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Premiers pas pour la mention en médecine de premier recours – médecine de famille
Annoncée en novembre 2023 lors de l’inauguration du Centre de médecine de premier recours, la mention «médecine de premier recours – médecine de famille», ou MPR-MF, est, depuis la rentrée académique, une réalité. Neuf étudiantes et étudiants de 2e année Bachelor en médecine humaine ont pour la première fois rejoint cette formation ancrée dans un réseau de médecins de famille engagé-es pour la relève.
Numéro 51 - décembre 2024
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Emergeant de plus d’une décennie de travail sur les déterminants du choix de carrière, la mention MPR-MF répond à un constat: moins d’un tiers d’étudiantes et étudiants en médecine se destinent à la médecine de famille, exercée en cabinet, bien en deçà des 50% nécessaires pour assurer une véritable continuité et coordination des soins, clés d’un système de santé solide, et alors que les besoins de la population augmentent. Ce projet vise à favoriser l’exposition précoce — dès la 2e année Bachelor — et longitudinale des étudiantes et étudiants à la pratique clinique en médecine de famille (médecine interne générale ou pédiatrie ambulatoire) afin de renforcer les choix de carrière dans ce domaine. Soutenue notamment par un financement exceptionnel de la Fondation privée des HUG, la mention MPR-MF a accueilli sa première volée à la rentrée académique de septembre 2024. «Neuf étudiantes et étudiants ont intégré le programme cette année, et nous en attendons une vingtaine dès la prochaine rentrée académique», indique la Dre Monica Didier, coordinatrice de la mention. «C’est aussi du côté des médecins de famille exerçant en cabinet que l’intérêt pour l’accompagnement de ces étudiantes et étudiants a été important. Un bon signal pour le futur!»
Théorie et pratique en immersion
L’originalité de la mention MPR-MF est non seulement de renforcer les stages pratiques aux côtés de clinicien-nes enseignant-es en cabinet (CEC) avec 10 demi-journées de présence contre 4 dans le cursus d’étude habituel, mais aussi de délocaliser au sein même des cabinets médicaux un certain nombre d’enseignements théoriques. Monica Didier: «Fondamentalement, le curriculum d’enseignement est le même — c’est une obligation légale pour présenter les examens en médecine humaine. Mais cette approche permet un enseignement en très petit groupe – 2 à 3 étudiant-es – et une coloration de la formation tournée vers la médecine de premier recours et ancrée dans la pratique.» La mention MPR – MF permet ainsi un saut dans la pratique clinique beaucoup plus précoce que pour les autres étudiant-es, ce qui permet d’atténuer le choc que certaines et certains ressentent après leur bachelor, face pour la première fois à la réalité du métier de médecin. De plus, les choix de carrière des étudiantes et étudiants sont influencés par de nombreux éléments qui évoluent au fil de leur parcours d’étude. Et en particulier l’image qu’ils/elles ont de la médecine générale. «La mention MPR-MF vise justement à travailler sur ces représentations», ajoute la Pre Dagmar Haller, directrice de l’Institut universitaire de médecine de famille et de l’enfance (IuMFE) et membre de l’équipe de direction de la mention.
La force d’une communauté
Que ce soit au travers de ces enseignements ou des stages, la mention MPR-MF permet de créer un lien avec les mêmes médecins de famille référent-es sur le long terme (idéalement sur l’ensemble du cursus) afin de créer une vraie relation de mentorat et de modèle de rôle. Au-delà de l’apprentissage du métier de médecin, d’autres questions essentielles peuvent être abordées: comment équilibrer la pratique de la médecine, la vie privée et/ou une activité académique? Quels sont les défis particuliers de ce métier et comment les approcher?
Il s’agit également de jeter les bases d’une communauté solide, avec un réseau composé des étudiant-es, des CEC et de la Faculté de médecine au travers de l'IuMFE, qui gère l’opérationnalisation de ce programme. Différents moments formels et informels vont ainsi émailler l’année académique pour renforcer les liens, discuter des problématiques rencontrées et simplement échanger sur les multiples facettes d’un métier curieusement méconnu et les opportunités qu’il offre. «Ce réseau et les échanges qu’il favorise est à mon sens l’un des vrais gains de cette mention», ajoute Monica Didier. «Loin de l’impression de déranger, un sentiment malheureusement partagé par de nombreux étudiantes et étudiants en stages, la confiance qui s’établit génère chez les étudiant-es et les CEC un sentiment d’utilité et de satisfaction qui facilitera la transition en années master et la projection vers la spécialité de médecin de premier recours.» Cette confiance s’étend également au comité de pilotage de la mention, qui comprend des étudiantes et étudiants dont les contributions sont valorisées.
Une mention encore en formation
La mention MPR-MF s’adresse à une vingtaine de personnes par volée. «Sur 150, ce n’est pas énorme», souligne Monica Didier. «Mais ce que nous proposons à ces 20 étudiantes et étudiants, nous aimerions l’offrir à terme à une plus grande partie de la volée. Je suis convaincue que l’exposition précoce à ce métier, et surtout la création d’une communauté d’intérêt favorisera l’orientation vers cette spécialisation, dont l’image ne correspond souvent pas à sa riche réalité.»
Pour aller plus loin
Pour toute question : mention-mprmf@unige.ch