Chapitre IX.
Les vases communicants 1
a
Avec la conservation du mouvement, nous avons rencontrĂ© la forme la plus simple des schĂšmes opĂ©ratoires se rapportant Ă la structure de groupe, puisque la construction de cette notion par lâadolescent repose directement sur la rĂ©versibilitĂ© formelle par inversion. Avec les problĂšmes dâĂ©quilibre, dont la question des vases communicants fournit un premier exemple, nous abordons une variĂ©tĂ© plus complexe de schĂšme reposant sur la structure de groupe, car en tout Ă©quilibre interviennent simultanĂ©ment les deux formes possibles de la rĂ©versibilité : lâinversion qui correspond aux adjonctions ou suppressions effectuĂ©es dans les parties du systĂšme qui sâĂ©quilibrent entre elles et la rĂ©ciprocitĂ© qui correspond aux symĂ©tries ou compensations entre ces parties (donc aux actions Ă la fois Ă©quivalentes en leurs produits respectifs et orientĂ©es en sens contraires). Or, les inversions et rĂ©ciprocitĂ©s forment entre elles un groupe.
Pour illustrer la chose et surtout pour mieux comprendre en quoi le schĂšme opĂ©ratoire correspondant Ă la notion dâĂ©quilibre est au centre des mĂ©canismes de la pensĂ©e formelle, rappelons que, outre les opĂ©rations proprement dites (ou « opĂ©rateurs ») de la logique des propositions, comme la disjonction (p v q), lâimplication (p j q), etc., il existe des transformations plus gĂ©nĂ©rales qui transforment les opĂ©rateurs les uns dans les autres. Câest ainsi quâun opĂ©rateur tel que p v q peut ĂȘtre transformĂ© par inversion ou nĂ©gation en p. q, transformation que nous dĂ©signerons par Nâ, soit N (p V q) = p. q. Mais on peut aussi transformer (p v q) par rĂ©ciprocitĂ© R, soit R (p v q) = p v q = p/q. On peut Ă©galement transformer (p v q) par corrĂ©lativitĂ© C (câest-Ă -dire en permutant les v et les .), soit C (p v g) = p. q. On peut enfin transformer lâopĂ©rateur (p v q) en lui-mĂȘme, par transformation identique I, soit 1 (p v q) = (p v q). On constate alors que I, N, H et C forment entre elles un groupe commutatif de 4 transformations, car la corrĂ©lative C est lâinverse N de la rĂ©ciproque R, soit C = NB (et aussi C = RN). De mĂȘme, on a R = CN (ou NC) et N = CR (ou RC). Enfin, on a Z = RCN (ou CBN, etc.). Or, le grand intĂ©rĂȘt psychologique de ce groupe est quâil correspond effectivement Ă certaines structures fondamentales de la pensĂ©e, au niveau formel, du fait que lâinversion N exprime la nĂ©gation, que la rĂ©ciprocitĂ© R exprime la symĂ©trie (transformations Ă©quivalentes orientĂ©es en sens contraires) et que la corrĂ©lativitĂ© est la symĂ©trique de la nĂ©gation. Câest ainsi que la notion dâĂ©quilibre, qui donne lieu trĂšs tĂŽt Ă certaines intuitions approchĂ©es (balance, etc.) nâest rĂ©ellement comprise quâau niveau formel, lorsque le sujet est capable Ă la fois de distinguer et de coordonner les inversions (par exemple augmenter ou diminuer une force dans lâune des parties du systĂšme), les rĂ©ciprocitĂ©s (compenser une force par une autre Ă©quivalente, donc assurer la symĂ©trie entre les parties) et les corrĂ©lativitĂ©s (rĂ©ciprocitĂ© dans la nĂ©gation) : relativement simples en certains cas concrets, ces transformations supposent, en effet, une pensĂ©e et des Ă©noncĂ©s beaucoup plus abstraits dans la plupart des problĂšmes dâaction et de rĂ©action, dans lesquels la difficultĂ© est de saisir que celle-ci est simultanĂ©ment Ă©gale Ă celle-lĂ et orientĂ©e en sens contraire. En de tels cas, les instruments nĂ©cessaires Ă la pensĂ©e sont bien, non seulement la logique des propositions, mais encore son groupe fondamental I, N, R, C. Câest ce que nous verrons au chapitre suivant Ă propos de lâĂ©quilibre entre la pression dâun piston et la rĂ©sistance des liquides ; et câest ce que nous apercevrons dĂ©jĂ dans le prĂ©sent chapitre Ă propos du problĂšme prĂ©alable de lâĂ©quilibre des vases communicants.
