Le projet FNS « Comment organiser l’enseignement secondaire obligatoire ? » co-dirigé par Georges Felouzis et Barbara Fouquet-Chauprade, consacré à trois réformes menées à Genève, Vaud et en Valais est emblématique de l’approche développée par l’équipe : il articule l’analyse qualitative des référentiels et des trajectoires d’action publique à une analyse longitudinale quantitative des parcours de plus de 25 000 élèves, afin d’étudier simultanément la fabrication et la mise en œuvre des réformes et leurs effets sur l’efficacité et les inégalités scolaires.

Les recherches actuelles prolongent et élargissent ce programme. Elles envisagent les politiques éducatives non comme le seul produit de l’État ou de l’administration, mais comme le résultat d’interactions entre une pluralité d’acteurs qui participent, à différents niveaux, à leur définition, leur interprétation et leur mise en œuvre. Acteurs politiques et administratifs, groupes d’intérêt et syndicats, directions d’établissement, professionnel-les de l’éducation, enseignant-es, familles et élèves sont ainsi étudiés comme des acteurs de l’action publique éducative. L’analyse porte autant sur les idées, valeurs, intérêts et rapports de force qui président à la fabrication des politiques que sur leurs modalités concrètes de mise en œuvre, les logiques d’action qu’elles suscitent dans les organisations scolaires et leurs conséquences notamment pour les élèves.

Les objets actuellement travaillés illustrent les orientations de l’équipe : processus de réforme et capacité des systèmes éducatifs à se transformer ; marchés scolaires et relations entre enseignement public et privé ; ségrégation et stratégies de choix des familles ; politiques d’éducation compensatoire ; école inclusive ; profession enseignante et mise en œuvre des réformes et plus récemment citoyenneté et la socialisation politique.

C’est le cas de la recherche en cours Sociologie des marchés scolaires genevois MarGe financée par le FNS et dirigée par Barbara Fouquet-Chauprade. Ce projet de recherche vise à étudier la coexistence d’un marché scolaire très contrasté, avec un système public très régulé et un secteur privé laissé davantage au jeu du marché. Nous faisons l’hypothèse que les écoles publiques comme les écoles privées ont des intérêts communs qui expliquent cette coexistence. C’est à les révéler et à comprendre les conditions de leur coexistence et de leurs interrelations que ce projet de recherche veut répondre. Pour cela, nous analyserons la façon dont les acteurs se saisissent de ces marchés, comment ils y contribuent, ce qu’ils représentent pour eux et ce qu’ils en font. La recherche s’organise en trois axes de questionnement : Comment les marchés scolaires sont-ils régulés par l’action publique ? (Axe 1) ; Quelles sont les logiques d’action des établissements du secondaire du public et du privé ? (Axe 2) ; Quelles stratégies sont mises en place par les familles au sein de ces marchés scolaires ?(Axe 3).

Le positionnement du GGAPE se situe ainsi à l’articulation de la sociologie de l’éducation et de la sociologie de l’action publique, en dialogue avec la science politique, l’économie et les sciences de l’éducation. Il s’agit de comprendre comment les systèmes éducatifs produisent ou réduisent les inégalités, mais aussi de déplacer le regard vers les processus par lesquels celles-ci deviennent des problèmes publics, donnent lieu à des politiques et des instruments d’action, sont interprétées et retraduites par les acteurs, puis produisent des effets dans des contextes institutionnels et sociaux différenciés. Cette articulation entre fabrication, mise en œuvre et effets des politiques éducatives, et entre échelles macro, méso et micro, constitue aujourd’hui le cœur du programme scientifique de l’équipe.

Des enseignements universitaires ancrés dans la recherche

Les travaux développés au sein de l’équipe sont aussi une ressource pour l’enseignement universitaire. Ainsi, les membres du GGAPE assurent des cours de méthodologies à tous les niveaux de la formation des étudiant-es : statistiques, méthodes mixtes, questionnaires etc. Notre volonté est aussi d’impulser des façons d’enseigner innovantes, d’impliquer les étudiant-es dans leurs apprentissages.

