6 mars 2025 - AC
Apprendre à voir les invisibles d’une société
Pour son travail de thèse, Federico Dotti, aujourd’hui chargé de cours à la Section des sciences de l’éducation (FPSE), s’est intéressé aux enjeux liés à la transmission de l’histoire. Pour réaliser cette étude, il a d’abord exploré en profondeur l’histoire des marginalités et des invisibilités (aliéné-es, indigent-es et détenu-es) dans la Genève du XIXe siècle, puis il a conçu et réalisé l’exposition Figures de l’ombre, présentée au public fin 2019. Celle-ci mettait en regard le discours institutionnel de la prise en charge d’individus dont les comportements défiaient les normes en vigueur et les quelques témoignages existants, le plus souvent des lettres envoyées aux proches ou aux autorités par ces figures de la marginalité généralement absentes de la narration historique. L’exposition fonctionnait de plus comme un dispositif de recherche afin de recueillir, auprès des élèves du post-obligatoire et de leurs enseignant-es, des données sur leur expérience de visite et leurs représentations de la marginalité. C’est en effet toute l’organisation sociale qui se révèle ainsi, hier comme aujourd’hui, dans ses marges et dans sa maîtrise de l’altérité.
Federico Dotti
«Figures de l’ombre. Histoires genevoises: l’expérience d’une exposition»
Épistémé 2025
352 p.