Dans le cas des vases communicants, la rĂ©ciprocitĂ© servira Ă exprimer les actions compensatrices entre vases distincts et les transformations par inversion traduiront lâĂ©lĂ©vation et lâabaissement du liquide (que nous rĂ©aliserons, non pas en ajoutant ou en enlevant de lâeau, mais en montant et en baissant les rĂ©cipients). Dans le dispositif A, le sujet Ă©lĂšvera ou abaissera Ă volontĂ© les vases Ă la main en ajoutant ou enlevant les plots sur lesquels il repose. Dans le dispositif B, il montera ou baissera les deux vases au moyen de leviers, et dans le dispositif C il nâen pourra dĂ©placer quâun seul, lâautre Ă©tant immobile.
En outre, les rĂ©cipients pouvant nâĂȘtre ni de mĂȘme forme, ni de mĂȘme volume, il est parfois nĂ©cessaire, pour trouver la loi, dâexclure ces deux facteurs, mais on peut faire abstraction de la pression de lâair, qui est Ă©quivalente pour les deux colonnes de liquide 2. Sur ce dernier point, les connaissances acquises peuvent intervenir, mais il reste Ă savoir de quelle comprĂ©hension et de quelle utilisation, lâadolescent en est capable : le problĂšme des opĂ©rations formelles reste dĂ©cisif Ă cet Ă©gard et lâinfluence de lâĂ©cole nâen empĂȘche pas lâanalyse.
§ 1. Le stade I : indiffĂ©renciation entre les actions du sujet et les transformations de lâobjet et absence de rĂ©ciprocitĂ©
Le stade de 4-5 Ă 7-8 ans est dâun grand intĂ©rĂȘt au point de vue du dĂ©veloppement des opĂ©rations : aucune opĂ©ration nây est encore possible, faute de dissociation entre lâaction subjective et les transformations objectives et faute de rĂ©versibilitĂ© entre les actions successives. Il en rĂ©sulte que le sujet ne parvient ni Ă prĂ©voir, ni Ă comprendre la symĂ©trie des effets objectifs dans les relations entre les deux rĂ©cipients :
Guy (5 ; 6). Disp. B : il tire alternativement des deux cĂŽtĂ©s et conclut : « Si je tire lĂ (I) lâeau part, et puis elle vient lĂ (II). Si on tire lĂ (II), lâeau va ici (I). »
Disp. A : il baisse Ă gauche et tient le bocal de droite incliné : « Il y a plus dâeau.ici (droite). VoilĂ , il y a plus dâeau lĂ (gauche) : jâai baissĂ© ici et lâeau est allĂ©e lĂ . â Pourquoi descend-elle ? â Je ne sais pas ; câest parce quâelle ne veut pas remonter. »
Disp. C. : « Jâai bien compris : lâeau doit aller lĂ (lorsquâil tire de lâautre cĂŽtĂ©). »
Lâenfant comprend donc bien quâen tirant dâun cĂŽtĂ©, ce qui fait monter le rĂ©cipient, lâeau passe de lâautre cĂŽtĂ©, mais il ne comprend pas quâil sâagit dâune diffĂ©rence de hauteur. Avec le dispositif A, destinĂ© Ă rendre les diffĂ©rences de niveau plus visibles, il croit quâil suffit dâincliner un bocal pour faire couler lâeau dans lâautre, et quand on insiste sur le fait que lâeau descend, il se borne Ă dire quâelle ne veut pas remonter. Notons dâailleurs que cette rĂ©action nâest pas spĂ©ciale aux vases communicants et que, durant ce mĂȘme stade, lâenfant ne sait pas que lâeau des riviĂšres descend toujours 3. Mais, dans le cas particulier, ce dĂ©faut de comprĂ©hension est renforcĂ© par lâindissociation entre lâaction propre, (tirer, incliner, etc.) et le processus objectif, de telle sorte que la rĂ©ciprocitĂ© nâest comprise quâentre les actions de tirer et leurs rĂ©sultats et non pas entre les descentes et les montĂ©es de liquides tendant Ă une Ă©galisation des niveaux.
§ 2. Le sous-stade II A : traduction des actions en opérations objectives et découverte des relations de hauteur
Le rĂŽle des hauteurs est dĂ©couvert : plus un bocal est haut par rapport au second, et plus lâeau monte dans celui-ci pendant quâelle baisse dans le premier. Cette observation est bien due aux actions du sujet qui Ă©lĂšve ou descend les bocaux au moyen des chaĂźnes ou directement, mais les actions sont traduites en opĂ©rations qui portent sur les rĂ©sultats obtenus et les dĂ©crivent en termes de relations objectives dissociĂ©es de lâactivitĂ© propre :
Nel (7 ; 11) : « Ăa monte toujours plus dans celui-lĂ quand je monte celui-ci et ça descend quand je descends. »
Tac (8 ; 10). Disp. B : On cache Ă droite et on demande de faire arriver lâeau au troisiĂšme Ă©tage. Le sujet rĂ©ussit trĂšs approximativement et dit : « Jâai regardĂ© Ă peu prĂšs ici (elle regarde la hauteur atteinte par lâautre bocal). »
Disp. A : « Avant il fallait tirer ; maintenant il faut mettre les plots et ça fait lever les bocaux » puis il conclut comme Nel.