Par exemple : Le cours « Inégalités et politiques éducatives », destiné aux étudiant-es de deuxième et troisième année du bachelor en sciences de l’éducation, vise à comprendre les mécanismes de production et de reproduction des inégalités scolaires ainsi que le rôle ambivalent des politiques éducatives, susceptibles de les renforcer ou de les réduire. Il articule des apports théoriques en sociologie de l’éducation avec une pédagogie active inspirée de la cartographie des controverses. À partir de controverses éducatives contemporaines, les étudiant-es sont placé-es en situation d’enquête et analysent collectivement les acteurs, les arguments, les rapports de pouvoir et les contextes en mobilisant les contenus du cours et la littérature scientifique. Ce travail est prolongé par une production libre (podcast, vidéo, article, site web, création artistique, etc.) permettant d’approfondir et de problématiser une dimension de la controverse. Le dispositif favorise ainsi l’appropriation active des savoirs, le développement d’une posture réflexive, le travail collaboratif et la créativité. Les premiers retours témoignent d’un fort engagement des étudiant-es, certains prolongeant même leur réflexion au-delà du cours, comme avec la création du serious game « Erreur 404 » consacré aux inégalités scolaires.

L’unité Evaluation des politiques et dispositifs scolaires

L’unité « Évaluation des politiques et dispositifs scolaires » (EvPo) du Pôle Cité-FPSE propose des prestations dans le domaine des politiques et du design éducatif. Le dernier mandat «Sociologues en herbe» réalisé en 2026 pour l'association des familles IEF a consisté à la réalisation d'ateliers immersifs pour sensibiliser un groupe d'enfants au  métier de sociologue. 

À vos agendas :

Colloque « L'éducation est-elle à vendre ? »
5-6 novembre 2026

Le GGAPE, la recherche MarGE et le groupe "Inégalités scolaires et politiques éducatives" de la SSRE organisent le colloque "L'éducation est-elle à vendre? La privatisation et la marchandisation de l'éducation à l'agenda politique". 

Ce colloque propose d'interroger la privatisation et la marchandisation de l'éducation non seulement comme des transformations des systèmes éducatifs, mais surtout comme des objets de problématisation publique et politique. Il s'agira d'analyser les conditions dans lesquelles ces phénomènes deviennent visibles dans l'espace public, suscitent des controverses, sont constitués en problèmes publics et peuvent appeler des formes d'intervention publique. À l'inverse, une attention particulière sera également portée aux contextes dans lesquels ces processus demeurent peu débattus, invisibilisés ou maintenus à distance de l'agenda politique.

Le colloque se déroule à mi-parcours de la recherche MarGe, financée par le FNS et dirigée par Barbara Fouquet-Chauprade. Il permettra de présenter les premiers résultats de la recherche et de les confronter à d'autres recherches suisses et internationales.

Plus d'informations et inscription ici

Programme

De l’analyse des systèmes éducatifs à la sociologie des politiques éducatives

L’équipe GGAPE se consacre ainsi depuis sa création à construire et travailler le champ de la sociologie des politiques éducatives, par ses recherches, ses publications, ses enseignements et la formation de jeunes chercheur-ses. Créé en 2007 par Georges Felouzis autour d’un poste initialement consacré à l’« analyse et l’évaluation des effets des systèmes d’enseignement », le GGAPE s’est développé à partir de travaux sur les comparaisons internationales et intercantonales, l’évaluation des systèmes éducatifs, les marchés scolaires, la ségrégation, les inégalités sociales et ethnoraciales, l’éducation prioritaire ou encore les effets des structures scolaires. Les travaux de l’équipe relèvent donc de la sociologie des politiques éducatives et de l’évaluation des systèmes d’enseignement, et cherchent à prendre en compte non seulement les effets des politiques, mais également les processus de leur conception et de leur mise en œuvre.

Le projet FNS « Comment organiser l’enseignement secondaire obligatoire ? » co-dirigé par Georges Felouzis et Barbara Fouquet-Chauprade, consacré à trois réformes menées à Genève, Vaud et en Valais est emblématique de l’approche développée par l’équipe : il articule l’analyse qualitative des référentiels et des trajectoires d’action publique à une analyse longitudinale quantitative des parcours de plus de 25 000 élèves, afin d’étudier simultanément la fabrication et la mise en œuvre des réformes et leurs effets sur l’efficacité et les inégalités scolaires.

