4 mai 2023 - Alexandra Charvet

 

Événements

Grandir à Gaza

Imaginée par deux étudiantes en relations internationales, l’exposition «Sourire des enfants de Gaza» est à voir à Uni Mail, du 8 au 13 mai. Élaborée dans le cadre d’un cours de gestion de projets, elle met en lumière les interventions psychosociales menées à Gaza par l’association Yaffa.

 

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Des activités visant à décharger les émotions ou à développer la coopération sont proposées aux enfants de Gaza, dont 80% souffrent de troubles de la santé mentale selon l’Unicef. Image: Association Yaffa


Mettre la main à la pâte, rien de mieux pour confronter les notions théoriques apprises sur les bancs des auditoires aux réalités du terrain. C’est l’expérience promise par le cours «Gestion de projets» du Global Studies Institute (GSI). Dans ce cadre, deux étudiantes du Bachelor en relations internationales (BARI) se sont attelées à la mise sur pied d’une exposition, de la recherche de fonds jusqu’à son vernissage. Leur projet Sourire des enfants de Gaza est à voir à Uni Mail, du 8 au 13 mai, accompagné d’un large programme de médiation: conférence sur la situation des enfants à Gaza, atelier de danse traditionnelle palestinienne et projection d’un film, sans compter la présence de Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU, lors du vernissage.


Pour se familiariser avec les outils de la gestion de projets et développer des compétences empiriques complémentaires à celles acquises durant leur cursus académique, les étudiant-es participant au cours sont amené-es à s’impliquer et à contribuer activement à l’élaboration, à la gestion et à l’organisation de projets du GSI ou en lien avec la Genève internationale, notamment les OI, les ONG ou les fondations. Deux étudiantes ont ainsi choisi de travailler avec l’ONG genevoise Yaffa qui mène des interventions psychosociales auprès des enfants à Gaza (lire ci-dessous). Leur objectif: mettre en lumière le travail que l’association effectue par une exposition photographique entre les murs de l’Université.

«L’association nous a donné carte blanche pour la réalisation de notre idée. Compléter l’exposition avec une conférence académique et un film sur la situation de ces enfants était nécessaire car les étudiant-es ne sont pas très concerné-es par la question palestinienne», explique Elodie Jordan. À raison de six heures par semaine et en étroite collaboration avec les membres de l’association, les deux jeunes filles se sont alors lancées dans l’organisation de la manifestation: demandes de financement, sélection des images, rédaction de textes, réservation de salles, plan de communication… «La recherche de fonds a été la partie la plus difficile, relève Elodie Jordan. Il nous a fallu être très persévérantes et ne pas se démoraliser face aux nombreux refus.»

Quant aux nouvelles compétences acquises, la surprise est réelle. «De l’idée jusqu’à sa réalisation, on comprend vite qu’il ne sera pas possible de faire comme on l’avait imaginé et qu’il faut prendre d’autres chemins pour que cela fonctionne, constate la seconde étudiante. J’ai été particulièrement étonnée du temps requis pour chaque étape et par la nécessité de gérer de nombreux imprévus.» Certains événements en marge de l'exposition ont en effet dû être repensés, les membres de l'équipe de Gaza n’ayant pu obtenir de visa pour la Suisse.

Rendre le sourire aux enfants de Gaza

L’exposition présente en images le travail réalisé par l’association Yaffa. «La moitié de la population de Gaza a moins de 18 ans et vit dans une situation catastrophique supposant beaucoup de souffrances physiques et psychologiques», explique Julie Franck, maîtresse d’enseignement et de recherche à la Section de psychologie et vice-présidente de Yaffa. «Selon l’Unicef, 80% d’entre eux souffrent de troubles de la santé mentale (dépression, anxiété) et la moitié ont des idées suicidaires. Ces enfants ont perdu la notion de la valeur de la vie.»

Afin d’améliorer la situation, l’association a développé un projet d’intervention psychosociale communautaire, qui s’adresse tant aux enfants qu’à leurs familles. Ainsi, de nombreuses activités visant à décharger les émotions, à développer la coopération ou à améliorer la confiance en soi comme en l’autre sont mises en œuvre dans les écoles, les crèches, mais surtout dans les rues. «Parfois, jusqu’à 600 enfants ont participé aux jeux d’équipe que nous proposons, précise Julie Franck. La première année, le travail de l’association a touché plus de 10’000 enfants qui ont pu réaliser des fresques dans les rues de Gaza, remettre en état un jardin abandonné pour en faire un parc à jeux, fabriquer des marionnettes et donner la parole à leurs personnages ou encore danser, filles et garçons ensemble.» Composée de travailleurs/euses sociaux, de psychologues et d’artistes issu-es des quartiers les plus défavorisés de Gaza, l’équipe sur les lieux met en place ses projets dans ces quartiers où aucune organisation internationale n’intervient. Sans étiquette politique, l’association est la seule accréditée par les écoles de l’UNRWA, le programme des Nations unies chargé des réfugié-es palestinien-nes, au sein desquelles elle propose des interventions régulières.

SOURIRE DES ENFANTS DE GAZA

Exposition, conférence, atelier, projection
Vernissage le lundi 8 mai à 12h30, en présence de Jean Ziegler, professeur honoraire de l’Université de Genève et ancien rapporteur spécial de l’ONU

Du 8 au 13 mai | Uni Mail


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