Chirurgie et immunothérapie pour le cancer du foie: le bon ordre pour la meilleure efficacité
Dans le cadre du traitement du carcinome hépatocellulaire, l’immunothérapie est plus efficace lorsqu’elle est administrée au préalable à la chirurgie que lorsqu’elle est administré à postériori.
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Le carcinome hépatocellulaire (CHC) est le cancer du foie le plus fréquent en Suisse et dans le monde. Pour les patientes et patients éligibles, la chirurgie du foie ou hépatectomie, représente une solution efficace pour le traiter. Cependant, la récidive reste un défi majeur après hépatectomie, touchant plus de 40 % des patient-es dans les trois ans suivant la résection.
L’immunothérapie par inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI), qui a révolutionné le traitement de nombreux types de cancer, est envisagée comme traitement parallèle à une intervention chirurgicale, afin de limiter la récidive du CHC. Mais la fenêtre de traitement optimale est encore débattue. Est-il plus profitable d’administrer les ICI avant (comme néoadjuvant) ou après (comme adjuvant) une hépatectomie?
L’étude publiée dans le journal «Hepatology» a pu démontrer que l’efficacité du traitement par ICI était perdu lorsque celui-ci était administré après chirurgie. Cette perte d’efficacité est corrélée à une infiltration réduite dans la tumeur des lymphocytes T cytotoxiques, acteurs principaux dans l’immunité anti-tumorale, mais également à un niveau d’activation réduite de ces cellules.
En revanche, le traitement par ICI préalable à la chirurgie a considérablement réduit la charge tumorale, amélioré l'infiltration des cellules immunitaires et augmenté l'expression des marqueurs d'activation clés des cellules T cytotoxiques. De plus, ce traitement néoadjuvant a significativement réduit les taux de récidive et amélioré la survie, ce qui n'a pas été obtenu avec le traitement adjuvant.
Cette perte d’efficacité du traitement adjuvant est liée à plusieurs facteurs, parmi lesquels l’inflammation liée à la chirurgie, qui en attirant des types cellulaires immuns non spécifiques à l’immunité anti-tumorale peut induire un phénomène d’immunosuppression.
Ces travaux contribuent à une meilleure compréhension des stratégies d'immunothérapie péri-opératoire et fournit des orientations pour l’application clinique des immunothérapies dans le CHC dans l’optique de diminuer les récidives.