Mais, pour ce qui est de lâexplication, il ne sâagit encore nullement dâun Ă©quilibre entre poids et pressions : lâeau descend simplement du bocal le plus haut pour entrer dans le plus bas parce quâil est plus bas. Quant Ă expliquer comment lâeau monte dans ce dernier (puisquâelle entre par la partie infĂ©rieure du rĂ©cipient), le sujet de ce sous-stade recourt alors Ă lâĂ©lan, Ă la vitesse, Ă lâair, etc. :
Mic (7 ; 10) : « As-tu compris comment lâeau bouge ? â Il faut baisser (le bocal dans lequel doit monter lâeau), alors lâeau vient⊠elle a coulĂ©. »
Tea (8 ; 1) : « Lâeau a passĂ© par le tuyau et est allĂ©e dans lâautre. » « Quâas-tu regardé ? â Pour voir la vitesse. Lâeau ne diminue pas si vite (dans le petit) que dans le gros tube, parce que le tube est plus mince et a moins dâair que le gros. Ăa mâĂ©tonne que le gros tube, qui a plus dâair, marche, et celui-lĂ qui en a moins marche aussi : câest peut-ĂȘtre parce quâil est plus long. Sâil y a une grosse embouchure dâair, lâeau marcherait moins vite. » Donc, lâair aide ou arrĂȘte selon quâil pousse ou occupe dĂ©jĂ la place.
Le progrĂšs de ces rĂ©actions par rapport Ă celles du niveau I est bien clair : câest la descente ou la montĂ©e de lâeau qui est dĂ©crite et non plus seulement lâaction propre de tirer la chaĂźne ou de dĂ©placer le bocal. Par contre, la diffĂ©rence entre ces mĂȘmes rĂ©actions et celles du sous-stade II B est difficile Ă saisir si lâon ne se rĂ©fĂšre pas aux structures spatiales dont disposent les sujets. Comme nous lâavons montrĂ© ailleurs 4, lâenfant du sous-stade II A nâest pas encore capable de se reprĂ©senter lâhorizontalitĂ© du niveau de lâeau dans un rĂ©cipient inclinĂ© parce quâil ne cherche pas Ă sâappuyer sur des rĂ©fĂ©rences extĂ©rieures Ă ce rĂ©cipient et sâen tient aux relations intĂ©rieures : ce nâest que vers 9-10 ans, avec la structuration des systĂšmes de coordonnĂ©es, que lâhorizontalitĂ© et la verticalitĂ© prennent une signification reprĂ©sentative prĂ©cise. Or, il se trouve justement que, dans les prĂ©sentes expĂ©riences, les sujets du sous-stade II A ne signalent point encore lâĂ©galitĂ© de niveau atteinte par lâeau dans les deux rĂ©cipients : ils dĂ©couvrent simplement que lâeau descend dans lâun quand elle monte dans lâautre, jusquâau moment oĂč elle sâarrĂȘte dans les deux ; ils savent en outre que lâeau descend du bocal situĂ© le plus haut et quâelle monte dans celui qui est situĂ© le plus bas, mais ces relations de hauteur ne sont appliquĂ©es quâaux rĂ©cipients eux-mĂȘmes et nâimpliquent toujours pas lâĂ©galitĂ© finale des deux niveaux dâeau, câest-Ă -dire lâhorizontalitĂ© de la ligne qui relie ces deux niveaux. Câest pourquoi, lorsque lâon cache un des bocaux en demandant dâatteindre une certaine hauteur (voir Tac : le troisiĂšme Ă©tage du dispositif B), le sujet ne rĂ©ussit que trĂšs approximativement et regarde la hauteur Ă laquelle parvient lâautre bocal et non pas le niveau de lâeau elle-mĂȘme.
Au total, la notion de lâĂ©quilibre dĂč systĂšme commence donc Ă peine Ă ĂȘtre entrevue et se rĂ©duit essentiellement aux opĂ©rations dâĂ©lever et dâabaisser les bocaux en vue de faire descendre ou monter lâeau. Sans doute y a-t-il dĂ©jĂ lĂ un dĂ©but dâinversion (Ă©lever et abaisser les rĂ©cipients) et de rĂ©ciprocitĂ© (lâeau descend dans lâun quand elle monte dans lâautre), mais il manque la condition dâĂ©quivalence qui seule permettrait de coordonner ces transformations : lâĂ©galitĂ© finale des deux niveaux de lâeau.
