Vie du Bouddha
Cette représentation, typique de la mort ou plutôt de l’entrée en paranirvana, du Bouddha historique Sakyamuni est due au pinceau d’un copiste japonais anonyme, probablement de l’époque Momoyama (début XVIe s.) ou Edo (début XVIIe s.). Elle illustre un livre de conte spirituel bouddhique.
Les traditions bouddhistes situent les dates de naissance et de mort du Bouddha historique, Siddhārtha Gautama, soit au VIe s. soit au Ve s. av. J.-C. Les traditions établissent l’âge de sa mort vers 80 ans.
Sentant sa fin prochaine, le Bouddha se serait rendu près de Kushinagar (Uttar Pradesh, Inde). Après avoir exhorté ses disciples une dernière fois, il se serait couché au pied d’un arbre, sur le côté droit et la tête orientée vers le nord posée sur son bras droit, pour entrer en paranirvana c’est-à-dire en ultime repos. Bouddha est toujours représenté couché sur un lit d’apparat, entouré de ses disciples, d’une foule d’humains, d’êtres surnaturels et d’animaux venus le pleurer.
On remarque un groupe de personnages sur des nuages. Il s’agit de la mère de Sakyamuni, Maya Devi. Décédée 80 ans plus tôt après avoir donné naissance au Bouddha, elle apprend que son fils est gravement malade et accourt de la terre pure où elle réside pour lui apporter des médicaments. De peur d’arriver trop tard, elle les lance dans sa direction, mais le sac qui les contient reste accroché à une branche d’arbre (centre de l’image). Chaque 15 février, dans la plupart des temples et monastères bouddhiques du Japon, les moines suspendent dans leur sanctuaire une représentation du paranirvana du Bouddha. Ils célèbrent l’anniversaire de la mort de Sakyamuni.
Cette image nous rappelle que la mort est inévitable, même si l’art médical peut, parfois, en retarder l’occurrence. En termes de pensée bouddhique, le paranirvana correspond à l’extinction de l’ignorance et, conséquemment, de toute souffrance.
D’après une notice de Philippe Neeser.