François Herrmann

Professeur honoraire
Faculté de médecine
Professeur honoraire de la Faculté de médecine, François Herrmann est décédé accidentellement quelques mois seulement après son départ à la retraite. Cette disparition prématurée touche profondément toutes celles et ceux qui ont eu la chance de travailler à ses côtés.
Diplômé en médecine à Genève en 1985 puis docteur en 1987, il s’était rapidement orienté vers l’informatique médicale et l’épidémiologie. Un séjour post-doctoral à la Harvard Medical School lui avait en outre permis d’obtenir un master en santé publique (MPH). De retour à Genève, il avait développé, au sein du Département de réadaptation et gériatrie des HUG, une activité clinique et de recherche centrée sur la gériatrie, la qualité des soins et l’épidémiologie. Ses travaux portaient ainsi sur la cognition, la longévité, les centenaires, la mortalité et les déterminants environnementaux, en particulier climatiques. Professeur associé en 2013 puis professeur ordinaire en 2020, il avait par ailleurs assumé la direction académique du Département de réadaptation et gériatrie de 2021 à 2025 jusqu’à son départ à la retraite en octobre dernier.
Auteur d’une recherche très originale, son expertise méthodologique et statistique a permis de structurer et de renforcer le design et l’analyse d’innombrables études cliniques. François Herrmann était l’un des rares capables d’allier avec une telle précision le raisonnement causal, la robustesse analytique et le bon sens clinique. Mais au-delà de ses apports scientifiques, ses collègues gardent surtout en mémoire son talent pour transmettre. Il avait le don de rendre intelligibles les méthodes les plus exigeantes: biais, modélisation, analyse de survie, variabilité, inférence… Rien de cela ne lui était étranger, et il savait tout rendre compréhensible sans jamais simplifier à l’excès. Sa pédagogie, teintée d’un humour discret, était à la fois généreuse et stimulante. Dans l’une de ses principales recherches, publiée dans Nature, il observait — avec la précision du statisticien — que la mortalité saisonnière culminait en été. Ironie des faits: c’est un jour de décembre que le sort l’a emporté.
Son décès laisse un vide immense. La Faculté de médecine gardera de lui le souvenir d’un chercheur scrupuleux, d’un enseignant remarquable, d’un esprit méthodique et créatif, mais aussi d’un collègue profondément humain, loyal et attentif.