23 septembre 2020 - UNIGE
L'hypothèse expliquant la biodiversité remise en cause
La diversité des espèces biologiques ne s’explique pas par un compromis entre grappilleurs et exploiteurs, comme escompté par les scientifiques, la biodiversité s’en trouve bouleversée.
Les organismes aquatiques et terrestres qui se comportent le plus efficacement dans des environnements riches en nourriture, sont également les meilleurs dans les environnements pauvres. ©DTU/ Erik Selander
Les biologistes s’interrogent depuis longtemps sur l’origine et le maintien de la diversité des espèces présentes dans notre environnement. Comment expliquer qu’une seule et unique espèce ne prédomine pas? L’hypothèse généralement admise est celle d’un compromis de performance entre les organismes grappilleurs —qui trouvent et consomment plus efficacement des ressources lorsqu’elles sont rares— et les exploiteurs —qui consomment rapidement de grandes quantités de ces mêmes ressources lorsqu’elles abondent. En analysant la consommation de ressources alimentaires de plus de 500 espèces terrestres et aquatiques, des scientifiques de l’Université de Genève (UNIGE) et de l’Université technique du Danemark (TUD) montrent pourtant que les organismes performants en présence de faibles quantités de nourriture le sont aussi lorsque les ressources alimentaires sont abondantes. Aucun compromis entre les grappilleurs et les exploiteurs ne vient donc expliquer la biodiversité; il faudrait plutôt chercher sa cause du côté de la prise de risque pour se procurer de la nourriture. Une étude à lire dans la revue scientifique PNAS.