30 octobre 2025 - Melina Tiphticoglou

 

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Le paquet Suisse-UE, une nécessité stratégique?

Les bouleversements géopolitiques n’épargnent pas la Suisse. Dans un contexte marqué par l’incertitude et les tensions, quels sont les enjeux stratégiques des nouveaux accords bilatéraux avec l’UE? Pour répondre à cette question, l’UNIGE reçoit Martin Pfister, conseiller fédéral chargé de la Défense.

 

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Photo: Chancellerie fédérale

 

Après des années de tensions, la Suisse et l’Union européenne (UE) concluaient, en décembre 2024, une nouvelle volée d’accords bilatéraux. Ceux-ci doivent permettre de stabiliser les relations des deux parties par la mise à jour des accords existants et l’ajout de nouveaux domaines comme l’électricité et la sécurité alimentaire. Approuvés par le Conseil fédéral en juin 2025, ces nouveaux accords sont soumis à une consultation publique jusqu’à fin octobre, avant leur signature puis transmission au Parlement prévues pour le premier trimestre 2026. Alors que le débat sur le paquet Suisse-UE se concentre généralement sur les enjeux économiques et institutionnels, les bouleversements géopolitiques donnent à cette discussion une portée nouvelle. Pour mieux comprendre les enjeux stratégiques que revêtent ces nouveaux accords, l’Université de Genève et le Comité CH-UE invitent Martin Pfister, conseiller fédéral chargé de la Défense élu en mars dernier, à donner une conférence le mercredi 5 novembre, à 18h30, à Uni Dufour.

«Le contexte mondial a changé, relève René Schwok, professeur honoraire à l’UNIGE. D’abord, il y a eu l’agression russe contre l’Ukraine et la guerre hybride menée par le régime de Poutine contre l’Europe. Ensuite, se sont ajoutées les politiques économiques offensives de l’administration Trump envers la Suisse, marquées par des droits de douane atteignant 39%. Face à ces défis, le Conseil fédéral et de nombreux acteurs suisses envisagent un rapprochement avec l’Union européenne pour des raisons politiques et sécuritaires.» Intitulé «Les nouveaux accords bilatéraux avec l’Union européenne: une nécessité stratégique?» l’exposé de Martin Pfister analysera les implications politiques, économiques et stratégiques des nouveaux accords bilatéraux. Le conseiller fédéral examinera également les répercussions des récentes mesures douanières américaines sur la Suisse et ses relations commerciales internationales. 

LES NOUVEAUX ACCORDS BILATÉRAUX AVEC L'UNION EUROPÉENNE: UNE NÉCESSITÉ STRATÉGIQUE?

Conférence de Martin Pfister, conseiller fédéral chargé de la Défense

Mercredi 5 novembre | 18h30
Uni Dufour, 24 rue du Général-Dufour, 1205 Genève

La conférence sera suivie d’une table ronde avec quatre intervenant-es:

Katja Gentinetta, philosophe politique et économique;
Andreas Künne, ambassadeur de l’UE en Suisse;
Mauro Poggia, conseiller aux États;
René Schwok, professeur honoraire de l’UNIGE.

 

L’UNIGE prend position sur les accords avec l’Union européenne

Dans le cadre de la consultation en cours sur le paquet «stabilisation et développement des relations Suisse-UE», l’Université de Genève a exprimé son soutien aux accords négociés par le Conseil fédéral. «Les défis majeurs auxquels nos sociétés sont confrontées requièrent des solutions d’envergure internationale, relève la rectrice de l’UNIGE Audrey Leuba. Faire partie intégrante de l’espace européen de la recherche est ainsi indispensable pour maintenir une position de leader dans des domaines dans lesquels Genève excelle tels que les technologies quantiques, le secteur spatial, la santé ou encore les nouveaux matériaux comme le graphène. L’UNIGE salue à ce titre les nouveaux mécanismes prévus pour résoudre les différends institutionnels qui contribueront à prévenir des suspensions de la participation de la Suisse aux programmes européens.»

La possibilité de participer à Erasmus+ dès 2027 permettra par ailleurs de renforcer la mobilité des étudiantes et des étudiants et de consolider la participation des hautes écoles au sein des Alliances d’universités européennes. La libre circulation est aussi indispensable pour maintenir et développer la vitalité de l’économie de la Suisse, la qualité de sa formation, de sa recherche, de ses soins médicaux et sa force en matière d’innovation.

Cette prise de position de l’UNIGE est complémentaire à celle adoptée par swissuniversities, la faîtière des hautes écoles suisses.


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