WP3 – XVIIe siècle
Consensus, raison d’État et institutionnalisation des pratiques diplomatiques
Objectifs
Le WP3 se concentre sur le XVIIe siècle, période durant laquelle la doctrine diplomatique connaît une large diffusion et une formalisation accrue. Il vise à analyser comment le consensus est désormais pensé en relation étroite avec la raison d’État, la souveraineté, la légitimité politique et l’émergence de cadres juridiques et bureaucratiques plus stabilisés.
Ce work package interroge le passage d’un consensus pensé comme ajustement relationnel à un consensus de plus en plus institutionnalisé, inscrit dans l’écriture, les procédures et les dispositifs de représentation. Il met en lumière les tensions entre idéal de stabilité, pratiques de négociation et usages stratégiques de l’accord.
Corpus
Le corpus du WP3 comprend des traités majeurs du XVIIe siècle, notamment ceux de Jean Hotman, Juan Antonio de Vera, Gasparo Bragaccia, Carlo Maria Carafa et Abraham de Wicquefort. Souvent rédigés en langues vernaculaires, ces textes témoignent de la consolidation des normes diplomatiques et de la professionnalisation des rôles d’ambassadeur et de ministre public.
Une attention particulière est accordée aux Mémoires touchant les Ambassadeurs et les Ministres publics (1676) d’Abraham de Wicquefort, envisagés comme un point d’aboutissement de la réflexion moderne sur le consensus diplomatique.
Méthodes
Le WP3 combine une analyse contextuelle des régimes politiques et diplomatiques avec une lecture attentive des discours normatifs et prescriptifs. Il examine comment le consensus est articulé aux notions d’autorité, de représentation, de publicité et de reconnaissance, et comment l’écriture diplomatique devient un instrument central de stabilisation politique.
La comparaison avec les périodes antérieures permet de mettre en évidence à la fois des continuités de longue durée et des inflexions majeures liées à la souveraineté, à la bureaucratisation et à l’institutionnalisation des pratiques.
Équipe
Le WP3 est conduit sous la direction scientifique de Noëlle-Laetitia Perret, en collaboration étroite avec Adrien Wyssbrod, collaborateur scientifique en charge de l’édition critique et de l’analyse des Mémoires touchant les Ambassadeurs et les Ministres publics (1676) d’Abraham de Wicquefort. Spécialiste d’histoire du droit et de la culture politique moderne, Adrien Wyssbrod éclaire, à travers ce travail, les formes de légitimation, les normes de représentation et les usages du consensus dans les doctrines diplomatiques du XVIIe siècle, contribuant de manière décisive à l’analyse de l’institutionnalisation du consensus et de son articulation avec la raison d’État.
Ce work package s’appuie également sur l’expertise de Gavino Scala et de Parwana Emamzadah Roth pour l’analyse lexicale, sémantique et conceptuelle des textes, ainsi que pour l’intégration des méthodes numériques dans l’étude des doctrines diplomatiques du XVIIe siècle.
Questions clés
- Comment le consensus est-il redéfini au XVIIe siècle en lien avec la raison d’État et la légitimité souveraine ?
- Quel rôle jouent l’écriture, les procédures et la bureaucratie dans la stabilisation — ou la mise en scène — du consensus ?
- Comment les traités modernes combinent-ils consensus proclamé, consensus négocié et consensus tacite ?
- En quoi les doctrines du XVIIe siècle transforment-elles, réinterprètent-elles ou durcissent-elles les modèles hérités des périodes antérieures ?