25 septembre 2024 - VM
Le salut de l’humanité est dans la nature

Le Sahel est sous l’eau, la Californie est à sec. Les océans n’ont jamais été aussi chauds et les glaciers fondent comme un sorbet en plein soleil… Pour enrayer ce qui ressemble de plus en plus à une spirale infernale, Francis Waldvogel, professeur honoraire de la Faculté de médecine et fondateur du World Knowledge Dialogue, a sa petite idée: s’inspirer de ce qui se passe autour de nous. En un peu plus de deux siècles de croissance linéaire, l’être humain est en effet parvenu à mettre en péril le milieu dans lequel il vit. Jusque-là, la Terre s’était maintenue en équilibre – ne manquant jamais de ressources et ne produisant pas de déchets – depuis l’apparition de la vie, soit il y a plus de 3 milliards d’années. Le secret de cette réussite tient, selon Francis Waldvogel, à un fonctionnement par cycle et à un génie organisationnel qui se manifeste tant à l’échelle de l’évolution millénaire qu’au niveau microscopique. C’est vrai des grands cycles vitaux comme celui de l’air ou de l’eau, mais aussi des écosystèmes microbiens qui, fondés sur la coopération et la symbiose, s’avèrent d’une incroyable efficacité. L’être humain, lui, fait tout le contraire. Pour fabriquer des objets dont la durée de vie se limite parfois à quelques minutes, il transforme du pétrole – une matière première que la nature a mis des millions d’années à produire – en plastique. Un matériau qui a la fâcheuse caractéristique de se dégrader très lentement et qu’on retrouve aujourd’hui par millions de tonnes dans les océans et jusqu’aux sommets des montagnes les plus hautes. Tout cela, alors même qu’il existe sur notre planète de nombreux polymères parfaitement dégradables, comme le collagène. Faire machine arrière serait toutefois absurde, convient l’auteur. Mais changer de route reste possible, comme un témoigne le chemin parcouru pour reconstituer la couche d’ozone à la suite du protocole de Montréal de 1987. Au prix, peut-être, d’un petit supplément de modestie: «L’être humain est extrêmement orgueilleux, constate l’ancien médecin. Après avoir été l’otage de la nature pendant des millénaires, il pense à tort, depuis trois cents ans, en être devenu le maître. Le temps est venu d’en devenir le partenaire.»
Francis Waldvogel
«Nature, tu peux encore nous sauver!»
Éditions Odile Jacob 2024
240 p.