24 mars 2022 - UNIGE

 

Événements

Lumière sur les invisibles

La 7e édition du Festival Histoire et Cité se déroulera du 29 mars au 3 avril à Genève et Lausanne. Elle s’attachera à restituer le passé de celles et ceux – oublié-es, anonymes, marginales et marginaux – qui ne figurent pas dans les manuels d’histoire et dont aucune rue ne porte le nom.

 

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La librairie historique et le bar constitueront le cœur du festival à Genève. Photo: J. Erard/UNIGE

 

Les femmes de la préhistoire chassaient-elles le bison? Quel-les artistes ont réalisé les chefs-d’œuvre de l’Antiquité? Depuis quand l’anonymat est-il une stratégie militante? Où vont les déchets de notre société de consommation? Du 29 mars au 1er avril, le Festival Histoire et Cité part en quête des «invisibles» et déploie à Genève et à Lausanne un généreux programme consacré aux individus, aux groupes et aux phénomènes occultés par l’Histoire. Au menu: visites guidées, expositions, performances, ateliers, projections de films, pièces de théâtre, flash conférences, conférences, tables rondes, rencontres d’auteurs et d’autrices, podcasts, lectures musicales, balades, le tout étant gratuit et ouvert à toutes et tous.

 

À Genève, le cœur du festival se situe à Uni Dufour, avec l’installation d’une vaste librairie proposant 6000 ouvrages historiques et d’un bar géré par l’Association suisse des éditeur-trices de sciences humaines et sociales.

Les femmes, un axe fort
Au sein de cette riche programmation, des axes thématiques se dessinent. «Ils n’ont pas été prédéfinis par le comité scientifique, précise Thierry Maurice, coorganisateur du festival, mais résultent d’une convergence de vues. L’axe de loin le plus marqué concerne les femmes, ce qui témoigne de l’importance de ces enjeux aujourd’hui.» À Genève, une quinzaine d’événements sont consacrés à la question, à commencer par la conférence d’ouverture donnée par Marylène Patou-Mathis sur l’invisibilité des femmes préhistoriques (30 mars, 18h). Titiou Lecoq, essayiste, s’exprimera, pour sa part, sur le courage des femmes à travers les siècles (2 avril, 16h), tandis que Korine Amacher retracera l’histoire de l’émancipation des femmes en Russie entre 1860 et 1930 (1er avril, 14h30). Au musée Voltaire, des visites flash sortiront de l’oubli les grandes figures féminines de l’époque des Lumières (31 mars, 1er et 2 avril) et sur la place de Saint-Gervais, l’exposition Furieuses retracera six cas de violences féminines genevoises extraits des archives.

Les archives, objet d'étude
Un festival d’histoire accorde inévitablement une place particulière aux archives, mais, dans le cas présent, elles deviennent objet de questionnement, qu’il s’agisse de l’invisibilisation de certains documents par les pouvoirs ou de la difficulté à construire sa mémoire quand les images manquent (30 mars, 20h30). De façon plus terre à terre, la gestion des archives – de l’espace qu’elles occupent à la manière de les rendre plus accessibles – est un sujet de débat et de discussion important pour les professionnel-les et les collectivités.

Problématiques contemporaines
Une série d’événements s’intéresseront également aux questions environnementales et coloniales, deux thématiques actuellement sur le devant de la scène. Lucie Taïeb, auteure de Freshkills. Recycler la terre, a parcouru l’une des plus grandes décharges à ciel ouvert récemment réhabilitée en parc public en vue d’interroger notre relation aux déchets (30 mars, 17h). Quant à Étienne Davodeau, dessinateur et scénariste français, il a consacré sa dernière BD, Le droit du sol, à la question de notre rapport à la terre et à ce qu’on y enfouit (1er avril, 19h). Anne Lafont expliquera, quant à elle, comment, au XVIIIe siècle, l’idée de race était utilisée pour comprendre et catégoriser le monde (30 mars, 16h). Brice Matthieussent questionnera les ressorts de la violence d’État en présentant Le visage de pierre, un roman qui tire un parallèle éclairant entre le racisme envers les Noir-es aux États-Unis et envers les Algérien-nes en France et dont la traduction en français n’est parue que soixante ans plus tard (2 avril, 12h30).

Nombreux partenariats
La programmation, pléthorique, s’arrêtera encore sur l’exclusion sociale opérée par le fascisme italien dans les années 1930, l’invisibilité comme stratégie militante (31 mars, 18h30), la dénomination des lieux (1er avril, 12h15) ou la dignité des précaires (31 mars, 18h30). Des partenaires tels que les Bains des Pâquis, les Bibliothèques municipales, la Comédie de Genève, la Bibliothèque de l’ONU ou le Musée d’art et d’histoire accueilleront différentes activités dans leurs murs.

«INVISIBLES» – FESTIVAL HISTOIRE ET CITÉ 2022
À Genève et Lausanne

Du 29 mars au 3 avril
histoire-cite.ch


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