Les recherches actuelles prolongent et élargissent ce programme. Elles envisagent les politiques éducatives non comme le seul produit de l’État ou de l’administration, mais comme le résultat d’interactions entre une pluralité d’acteurs qui participent, à différents niveaux, à leur définition, leur interprétation et leur mise en œuvre. Acteurs politiques et administratifs, groupes d’intérêt et syndicats, directions d’établissement, professionnel-les de l’éducation, enseignant-es, familles et élèves sont ainsi étudiés comme des acteurs de l’action publique éducative. L’analyse porte autant sur les idées, valeurs, intérêts et rapports de force qui président à la fabrication des politiques que sur leurs modalités concrètes de mise en œuvre, les logiques d’action qu’elles suscitent dans les organisations scolaires et leurs conséquences notamment pour les élèves.

Les objets actuellement travaillés illustrent les orientations de l’équipe : processus de réforme et capacité des systèmes éducatifs à se transformer ; marchés scolaires et relations entre enseignement public et privé ; ségrégation et stratégies de choix des familles ; politiques d’éducation compensatoire ; école inclusive ; profession enseignante et mise en œuvre des réformes et plus récemment citoyenneté et la socialisation politique.

C’est le cas de la recherche en cours Sociologie des marchés scolaires genevois MarGe financée par le FNS et dirigée par Barbara Fouquet-Chauprade. Ce projet de recherche vise à étudier la coexistence d’un marché scolaire très contrasté, avec un système public très régulé et un secteur privé laissé davantage au jeu du marché. Nous faisons l’hypothèse que les écoles publiques comme les écoles privées ont des intérêts communs qui expliquent cette coexistence. C’est à les révéler et à comprendre les conditions de leur coexistence et de leurs interrelations que ce projet de recherche veut répondre. Pour cela, nous analyserons la façon dont les acteurs se saisissent de ces marchés, comment ils y contribuent, ce qu’ils représentent pour eux et ce qu’ils en font. La recherche s’organise en trois axes de questionnement : Comment les marchés scolaires sont-ils régulés par l’action publique ? (Axe 1) ; Quelles sont les logiques d’action des établissements du secondaire du public et du privé ? (Axe 2) ; Quelles stratégies sont mises en place par les familles au sein de ces marchés scolaires ?(Axe 3).

Le positionnement du GGAPE se situe ainsi à l’articulation de la sociologie de l’éducation et de la sociologie de l’action publique, en dialogue avec la science politique, l’économie et les sciences de l’éducation. Il s’agit de comprendre comment les systèmes éducatifs produisent ou réduisent les inégalités, mais aussi de déplacer le regard vers les processus par lesquels celles-ci deviennent des problèmes publics, donnent lieu à des politiques et des instruments d’action, sont interprétées et retraduites par les acteurs, puis produisent des effets dans des contextes institutionnels et sociaux différenciés. Cette articulation entre fabrication, mise en œuvre et effets des politiques éducatives, et entre échelles macro, méso et micro, constitue aujourd’hui le cœur du programme scientifique de l’équipe.

Actualités

Publications récentes

Dans un ouvrage collectif sur le bien-être à l'école, un chapitre de Barbara Fouquet-Chauprade intitulé : Le bien-être à l’école : le succès d’un concept le rend-il opérant ? 

Dans un numéro hors série de la Revue des sciences de l'éducation, un article de Barbara Fouquet-Chauprade sur la mise en marché de l'école.

Dans un ouvrage collectif intitulé "Les nouveaux défis de l'évaluation. Recherche en éducation, résultats et politiques des savoirs", un Chapitre de Sonia Revaz et Bernard Wentzel sur l'instrumentalisation et la légitimation des réformes.

Informations récentes

À quel âge se décide un avenir en Suisse ? C'est pour répondre à cette question en lien avec le secondaire I, et sa première sélection, que Barbara Fouquet-Chauprade a été interviewée dans un article du journal Le Temps.

Du nouveau dans l'équipe en cette rentrée 2026-2027 : nous avons le plaisir d'annoncer le retour de Julia Napoli, qui avait effectué sa thèse dans l'équipe il y a quelques années et qui la rejoint désormais en tant que maître-assistante, après un passage au Pôle de soutien à l'enseignement et l'apprentissage. Elle prend la relève de Sonia Revaz, qui quitte l'Université de Genève mais poursuit sa collaboration avec le GGAPE en tant que chercheuse associée.

Actualités passées

 

 

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