§ 3. Le sous-stade II B : Ă©galitĂ© finale des niveaux du liquide mais absence dâexplication
Le sous-stade II B, qui est celui de lâachĂšvement des opĂ©rations concrĂštes, marque Ă©galement une sorte de palier maximum dans la structuration du schĂšme de lâĂ©quilibre pour autant que le sujet ne fait point encore appel aux opĂ©rations formelles : grĂące Ă la construction des systĂšmes de rĂ©fĂ©rence spatiaux (axes de coordonnĂ©es naturelles), lâenfant dĂ©couvre lâĂ©galitĂ© des niveaux de lâeau dans les deux rĂ©cipients (horizontalitĂ©), en tant que condition dâĂ©quilibre du systĂšme, mais il ne parvient ainsi quâĂ la loi sans dĂ©couvrir les causes, parce que la loi tient aux seules opĂ©rations de classes et de relations, suffisantes pour dĂ©terminer les correspondances en prĂ©sence, tandis que lâexplication requiert lâintervention du groupe des 4 transformations interpropositionnelles indiquĂ©es au dĂ©but de ce chapitre.
Xi (8 ; 9) : « Quand je tire ici, lâautre (bocal) se remplit ; quand je tire lĂ , lâautre se remplit aussi. â Lâeau est au n° 2 ; mets-lĂ au n° 3. â (Il rĂ©ussit). â Comment as-tu fait ? â Jâai vu que quand lâeau monte ici elle descend lĂ -bas ; alors je jais lâinverseâŠ, etc. » A un moment donnĂ© il se trompe (on cache chaque fois lâendroit Ă atteindre). Il prend alors la rĂšgle et mesure de la table au numĂ©ro indiquĂ©, puis il reporte la mĂȘme hauteur sur le bocal visible, de lâautre cĂŽtĂ©, pour dĂ©terminer le niveau de lâeau. Une autre fois il place sa rĂšgle horizontalement pour assurer lâĂ©galitĂ© des niveaux.
Mic (9 ; 11) rĂ©ussit lâĂ©preuve du niveau caché : « Comment as-tu su ? â Parce que jâai calculĂ© lâĂ©tage ici et jâai regardĂ© lĂ pareil. »
Soc (10 ; 9) : « Lâeau est au mĂȘme niveau. Quand je monte ici, lâeau monte lĂ , mais il y a toujours la mĂȘme contenance, mĂȘme si ça monte. â Quâentends-tu par contenance ? â Il y a toujours la mĂȘme quantitĂ© dâeau (il voit bien que les volumes sont diffĂ©rents) : lâeau reste Ă la mĂȘme hauteur des deux cĂŽtĂ©s. »
Dom (11 ; 4) : « Le niveau est exactement le mĂȘme. » « Lâeau monte vite dans ce tube et descend moins vite dans la bouteille : ça vient du volume des bocaux, mais par contre lâeau sera toujours au mĂȘme niveau. » Dispositif A : « Et le niveau ? â Il changera. Non, plutĂŽt il sera toujours le mĂȘme (des deux cĂŽtĂ©s), mais il changera de hauteur (absolue). »
Gas (10 ; 6) mesure les hauteurs et vĂ©rifie lâhorizontalitĂ©. On lui prĂ©sente un long tube communiquant avec un trĂšs large cristallisoir : il prĂ©voit que les niveaux seront quand mĂȘme identiques.
On voit ainsi que, en corrĂ©lation avec la constitution des systĂšmes de rĂ©fĂ©rence fondĂ©s sur les coordonnĂ©es de lâespace physique immĂ©diat (verticales et horizontales), ces sujets dĂ©couvrent Ă la fois lâĂ©galitĂ© de niveau des liquides et les moyens de la vĂ©rifier, soit en contrĂŽlant lâhorizontalitĂ© de la ligne qui relie les surfaces (Xi et Gas), soit en mesurant les hauteurs respectives (Xi, Mic et Gas). Ce passage du qualitatif au mĂ©trique montre assez la prĂ©occupation du sujet Ă lâĂ©gard des axes de coordonnĂ©es, et la substitution de la notion dâĂ©quilibre fondĂ©e sur lâĂ©galitĂ© de niveau Ă lâĂ©quilibre du sous-stade II A fondĂ© sur les montĂ©es et descentes. Les transformations par inversion se rĂ©duisent alors Ă lâĂ©lĂ©vation ou Ă lâabaissement du niveau dans lâun des bocaux, tandis que la rĂ©ciprocitĂ© comporte dorĂ©navant lâensemble des transformations reliant le niveau du liquide de lâun des rĂ©cipients au niveau de lâautre.
