Unité d'histoire moderne

Les enseignements de Michel Porret et des collaborateurs de l’unité d’histoire moderne portent sur l’histoire de l’Europe moderne, entre la Renaissance et la Restauration de 1815, dans la perspective d’une analyse de la société, des institutions, de la culture, des idées, des pratiques sociales, des représentations et des sensibilités. L’accent est mis sur les trois périodes de la modernité – temps de la Réforme, temps des Lumières, temps des révolutions. Une partie des enseignements s'inscrit dans le cadre d'une première modernité bouleversée par l'éclatement de l'unité chrétienne médiévale en confessions rivales issues des réformes religieuses du XVIe siècle. Tenant compte de l'impact que provoquent la confrontation avec les civilisations amérindiennes, la redécouverte des textes laissés par l'Antiquité et le christianisme primitif grâce à l'humanisme, l'accélération de la circulation des idées par le biais de l'imprimerie et la multiplication des guerres de religion, ces enseignements examinent la transformation simultanée de la pensée théologique et politique, des institutions civiles et ecclésiastiques, et de l'expérience religieuse et politique dans le cadre du “processus de confessionnalisation” que connaissent les sociétés modernes. Ancrant le siècle de Voltaire dans la “crise de la conscience européenne”, l’enseignement concernant le temps des Lumières illustre la deuxième modernité politique, religieuse, sociale et culturelle de l'Ancien Régime. Sociétés sécularisées, État moderne et genèse de l'État de droit né du temps des révolutions : ces objets focalisent notamment l'enseignement de l'unité d'histoire moderne. Entre sources, recherches en archives, historiographie et histoire de l’histoire, les étudiant(e)s sont ainsi familiarisés avec les principales périodes de l’Ancien Régime autour d’objets qui en montrent la spécificité par rapport à la période contemporaine (État, Église, culture politique et religieuse, guerre, diplomatie, criminalité, chasse aux sorcières, justice, droit de punir, police de la ville, “médecine judiciaire”, censure, laïcité et réformisme intellectuel, République des Lettres, encyclopédisme, sensibilités et comportements collectifs, marginalité). Avec la dialectique “normes vs déviances”, et son impact sur le contrôle social dans la société traditionnelle ainsi que sur les mutations des sensibilités, les enseignements donnent sens à la durée et aux crises de l'Ancien Régime, avec ses ruptures et ses continuités. Le séminaire de recherche est réservé aux mémorant(e)s et aux doctorant(e)s en histoire moderne qui y présentent et discutent l’état de leur recherche. Finalement, depuis 2009, l’équipe DAMOCLES (Droit, Administration, Magistrats, Ordre, Crime, Lois et Société) permet de mieux structurer la recherche dans le cadre de l’unité d’histoire moderne.

