Élargir le spectre clinique des encéphalopathies GNAO1
Les mutations du gène GNAO1 sont une cause bien connue de troubles neurodéveloppementaux graves, le plus souvent associés à une épilepsie précoce, des troubles moteurs et un retard de développement. Cependant, le spectre clinique complet des troubles liés au gène GNAO1 n'est pas encore entièrement compris.
Une nouvelle sous-catégorie de la maladie avec des symptômes plus légers
Le gène GNAO1 code pour la protéine Gαo, une protéine de signalisation essentielle au fonctionnement du cerveau. Dans une étude récente publiée dans la revue Molecular Autism, des scientifiques du laboratoire du Professeur Vladimir Katanev décrivent le cas de deux enfants atteints de troubles sévères du langage et d'une déficience intellectuelle, l'un originaire du Royaume-Uni et l'autre d'Allemagne, qui sont porteurs de nouvelles mutations du gène GNAO1. Ils ont également analysé le cas d'un troisième patient australien présentant des symptômes similaires, déjà rapporté précédemment.
Les trois patients présentant des troubles graves de la parole et une déficience intellectuelle, mais aucun trouble moteur, sont localisés au Royaume-Uni, en Allemagne et en Australie.
L'équipe de recherche a mis en évidence des altérations profondes de l'activité de signalisation de la protéine Gαo et de ses interactions avec des régulateurs clés. Malgré ces perturbations, les protéines mutantes étaient correctement localisées au niveau de la membrane cellulaire, ce qui indique un mécanisme pathologique distinct de celui observé dans les encéphalopathies plus typiques liées au gène GNAO1.
Nos résultats montrent que les mutations du gène GNAO1 peuvent affecter le développement de la parole, même en l'absence des troubles moteurs généralement associés à ce gène.
Implications potentielles
Malgré des caractéristiques inhabituelles et l'absence de troubles moteurs, les trois variants ont réagi à un traitement à base de zinc. Auparavant décrit uniquement dans des cas plus graves, cela suggère que le zinc pourrait constituer une option thérapeutique potentielle pour ces patients.
Dans l'ensemble, ces résultats élargissent la compréhension clinique et mécanistique des troubles liés au gène GNAO1 et confirment l'importance d'inclure le gène GNAO1 dans les tests génétiques destinés aux enfants atteints de troubles graves de la parole et d'une déficience intellectuelle, même en l'absence de convulsions ou de troubles moteurs. Il sera essentiel d'étudier davantage de patients afin de mieux établir le lien entre les modifications génétiques spécifiques et les symptômes, et de pouvoir ains proposer des traitements personnalisés.