Mais en quoi consiste alors le mĂ©canisme de ces transformations ? Les seules opĂ©rations concrĂštes dont dispose le sujet de ce stade ne permettent pas de lâĂ©tablir : elles conduisent simplement, par leurs sĂ©riations et correspondances spatiales et temporelles, Ă dĂ©terminer les conditions de lâĂ©quilibre mais nâatteignent encore nullement le jeu des forces en prĂ©sence. Quand on passe de la loi Ă lâexplication, les uns comme Soe invoquent une Ă©galitĂ© des « contenances » ou « quantitĂ©s », mais comme il est Ă©vident que les volumes sont diffĂ©rents, cette quantitĂ© se rĂ©duit en fin de compte Ă lâĂ©galitĂ© des hauteurs elles-mĂȘmes, câest-Ă -dire des niveaux. Les autres insistent sur les diffĂ©rences de volume (Dom et Gas) pour expliquer les vitesses distinctes dâĂ©coulement et pour aboutir finalement aussi Ă souligner lâĂ©galitĂ© des niveaux. Un sujet de 10 ans nous a prĂ©cisĂ© que lâeau va toujours « le plus bas possible », ce qui montre que la tendance de lâeau Ă descendre est dorĂ©navant attribuĂ©e (comme nous le savions par ailleurs) Ă son poids ; mais celui-ci nâest pas non plus invoquĂ© Ă titre dâexplication de lâĂ©quilibre, puisque les volumes en jeu sont manifestement distincts. Bref, lâĂ©quilibre est dorĂ©navant bien dĂ©crit, grĂące aux opĂ©rations concrĂštes qui permettent dâĂ©tablir les inversions et rĂ©ciprocitĂ©s spatiales et temporelles, mais il nâest nullement expliquĂ©, faute dâinversions et de rĂ©ciprocitĂ©s portant sur les actions et rĂ©actions elles-mĂȘmes.
§ 4. Le sous-stade III A : dĂ©buts dâexplication et de structuration formelle
A ce premier niveau formel, par contre, on assiste Ă un remaniement important des opĂ©rations et de lâexplication. La conservation du volume est enfin acquise et le volume est finalement diffĂ©renciĂ© de la quantitĂ© de matiĂšre et du poids 5. Il en rĂ©sulte alors ce fait paradoxal que la situation dont les sujets du sous-stade II B nâĂ©taient nullement gĂȘnĂ©s, câest-Ă -dire lâĂ©galitĂ© des niveaux lorsque les volumes sont diffĂ©rents (et les formes des rĂ©cipients), paraĂźt impossible Ă accepter aux sujets du sous-stade III A. Loin de gĂ©nĂ©raliser la loi Ă tous les cas, comme au sous-stade II B (par une gĂ©nĂ©ralisation dâailleurs limitĂ©e, puisque portant sur les seuls niveaux), les sujets du sous-stade III A commencent par restreindre la portĂ©e de la loi aux cas des formes et volumes Ă©gaux. Quant aux formes et volumes inĂ©gaux, ils sâattendent Ă ce que lâĂ©galitĂ© des niveaux cesse en de tels cas, et, lorsque lâexpĂ©rience les dĂ©trompe, ils limitent leurs conclusions aux cas effectivement observĂ©s et se refusent Ă toute gĂ©nĂ©ralisation dĂ©passant ce qui leur paraĂźt constituer des exceptions. Il y a donc lĂ un bel exemple dâinterfĂ©rence entre les opĂ©rations constitutives de la loi et les opĂ©rations explicatives ou causales. Plus prĂ©cisĂ©ment les opĂ©rations du stade III, en devenant explicatives, conduisent le sujet Ă limiter la gĂ©nĂ©ralisation due aux opĂ©rations concrĂštes ou lĂ©gales (lĂ©gales parce que ne portant ici que sur les seuls niveaux et non pas encore sur lâĂ©quilibre des actions et rĂ©actions).
En quoi consistent alors ces nouvelles opĂ©rations ? Ă concevoir lâĂ©quilibre des vases communicants, non plus simplement comme un Ă©coulement du haut vers le bas jusquâĂ Ă©galitĂ© des niveaux, mais comme un systĂšme dâactions et rĂ©actions, dont les inversions et rĂ©ciprocitĂ©s sont Ă Ă©noncer en un langage mĂ©canique et non plus seulement spatial et temporel. Câest pourquoi les sujets de ce sous-stade exigent-ils, pour quâil y ait Ă©galitĂ© de niveau, une Ă©galitĂ© de poids fondĂ©e sur celle des volumes et contestent-ils, faute de comprendre la compensation due au rapport du poids de la colonne verticale dâeau Ă la surface de base de cette colonne, que deux vases nâayant pas la mĂȘme contenance, puissent vĂ©rifier la loi.
