24 septembre 2026: Leçon d'honneur Prof. François Mach
Le cholestérol n’est pas un long fleuve tranquille!
Pr François MACH
Professeur ordinaire
Département de médecine, Faculté de médecine UNIGE
Médecin-chef du Service de cardiologie, Département de médecine, HUG
Nous avons toutes et tous du cholestérol. Et c'est une bonne nouvelle ! Le cholestérol est indispensable au bon fonctionnement de notre organisme : il entre dans la composition de nos cellules et sert à fabriquer des hormones, de la vitamine D et les sels biliaires qui facilitent la digestion.
Mais s’il est indispensable à la vie, tout le cholestérol ne se vaut pas. Il circule dans le sang transporté par deux types de protéines aux effets opposés : le LDL (lipoprotéine de basse densité), qui dépose le cholestérol dans les tissus et les artères — le fameux « mauvais cholestérol » — et le HDL (lipoprotéine de haute densité), qui au contraire le récupère pour le ramener au foie où il sera éliminé — le « bon cholestérol ».
Lorsque le cholestérol LDL circule en trop grande quantité dans le sang, surtout en présence d'autres facteurs de risque comme le tabagisme, le diabète, l'hypertension ou le manque d'activité physique, il s'accumule progressivement dans les artères. Cela favorise la formation de plaques d'athérosclérose, qui augmentent le risque d'infarctus du cœur et d'AVC, première cause de décès en Suisse.
Un taux élevé de LDL constitue ainsi un facteur de risque cardiovasculaire majeur que l’on peut pourtant mesurer, prévenir et traiter. En Suisse, 14,8% de la population déclarait en 2022 avoir une cholestérolémie élevée ou prendre un traitement en conséquence, un taux qui a presque doublé depuis 2012. Une partie de ces cas relève d'une origine génétique méconnue, l'hypercholestérolémie familiale, qui toucherait environ une personne sur 250 et expose à un risque cardiovasculaire précoce, souvent avant même l'apparition de symptômes.
Depuis plusieurs décennies, les études montrent sans équivoque que diminuer le cholestérol LDL grâce à une alimentation adaptée, une activité physique régulière et, si nécessaire, des médicaments, réduit le risque d'accidents cardiovasculaires. Lors de sa leçon d’honneur, le professeur François Mach reviendra sur l’histoire des recherches ayant permis de profondément redéfinir la prise en charge des personnes présentant un cholestérol élevé.
Biographie
François Mach est cardiologue, spécialiste de l'athérosclérose, de la biologie vasculaire et de la cardiologie préventive. Il effectue ses études de médecine à l'Université de Genève, puis se spécialise en médecine interne et en cardiologie aux HUG. Lors d’un stage post-doctoral à la Harvard Medical School de 1995 à 1999, il mène des recherches sur l'inflammation dans l'athérogenèse. Médecin-chef du Service de cardiologie des HUG depuis 2006, il a présidé la Société suisse de cardiologie (2012-2014). Professeur associé en 2004, il est nommé professeur ordinaire au Département de médecine de la Faculté de médecine de l’UNIGE en 2006.
François Mach a joué un rôle déterminant dans la création et la direction de plusieurs cohortes cardiovasculaires suisses majeures, notamment la cohorte SPUM-ACS, qui comprend plus de 8’000 personnes souffrant d’un syndrome coronarien aigu. Il a également mis en place une infrastructure solide pour la recherche clinique et translationnelle au sein du Service de cardiologie. Ses travaux couvrent un large éventail de domaines, allant de la recherche fondamentale aux essais cliniques à grande échelle et aux études sur la lipidologie et les syndromes coronariens aigus. Contributeur majeur aux recommandations cliniques internationales, il a co-présidé en 2019 la rédaction des recommandations de la Société européenne de cardiologie (ESC) et de la Société européenne d’athérosclérose (EAS) pour la prise en charge de la dyslipidémie, en 2021 les recommandations de l’ESC sur la prévention des maladies cardiovasculaires, puis en 2025, la mise à jour des recommandations ESC/EAS sur la dyslipidémie. Ses recherches sont financées par de nombreuses subventions du Fonds national Suisse de la recherche scientifique (FNS), de l’Union européenne et de diverses fondations.
16 juil. 2026