Colloque "Le Consensus", 21-22.01.26

"Le Consensus". Définitions et usages d'une notion politique, juridique et diplomatique (XIVe-XVIIe s.)

 

Au Moyen Âge et à l’époque moderne, les sources mobilisent de multiples manières de dire et de produire l’accord collectif, sans que le consensus n’apparaisse comme une notion systématiquement nommée ni clairement définie. Loin d’être systématiquement nommé comme tel, il s’exprime le plus souvent à travers d’autres vocabulaires - concordia, assensus, pactum, unitas, communis opinio - et s’inscrit dans des pratiques et des dispositifs qui en rendent la présence à la fois diffuse et décisive. Présent dans les langages du droit, de la théologie, du gouvernement et de la diplomatie, le consensus apparaît tantôt comme une condition de légitimité, tantôt comme un instrument de pacification, ou encore comme une technique de décision ou de mise en forme de l’unité politique. Sa force tient précisément à cette plasticité, qui en fait à la fois une catégorie opératoire et une notion profondément problématique.

 

Cette rencontre propose d’interroger le consensus non pas comme un idéal abstrait ou une évidence normative, mais comme une construction historiquement située, élaborée dans des contextes précis et à travers des pratiques concrètes. Entre le XIIᵉ et le XVIIᵉ siècle, l’accord collectif se décline selon des modalités multiples - unanimité, assentiment majoritaire, consentement tacite, compromis négocié - et se manifeste à travers des dispositifs variés : procédures conciliaires, délibérations collégiales, élections, arbitrages, traités et négociations diplomatiques. C’est dans ces espaces, souvent marqués par le conflit et l’asymétrie des positions, que se jouent les tensions entre unité proclamée et dissensus réel.

 

En croisant les approches de l’histoire du droit, de la pensée politique et de la diplomatie, la rencontre entend mettre en lumière les mots, les paroles, les gestes, les procédures et les cadres normatifs par lesquels l’accord est formulé, produit et rendu opératoire, sans toujours être nommé comme consensus. Il s’agit moins de proposer une définition univoque que d’analyser les usages, les déplacements et les effets de l’accord collectif, afin de comprendre comment il est pensé, négocié et légitimé dans les pratiques médiévales et modernes.

 

Programme

 

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