And (12 ; 9) Ă©tablit lâĂ©galitĂ© des niveaux dans toutes les positions. « Et si, Ă la place de celle-ci on mettait une bouteille de forme conique ? â Câest pas possible de rĂ©ussir, juste Ă cause de la forme conique. â Mais tu mâas dit que câĂ©taient toujours les mĂȘmes niveaux ? â Câest le mĂȘme Ă condition que le diamĂštre soit le mĂȘme Ă toutes les hauteurs du bocal. Ici (formes conique et cylindrique) les hauteurs⊠On nâarriverait pas Ă compenser (lâun par lâautre) : Câest la forme du bocal qui joue un rĂŽle. » Il fait lâexpĂ©rience et est Ă©tonnĂ© de trouver le mĂȘme niveau : « Comment lâexpliques-tu ? â Probablement que la forme du vase ne joue pas de rĂŽle. â Pourquoi « probablement » ? â Puisque les faits sont lĂ Â ! (Cf. cette opposition entre les faits et la thĂ©orie, si caractĂ©ristique de la pensĂ©e formelle.) â Pourquoi est-ce le mĂȘme niveau ? â Parce que (le bocal conique) ça sâĂ©largit vers le haut (lâouverture est en bas). â Mais si câĂ©tait Ă lâenvers ? â Ce ne serait pas le mĂȘme niveau (!) â Que se passe-t-il quand lâeau est dans le tuyau ? â Ce nâest pas le mĂȘme niveau parce que le tube est plus mince que le rĂ©cipient. »
Bon (12 ; 8) affirme que les niveaux sont les mĂȘmes. Dans le cas du dispositif B, il prend des mesures verticales prĂ©cises quand on cache lâun des bocaux : « Toujours quand on soulĂšve un rĂ©cipient, dans lâautre lâeau se lĂšve : alors lâeau doit monter ou descendre dans les deux. » â « Ăa se passe toujours comme ça ? â Oui, toujours⊠Non, pas dans tous les cas : pas quand les bocaux ne seront pas de la mĂȘme grosseur. â Mais dans ce dispositif (C) les bocaux sont de la mĂȘme grosseur ? â Non, mais la longueur du tuyau et la grosseur du bocal peuvent contenir la mĂȘme quantitĂ© dâeau. â Et ici (long bocal tubulaire Ă gauche et large cristallisoir Ă droite (cf. le cas de Gas au stade II A) ? â Lâeau nâira ici (cristallisoir) que jusquâici (bien plus bas que lâautre). â Pourquoi ? â Parce que le bocal est plus large. »
Ean (13 ans). Disp. A : il lĂšve les deux bocaux Ă la fois « pour voir si en levant les deux ensemble jâobtiens les deux au mĂȘme niveau comme quand ils Ă©taient en bas ». Puis : « Pour ajouter une partie de lâeau dans lâun il faut enlever la mĂȘme quantitĂ© dans lâautre. Quand je mets les bocaux dans diffĂ©rentes positions (lâun par rapport Ă lâautre), on peut toujours voir le niveau le mĂȘme dans les deux. â Et si on mettait une bouteille mince Ă la place de celle-ci ? â Non, si jâai une grosse et une petite, parce que le volume est plus gros⊠le niveau est toujours plus haut. »
Pie (14 ; 3), bocaux Ă©gaux : « Si une bouteille est (placĂ©e) plus haut que lâautre, lâeau va dans lâautre » parce que « pour la quantitĂ©, câest la mĂȘme chose ». Mais avec des bocaux inĂ©gaux « quand il y aura la mĂȘme quantitĂ© dans les deux verres, le niveau du tube sera plus haut, parce quâil est plus mince ». Quand on cache lâun des bocaux, il rĂ©pond : « Je ne peux pas calculer, parce que le diamĂštre des deux verres nâest pas le mĂȘme. »
On voit la diffĂ©rence entre ces sujets et ceux du sous-stade IIB bien quâils emploient parfois les mĂȘmes mots : la « compensation » (And) est dorĂ©navant affaire de « quantitĂ©s » entendues dans le sens de sources de forces Ă©gales (Ă cause de lâĂ©galitĂ© de leurs poids et de leurs volumes), comme sâil sâagissait dâune balance. A quantitĂ©s inĂ©gales devraient donc correspondre des niveaux inĂ©gaux. Lorsquâils constatent les faits contraires, les sujets se rĂ©signent comme And (« puisque les faits sont là  ») mais se refusent Ă gĂ©nĂ©raliser Ă dâautres cas. Bref, ils ignorent le dĂ©tail de lâexplication, mais, Ă sâen tenir Ă ce quâils connaissent, ils raisonnent de façon cohĂ©rente et fournissent un cas trĂšs rĂ©vĂ©lateur de la subordination logique de la loi Ă la cause et dâune assimilation de la cause aux transformations formelles dâinversion et de rĂ©ciprocitĂ© projetĂ©es dans le rĂ©el. On peut, en effet, soutenir que ces sujets sont intĂ©ressants en raison de leur ignorance mĂȘme de lâexplication exacte : nâayant pas encore reçu dâenseignement scolaire au sujet du phĂ©nomĂšne des vases communicants, ils nâen esquissent pas moins une interprĂ©tation fondĂ©e sur la compensation (comme dit And), câest-Ă -dire sur le fait que chacune des deux quantitĂ©s de liquide exerce une pression sur lâautre, les deux pressions Ă©tant, par le fait mĂȘme, orientĂ©es en sens contraires. Il y a donc bien lĂ une diffĂ©renciation et une coordination des transformations dâinversion (Ă©lever ou abaisser les niveaux) et de rĂ©ciprocitĂ© (actions et rĂ©actions de lâune des quantitĂ©s dâeau sur lâautre). La seule limitation de cette explication est que le sujet ne sait pas encore comment la gĂ©nĂ©raliser au cas des quantitĂ©s inĂ©gales, mais le principe nâen est pas moins exact. Avant de chercher Ă formuler ces raisonnements, examinons encore les rĂ©actions du sous-stade III B, qui sont au contraire influencĂ©es par les connaissances scolaires (celles-ci nâĂ©tant dâailleurs assimilĂ©es que dans la mesure oĂč elles entrent dans le schĂ©ma dont nous venons dâapercevoir la construction).
