Quand ton chef… n’est plus vraiment ton chef
Il existe, dans presque toutes les vies professionnelles, un moment un peu déstabilisant. Un moment que personne n’anticipe vraiment, mais que beaucoup rencontrent : celui où ton/ta chef-fe… n’est soudain plus ton/ta chef-fe. Non pas parce qu’il ou elle a changé de poste ou décidé d’ouvrir une buvette au bord du lac, mais simplement parce qu’un projet a commencé. À partir de là, on bascule dans une organisation parallèle qui ne remplace pas la structure existante, mais la traverse : l’organisation projet. Un univers où les cartes sont rebattues, où les rôles se redessinent, et où l’on réalise que la hiérarchie classique perd un peu de son poids.
L’organisation permanente : ce cadre qui rassure
Dans la structure habituelle, tout est balisé. On sait à qui l’on rend des comptes, qui prend les décisions, comment les procédures fonctionnent et quelles sont les priorités. C’est le terrain stable du quotidien, celui dans lequel chacun connaît sa place. Une forme d’équilibre organisationnel rassurant, presque familier.
L’organisation projet : une autre logique entre en scène
Puis un projet démarre. Et avec lui, c’est comme si une seconde organisation se superposait à la première. Soudain, on travaille dans une équipe transversale, composée de personnes qui, parfois, ne collaborent jamais ensemble. On se retrouve avec un-e chef-fe de projet qui n’a aucun lien hiérarchique direct avec nous. Les rôles bougent : notre chef-fe redevient collègue, et un-e collègue se retrouve en position de pilotage. Dans ce mode-là, la hiérarchie importe moins que l’objectif commun. Le projet est temporaire, concentré, orienté résultat. On s’organise pour produire quelque chose, non pour assurer le fonctionnement courant. Cette logique est puissante, stimulante… mais souvent, c’est là que les premières tensions apparaissent.
Là où ça se tend (mais juste un peu)
Quand les deux organisations coexistent, certains tiraillements deviennent presque inévitables. Qui décide vraiment : le/la chef-fe permanent-e ou le/la chef-fe de projet ? À qui s’adresser en cas de conflit de priorités ? Que faire lorsque ton service dit A et que le projet dit B ? On se retrouve parfois pris entre des messages contradictoires, des zones floues, ou de petites tensions qu’on n’ose pas toujours nommer. Rien d’anormal : c’est le prix de la transversalité… tant que rien n’est clarifié.
Ce que le BT en retient
Dès qu’on prend le temps de clarifier les rôles, les marges de décision et les priorités, tout s’éclaire. L’organisation permanente retrouve son rôle de cadre, de soutien, de ressource. L’organisation projet assume pleinement sa mission : impulser le mouvement, conduire le changement, livrer un résultat. Et les personnes au milieu ? Elles peuvent enfin naviguer entre les deux sans avoir l’impression de trahir l’un pour satisfaire l’autre. C’est à ce moment-là que le double système révèle sa richesse : davantage de collaboration, davantage d’intelligence collective, davantage d’autonomie… et souvent davantage de satisfaction. Parce qu’on cesse de se demander « qui commande ? » pour s’intéresser à une question bien plus féconde : « comment avance-t-on ensemble ? ».
Envie d’apprivoiser ce fonctionnement hybride ?
Bonne nouvelle : nos formations en gestion de projet sont conçues précisément pour ça. On y parle rôles, priorités, clarifications, communication… et toutes ces zones un peu grises que l’université ne documente jamais vraiment, mais que tout le monde traverse au quotidien.
Article rédigé par Guive Khan, avec l'aide de chatGPT