26 septembre 2024 - Melina Tiphticoglou
«La science citoyenne est une occasion de rétablir la confiance du public»
Paru fin août 2024, un rapport dresse un état des lieux de la science citoyenne en Suisse. La publication offre une base pour une compréhension commune de ces initiatives qui impliquent le public dans des projets de recherche.

Campagne d'échantillonnage de la colonne d'eau sur le lac Léman lors du projet CoFish.
Observation de la faune et de la flore, collecte d’échantillons d’eau, transcription de documents écrits, géolocalisation d’images d’archives: l’implication du public dans des projets de recherche touche à (presque) tous les domaines. Afin de dresser un état des lieux de la situation nationale, les Académies suisses des sciences ont mandaté un groupe d’expert-es, parmi lesquel-les François Grey, instigateur et coordinateur du Citizen Cyberlab à l’UNIGE. Le rapport «La science citoyenne en Suisse: bilan et perspectives d’avenir», paru fin août 2024, offre une base pour une compréhension commune du sujet. À commencer par une définition claire de ce que l’on appelle en français la «science citoyenne», à savoir «une méthodologie scientifique qui permet aux scientifiques citoyen-nes et scientifiques académiques d’interagir et de produire des connaissances scientifiques».
CoFish, la science citoyenne au chevet du Léman
Le projet CoFish s’est conclu en août dernier. Durant quatre ans (2021-2024), ce projet de recherche participative a réuni des pêcheurs/euses et des chercheurs/euses pour étudier la durabilité des populations de poissons du Léman. Porté par l’UNIGE (coordination Tania Jenkins, avec Elisa Radosta, Bruno Strasser et Bastiaan Ibelings), ce projet a fait l’objet d’une co-création tout au long du processus. Des ateliers participatifs ont permis d’identifier les questions pertinentes. Les pêcheurs/euses craignent en effet que le phosphore joue un rôle dans la baisse continue du nombre de poissons. C’est pourquoi quatre campagnes d’échantillonnage de la colonne d’eau ont été lancées pour établir les niveaux de certains nutriments, dont le phosphore. Le projet visait également à effectuer une démarche réflexive et à évaluer les résultats de la collaboration, tant pour les scientifiques que pour les pêcheurs et pêcheuses. Un guide de bonnes pratiques est mis à disposition pour aider les futurs projets participatifs.