Jean-Baptiste Marc Bourgery (et Claude Bernard)
Grâce à l'appui philanthropique du baron Benjamin Delessert, Bourgery, jeune médecin brillant, entreprend en 1829 la publication d’une entreprise colossale utile aux médecins, visant à l’exhaustivité encyclopédique: le Traité complet de l'anatomie de l'homme, qui occupera les quinze années restantes de sa vie. Cet ouvrage monumental, qualifié de «magnifique» par la Société des beaux-arts de Paris, «beau livre», «unique en [son] genre», «d'une grande vérité de détail [et] chef-d’œuvre d'exécution pour l'exactitude») – illustré de 725 planches lithographiées par Nicolas Henri Jacob, élève de David – est un in-folio en 16 tomes, 8 vol. de texte en 2108 pages, et 8 vol. de planches pour 3750 figures individuelles, qui fera l'objet de 80 livraisons échelonnées de 1831 à 1854, le dernier tome ayant été publié à titre posthume.
Georges Cuvier, auquel Bourgery soumit le plan de son ouvrage en 1829, en fit l'éloge dès le premier tome paru, devant l'Institut dans sa séance du 12 mars 1832. Jules Michelet reconnut l'excellence de l'iconographie «en voyant la peinture exacte de la matrice après l'accouchement». Jugement contemporain: «Qu'il nous suffise de dire ici que l'ouvrage de M. Bourgery est un des plus beaux dont se glorifiera notre siècle. À tous les faits que pouvaient lui révéler les connaissances historiques les plus approfondies, l'auteur y joint des découvertes qui lui sont propres; et il a eu le talent de ramener l'attention des anatomistes sur des particularités entrevues par d'anciens auteurs, mais oubliées, ou même rejetées, par des observateurs moins attentifs que lui.».
Il entretint des liens d'amitié avec Claude Bernard (auteur du fameux Précis iconographique de médecine opératoire et d’anatomie chirurgicale, 1854), lequel publia de 1867 à 1871, à titre posthume et sous leurs deux signatures, un volume annexe au t. VII consacré à la médecine opératoire. Ludovic Hirschfeld (qui fut son collaborateur chargé des préparations pratiques et des dissections en vue des planches de ce grand ouvrage d'anatomie) allait lui-même publier son Atlas iconographique du système nerveux (1853).
D’après une notice de Nicolas Ducimetière.