4 juin 2026: Leçon inaugurale Prof. Garibotto

Voir pour guérir: la médecine nucléaire à l’ère des thérapies de précision 

Pre Valentina GARIBOTTO
Professeure ordinaire,
Directrice du Département de radiologie et informatique médicale,
Faculté de médecine UNIGE
Médecin-cheffe du Service de médecine nucléaire et imagerie moléculaire,
Département diagnostique, HUG

La médecine nucléaire – qui consiste à exploiter les propriétés de la radioactivité à des fins médicales - traverse une mutation profonde. D’une discipline à visée principalement diagnostique, cette discipline devient aujourd’hui l’un des piliers centraux des thérapies de précision. Grâce à ces évolutions technologiques et cliniques, la médecine nucléaire permet maintenant de caractériser les processus moléculaires in vivo avec une sensibilité inégalée. Dans le domaine de la maladie d’Alzheimer, par exemple, l’avènement des médicaments radiopharmaceutiques capables de cibler les plaques amyloïdes et les agrégats tau responsables de la neurodégénérescence a radicalement transformé la prise en charge des malades. D'une approche syndromique, basée uniquement sur les symptômes cliniques, les médecins peuvent maintenant se baser sur  une définition biologique de la pathologie. 

Lors de sa conférence, Valentina Garibotto expliquera comment cette capacité à «voir l'invisible » est devenue le prérequis indispensable aux nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées. Parallèlement, le concept de théranostique — qui intègre imagerie moléculaire et traitement ciblé au travers de l’utilisation de la même molécule radioactive — redéfinit les standards en oncologie, notamment pour les cancers de la prostate et les tumeurs neuroendocrines. Ces deux axes illustrent la puissance de la médecine nucléaire moderne : d'une part comme boussole pour des thérapies moléculaires innovantes, et d'autre part comme vecteur de traitement en oncologie. Cette convergence de précision positionne cette discipline au cœur d'une stratégie de soins personnalisée et hautement ciblée.

Biographie

Valentina Garibotto effectue ses études de médecine à Gênes, en Italie, et se spécialise en médecine nucléaire à Milan, où elle obtient un doctorat sur l’évaluation du métabolisme cérébral du glucose et les mécanismes de compensation dans la maladie d’Alzheimer. Après un post-doctorat à Juelich, en Allemagne, centré sur la quantification par imagerie de différents systèmes de neurotransmission, elle rejoint en 2009 l’équipe de médecine nucléaire des HUG comme cheffe de clinique, cheffe de clinique scientifique, puis médecin adjointe agrégée. Elle met alors en place un programme de recherche dédié au diagnostic par imagerie moléculaire de la maladie d’Alzheimer, financé notamment par le FNS, la Fondation Velux, la Fondation Aetas, la Fondation Schmidheiny et la Fondation Synapsis. Cheffe du Service de médecine nucléaire et imagerie moléculaire depuis 2021, elle coordonne plusieurs projets cliniques et translationnels nationaux et internationaux de développement et validation de nouveaux radiopharmaceutiques diagnostiques et thérapeutiques dans tous les domaines de la discipline, notamment en oncologie, cardiologie et neuroimagerie. Privat-docent de la Faculté de médecine de l’UNIGE en 2014, elle est nommée professeure associée au Département de radiologie et informatique médicale en 2020 — département dont elle assure la direction depuis 2023 — et est promue à la fonction de professeure ordinaire en octobre 2025.

27 mars 2026

Leçons inaugurales