Conclusions de la deuxième partie a
Les quatre chapitres que l’on vient de consacrer aux relations d’ordre ont confirmé que l’appréhension de celles-ci comporte toujours l’intervention de l’abstraction réfléchissante. Mais les faits qu’ils décrivent nous ont en outre fourni deux sortes d’enseignements qu’il convient de résumer en guise de conclusion.
Le premier est que même dans le domaine des sériations l’abstraction « pseudo-empirique » ne se réduit pas à un ensemble de constatations mais exige l’utilisation d’un cadre assimilateur, tout comme l’abstraction empirique à elle seule, sauf que dans la situation pseudo-empirique ce cadre est tenu, pour assurer une lecture adéquate des données (et nous ne parlons ici que de cette lecture et non pas des reconstructions ou des continuations, pour lesquelles il en va ainsi a fortiori), de rejoindre les opérations qui ont permis la construction de la série et dont les propriétés d’ordre ont été de ce fait introduites dans les objets. Certes la lecture des caractères observables d’une série exponentielle (chap. VIII) peut paraître malaisée, encore qu’il ne s’agit, répétons-le, que de constatations perceptives, mais ce que nous avons pu relever sur des enfants de 4-6 ans trouverait son équivalent sur des séries simplement additives (escaliers à différences constantes) chez des sujets plus jeunes (comme le suggèrent nos recherches antérieures sur leur mémoire1).
Le second enseignement à rappeler est que, dans le cas des séquences ordonnées les plus simples (chap. X) se rapportant
(x) Piaget et Inheldeb, Mémoire et intelligence, chap. I (P.U.F.).
à des problèmes résolus à tous les âges après la formation du langage, la comparaison de deux épreuves subies avec succès, autrement dit l’abstraction « réfléchie » dégageant leur structure commune, présente proportionnellement les mêmes retards par rapport à l’abstraction réfléchissante que dans le cas de problèmes nettement plus complexes, comme l’inversion des opérations arithmétiques du chapitre III et les formes élémentaires du groupe de Klein, comme le chapitre VII.