§ 5. Le sous-stade III B : généralisation formelle des connaissances acquises
Enfin, au sous-stade III B le schĂšme spontanĂ© dâexplication esquissĂ© durant le sous-stade III A sâenrichit de certaines connaissances fournies par lâenseignement, et la contradiction entre lâĂ©galitĂ© de niveau et les inĂ©galitĂ©s Ă©ventuelles de quantitĂ©s de liquide est ainsi levĂ©e. Mais, comme il est facile de sâen rendre compte, cet apport extĂ©rieur ne modifie pas la structure du raisonnement :
Pic (13 ; 6) : « Ces niveaux sont toujours Ă©gaux parce que les forces se compensent », ces forces Ă©tant selon Pic la pression de lâair et le poids de lâeau.
Min (14 ans) : « Si on a deux bocaux de mĂȘmes grosseurs ou de grosseurs diffĂ©rentes, lâeau sera au mĂȘme niveau dans les deux, parce que plus le bocal est grand, plus lâair presse sur une grande surface et rĂ©ciproquement plus le bocal est petit, plus lâeau agira sur une surface petite, donc ça sâĂ©quilibre. â Toujours ? â Non. Quand on suppose deux chambres, sâil y a plus de pression (dâair) dans la chambre oĂč on mettra la bouteille de gauche et moins de pression dans la chambre oĂč on mettra la bouteille de droite, le niveau de gauche sera plus bas. »
Autrement dit, ayant plus ou moins bien compris que la pression du liquide est relative Ă la surface de base de la colonne verticale, le sujet explique le phĂ©nomĂšne des vases communicants de façon analogue Ă ce quâil pensait au niveau III A, mais avec gĂ©nĂ©ralisation au cas des quantitĂ©s inĂ©gales. Lâessentiel de lâexplication est donc que, mĂȘme en cas de volumes inĂ©gaux, les pressions se compensent en fonction de la hauteur des colonnes « donc ça sâĂ©quilibre » comme dit Min en parlant cette fois des bocaux de contenances diffĂ©rentes.
§ 6. La notion dâĂ©quilibre et le groupe des 4 transformations interpropositionnelles INRC
Il est intĂ©ressant, pour mieux comprendre la nature de la structuration formelle aboutissant au schĂšme opĂ©ratoire de lâĂ©quilibre, de comparer ce que lâon peut appeler les rĂ©ciprocitĂ©s concrĂštes du stade II et les rĂ©ciprocitĂ©s formelles du stade III.
La premiĂšre forme de rĂ©ciprocitĂ© apparaĂźt dĂšs le niveau II A avec cette dĂ©couverte (inaccessible au niveau I) que, plus lâun des bocaux (I) est haut par rapport Ă lâautre (II) et plus lâeau monte dans ce second rĂ©cipient. Cette mise en relations suppose les opĂ©rations suivantes :
1) Une sĂ©riation des hauteurs : Ai < Ba < Ci < âŠ, en prenant lâautre bocal comme rĂ©fĂ©rence ;
2) Une sĂ©riation des niveaux de hauteurs croissantes dans le bocal infĂ©rieur (avec rĂ©fĂ©rences intĂ©rieures Ă ce bocal) : Aa < Ba < Ca < âŠÂ ;
3) Une correspondance (ordonnée) entre les deux sériations :
Ai < Bi < C! < âŠ
Ăź t Ăź
Ă2 B2 < C2 < âŠ
4) En cas de renversement de la situation, il y a alors sériation des hauteurs occupées par le bocal I en ordre descendant ⊠Ca > Bj > Ap.., ainsi que des niveaux en II : ⊠Ca > B2 > Aa. La correspondance est alors établie en ordre renversé ;
5) La réciprocité concrÚte consiste ainsi en une symétrie des correspondances : (Ai <-* Aa) (A, -<-* AJ.
Au niveau II B, il sây ajoute un systĂšme de rĂ©fĂ©rence extĂ©rieur aux rĂ©cipients, permettant dâintroduire les notions de lâhorizontalitĂ© et de lâĂ©galitĂ© des niveaux au terme de lâĂ©coulement. Nous avons traitĂ© ailleurs des opĂ©rations nĂ©cessaires Ă la construction de ce systĂšme spatial 6. Bornons-nous Ă noter que les sĂ©riations et correspondances (1-3) sont alors remplacĂ©es par une correspondance entre les niveaux mĂȘmes de lâeau dans les deux bocaux. Si nous appelons + A ; + B ; + g ; etc., les hauteurs croissantes comprises entre lâhorizontale (la ligne dâĂ©galitĂ© finale) et les niveaux du bocal supĂ©rieur, et â A ; â B ; â C ; les hauteurs croissantes correspondantes comprises entre la ligne dâĂ©galitĂ© et les niveaux du bocal infĂ©rieur, lâenfant du niveau II B Ă©tablit la correspondance :
(6) ⊠(4-G) >(4-B) >(4-A) >0 t t t t
⊠(_ G) > (âB) > (âA) > 0
La rĂ©ciprocitĂ© tient ainsi Ă lâĂ©galitĂ© des diffĂ©rences +X et âX et Ă leur compensation continue jusquâaux diffĂ©rences nulles (horizontalitĂ© de la ligne rĂ©unissant finalement les deux niveaux) : elle se rĂ©duit donc Ă une symĂ©trie spatiale (mais sans explication causale adĂ©quate). Quant aux opĂ©rations dâinversion, elles consistent Ă augmenter ou Ă diminuer les diffĂ©rences ± A ; ± B ; ± C ; etc., ce qui pourrait ĂȘtre fait par adjonction ou suppression de quantitĂ©s de liquide dans lâun des deux vases, et ce qui sâobtient plus simplement par Ă©lĂ©vation ou abaissement de ce rĂ©cipient. DâoĂč (si Aâ est la diffĂ©rence entre les hauteurs croissantes A et B) :
(7) A + Aâ = B ; etc. et B â Aâ = A
Mais aucun systĂšme opĂ©ratoire dâensemble ne permet encore au sujet de fusionner en un seul tout les rĂ©ciprocitĂ©s par correspondance (6) et les augmentations ou diminutions de diffĂ©rences (7). Câest pourquoi il en est rĂ©duit Ă dĂ©crire lâĂ©quilibre sans parvenir Ă le comprendre Ă titre de systĂšme causal unique.
Avec la notion des actions et rĂ©actions qui se compensent, propre au stade III, il intervient alors deux nouveautĂ©s : la rĂ©ciprocitĂ© spatiale des niveaux devient une rĂ©ciprocitĂ© des pressions et elle constitue un systĂšme opĂ©ratoire unique avec les opĂ©rations dâinversion.
On peut formuler cette coordination des inversions et des rĂ©ciprocitĂ©s de la maniĂšre suivante. Appelons p et q les Ă©noncĂ©s des effets de deux pressions quelconques mais distinctes exercĂ©es par lâeau contenue dans le bocal A (pressions obtenues par Ă©lĂ©vations du bocal A et sâexerçant sur le liquide contenu dans le bocal B). Appelons p et q les Ă©noncĂ©s de lâannulation de ces effets, soit quâil sâagisse dâune inversion de leurs causes (donc dâabaissements du bocal A jusquâĂ suppression des Ă©lĂ©vations initiales), soit quâil sâagisse dâune compensation sous lâinfluence de pressions sâexerçant en sens contraires.
On a alors les 4 possibilités suivantes :
(8) I (p vç) : transformation directe ou effets des pressions exercées par le liquide A sur le liquide B ;
N (p v q) = p v q = p. q : transformation inverse ou suppression des effets p et q ;
R (p V q) = p V q : transformation réciproque ou effets des pressions exercées par le liquide B sur le liquide A ;
G (pvq) =pvq = p. q : transformation corrĂ©lative, câest-Ă dire inversion (= nĂ©gation) de la rĂ©ciproque, donc annulation des effets contraires p v q, ce qui revient Ă lâaffirmation simultanĂ©e de p et de q, soit p. q.
Tel est le schĂ©ma des raisonnements que fait le sujet du niveau III. En outre, il comprend que le point dâĂ©quilibre est atteint lorsque les valeurs x et y, correspondant respectivement aux pressions Ă©noncĂ©es par p v q et par p y q, sont Ă©gales. Tant que lâon a x > y ou x < y les liquides sont en effet encore en mouvement dans les tubes A et B. Par contre, tout mouvement cesse lorsque les liquides se trouvent au mĂȘme niveau (Ă©noncĂ© par r), parce que :
(9) r ) [x(p vq) =Â y (p V q)]
Câest ce niveau horizontal commun aux tubes A et B que les sujets du sous-stade II B constataient dĂ©jĂ , mais sans pouvoir lâexpliquer, et que les sujets du stade III interprĂštent comme dĂ» Ă une Ă©galitĂ© de pressions, Ă©noncĂ©e par la double rĂ©versibilitĂ© des transformations INRC.